LE DRAGON VOLANT
LE GALÉOTE CHANGEANT. 213
Fig. 195. — L'Istiure d'Amboine (1/5° grand. nat.).
LES GALÉOTES — CALOTES
Schonechsen.
Caractères et distribution géographique.
— Les Galéotes, qui habitent le sud de l'Asie, sont des reptiles essentiellement arboricoles. Ce sont des animaux aux formes élégantes, au corps grêle, élancé, à la queue longue, au corps latéralement comprimé, à la tête plus ou moins allongée, couverte de petites plaques anguleuses, aux membres très grèles, aux doigts longs et munis d'ongles acérés. Les écailles des flancs sont homogènes, imbriquées, disposées par bandes obliques; les bords libres dés écailles du tronc sont tournées vers le dos chez les Galéotes proprement dits, dirigés vers le ventre chez les Bronchocelles. Il n'existe pas de pores fémoraux ; il règne une crêle basse depuis la nuque jusqu’à la queue.
LE GALÉOTE CHANGEANT. — CALOTES VERSI- COLOR.
Blutsauger.
Caractères. — L'espèce la plus anciennement connue du genre est le Galéote changeant que les Singalais désignent sous le nom de « buveur de sang ». Cet animal, dont la longueur est de 0,90 à 0®,40, a la queue conique et fort longue; il n'existe pas de plis sur les côlés du cou ; une crête basse et dentelée s'étend sur le dessus du dos ; deux épines se voient de chaque côté de la nuque, un peu au-dessus du conduit de l'oreille.
Beaucoup d'animaux sont d'un jaune roussâtre, avec des bandes brunes plus ou moins foncées; l'épaule est généralement marquée d'une tache noire ; plusieurs lignes de couleur noirâtre sont disposées en rayons autour d
LES ISTIURES.
l'œil. Ce reptile peut, d’après Dussumier qui l'a observé vivant, changer de couleur aussi rapidement que le Caméléon. Lorsqu'il se trouve en plein soleil, l'animal présente sur la tête et sur le cou une teinte jaunâtre entremêlée de rouge ; le dos, les flancs, le ventre sont d'un rose rougedtre; les pattes et la queue sont noires, certains animaux deviennent tout à fait noirs. Jerdun et Blyth pensent que ses brillantes couleurs ne se trouvent que chez les mâles et à certaines époques de l’année, généralement en mai et en juin.
Distribution géographique. — Celte espèce est très commune dans l'Inde ; on la trouve également à Ceylan et dans l’Indo-Chine.
Mœurs, habitudes, régime. — Pendant les plus grandes chaleurs, surtout après une pluie abondante, on voit les Galéotes en train de chasser les insectes le long des branches des arbres sur lesquels ils se tiennent.
La femelle pond de 5 à 15 œufs, de forme elliptique, de couleur blanche, dans des creux d’arbres ou dans des trous creusés dans un sol meuble ; les petits éclosent au bout de huit à neuf semaines.
Les mâles paraissent se livrer entre eux de violents combats, ainsi que semble l'indiquer la dénomination de « petits coqs » que leur donnent les colons hollandais dans l'Inde orientale ; peut-être aussi cette dénomination leur vient-elle de l'habitude qu'ont les animaux dont nous parlons de mordre fortement lorsqu'ils sont irrités et de ne jamais
lâcher prise. En général, les Galéotes ne cher- |
chent pas à se défendre et fuient à l'approche de l’homme, pour lequel ils ne sont guère redoutables, du reste, vu leur faible taille.
LES LOPHYRES — ZLOPHYRUS
Caractères. — Les Lophyres diffèrent principalement des Galéotes, auxquels ils sont étroitement apparentés, en ce que la peau du dessous de leur cou fait un grand pli en V, dont les branches montent devant chaque épaule. Nous pouvons ajouter que le cou, le tronc et la queue sont fortement comprimés et surmontés d’une crête dentelée, généralement plus élevée au-dessus de la nuque que dans le reste de son étendue. Les membres, surtout les postérieurs, sont fort grêles; les doigts sont longs et minces, dentelés latéralement, carénés à leur face inférieure. Les plaques qui garnisseut le Gessus de la tête sont
fort petites et, dès lors, nombreuses ; les côtés du tronc sont revêtus d'écailles imbriquées, disposées par bandes transversales, entremêlées d’écailles plus grandes ; les écailles de la queue sont entuilées et carénées. Il n'existe pas de pores fémoraux ; la membrane du tympan est à fleur du trou auriculaire.
La queue est fortement comprimée, surmontée d’une crête dentelée chez le Lophyre dilophe ; elle est arrondie chez le Lophyre de Bell et le Lophyre armé; chez celte dernière espèce, la nuque est toute hérissée d'épines.
Le Lophyre de Bell se fait particulièrement remarquer par le grand fanon dentelé semblable à celui des Iguanes, qui pend sous la partie inférieure de la tête et du cou; ce fanon, qui est soutenu par un long stylet osseux, est plus haut que la tête.
Distribution géographique. — Les Lophyres habitent la partie sud de l’Asie, l'Inde, l’Indo-Chine, les îles de la Sonde; ils vivent également à la Nouvelle-Guinée. Ce sont des animaux arboricoles, qui arrivent à près de un mètre de long.
LES ISTIURES — ZSTIURUS
Burzelechsen.
Caractères. — Les Istiures ont le corps comprimé, assez élevé, la queue longue, faisant plus de la moitié de la longueur de l’animal ; les doigts sont forts, bordés d'’écailles qui forment une sorte de membrane. Le cou et le dos sont surmontés d’une crête qui se relève fortement sur la partie antérieure de la queue ; le fanon est peu développé; la membrane du tympan est à fleur de tête ; il existe
| des pores fémoraux. Les mâchoires sont ar-
mées en avant de dents comprimées, tranchantes, entières; en arrière, de dents, les unes petites et coniques, les autres plus fortes et pointues.
L'écaillure du corps est parfois homogène, ainsi qu'on le voit chez l’Istiure physignathe ; elle est d’autres fois hétérogène, comme chez l'Istiure de Lesueur et chez l’Isliure d’Amboine (fig. 195). Chez cette dernière espèce, le corps est d’un vert olivâtre, avec des vermiculations noires.
Distribution gévgraphique. L’Istiure d’Amboine paraît être cantonné dans l'île de ce nom; l'espèce vit au bord des cours d’eau et peut nager avec beaucoup de facilité. C'est dans l’Indo-Chine que l’on trouve l'Istiure
LES AGAMES.
physignathe au tronc d’un vert olivâtre, à la queue cerclée de brunâtre. L’Istiure de Péron, dont le dos est noirâtre, orné de bandes de | couleur claire, est particulier à la Nouvelle- Hollande.
D'après les voyageurs, ces animaux sont essentiellement frugivores.
LES SITANES — SITANA
Caractères. — Les Sitanes offrent un caractère qui leur est particulier parmi les Agamiens, c’est de n'avoir que quatre doigts aux pieds de derrière. Chez eux la tête est courte, couverte, en dessus, de petites plaques presque égales et carénées ; les écailles du tronc sont imbriquées et carénées. Le dos est arrondi; il existe un rudiment de crête sur le cou ; la queue est longue, conique.
Il existe chez les mâles un énorme fanon sous le cou, fanon qui s’étend depuis la gorge jusqu’au milieu du ventre et que l’animal peut replier à la façon d’un éventail, de manière à l’appliquer contre la partie inférieure de son corps.
Chez le Sitane de Pondichéry, qui se trouve aux Indes orientales, la couleur du dos est d'un brun fauve, relevé de grandes taches noires ; les mâles ont le dessous de la tête orné de lignes allernativement vertes et bleues ; chez les femelles les partiesinférieures sont entièrement fauves ; le fanon est peint de trois couleurs, le bleu, le noir et le rouge.
LES CHLAMYDOSAURES — CALAMY- DOSAURUS
Krausenechsen.
Caractères. — Le genre Chlamydosaure a été formé par Gray pour un fort curieux Reptile d'Australie chez lequel existe, de chaque côté du cou, une large membrane formant collerette, plissée, dentelée, constituée par la peau recouverte d'écailles et soutenue par des stylels osseux, dépendances des vertèbres cervicales. Un rudiment de crête se voit sur le dessus du cou. La tête est revêtue de petites écailles carénées ; la membrane du tympan est à découvert. Les écailles du tronc sont ca-
rénées et imbriquées, celles du dos étant plus |
grandes que celles du tronc ; il existe des pores fémoraux. La queue est très longue, de forme | conique,
Le Chlamydosaure de King, la seule espèce du genre, arrive à près de un mètre de long.
Le dessus de l’animal est de teinte fauve, traversé par des bandes plus claires et lisérées de brun; des raies de cette dernière couleur forment une sorte de réseau sur la partie supérieure des cuisses et sur la racine de la queue, qui est annelée de brunâtre. La collerette, de couleur roussâtre, porte une large tache noire. Le ventre est de teinte moins foncée que le dos (fig. 196).
Mœurs, habitudes, régime, — Nous n’a- Yons que peu de renseignements sur cet animal aux formes étranges. D'après Graz, il vit principalement sur les arbres. Lorsqu'on ne l’attaque pas, il se tient la collerette repliée le long du cou. Est-il effrayé ou attaqué, l’animal applique la partie postérieure de son corps contre quelque branche, relève la tête, redresse sa collerette toute hérissée d’épines, se défend énergiquement, et accepte hardiment la lutte, mordant avec fureur ceux qui cherchent à s’en emparer.
LES AGAMES — 4GAMA
Agamen.
Caractères, — Les Agames onttous la tête plus ou moins courte, épaisse, triangulaire, le plus souvent fortrenflée de chaque côté, en arrière de la bouche; le corps est un peu aplati. La queue est plus ou moins longue, conique ou comprimée, à écaillure non distinctement verticillée ; les pores fémoraux font défaut, mais il existe des pores anaux. La membrane du tympan, plus ou moins grande, est enfoncée dans l'oreille. 11 existe un pli en long sous la gorge et un ou deux plis en travers du cou. La nuque et les régions voisines des oreilles sont le plus souvent hérissées d’épines isolées ou réunies en bouquets. Certaines espèces ont le dessus du corps complètement dépourvu de crête, tandis qu’une crête, généralement très basse, se voit chez d’autres espèces. L’écaillure des parties supérieures du corps est uniforme ou hérissée d'écailles épineuses ou de petits tubercules.
Distribution géographique. = Les Agames sont surtout africains ; on en connaît deux espèces dans la partiesud du continent indien ; l’Agame du Sinaï vit en Arabie, dans une partie de la Palestine et de la Syrie. L'Agame ensanglanté se trouve dans la partie sud-est de l'Europe, aux environs de la mer Caspienne.