‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 91 sur 276 · L'AGAME DES COLONS · texte numérisé non relu

L'AGAME DES COLONS

Fig. 197. — L'Agame des colons (1/2 grand. nat.).

de ciel à reflets métalliques des plus intenses; le dos est d'un brun violet brillant avec de larges marbrures d’un bleu ciel et des bandes transversales formées de points jaune-paille ; la gorge est jaunâtre, ornée de petites bandes d’un beau bleu de ciel; les flancs sont orangés, la couleur s’atténuant vers le ventre en un jaune clair brillant piqueté de blancet de vermillon ; la partie supérieure de la queue est du plus bel orangé; le dessous est jaune paille; un large anneau bleu de ciel se voit vers le tiers postérieur. La femelle est moins grande, avec des couleurs moins vives que le mâle, le bleu, le jaune, l’orangé étant de couleur sale.

-Nous devons ajouter que le museau est généralement allongé ; les écailles qui garnissent le bord sourcilier ne se relèvent pas en tubercules ; le trou auriculaire, qui est grand, est

garni de petites pointes ; on voit des bouquets |

d’épines sur les côtés du cou, qui est surmonté

d’une petite crête. Les écailles de la partie su-

périeure. du tronc sont semblables entre elles ;

les écailles de la queue sont toujours beaucoup

plus grandes que celles du dos. La queue est Bnezm, — V

longue, forte, comprimée. L'animal adulte peut arriver à la taille de 0",40, dont près de 02,25 pour la queue (fig. 197). L Distribution géographique. — [L'espèce que nous décrivons se trouve au Sénégal, sur la côte de Guinée, et surtout sur la Côte d'Or; elle devient de plus en plus rare vers le sud, mais remonte, au contraire, vers le nord, les voyageurs le signalant en Égypte et en Nubie. Mæurs, habitudes, régime. — « De même que le Moineau domestique, écrit Reichenow, de même l’Agame des colons se tient toujours au voisinage des habitations. Al’exception dela variété dont nous avons parlé plus haut, on ne les trouve qu’accidentellement en forêt. Existet-il quelque hutte isolée, on est certain d'en voir au voisinage, sur des palmiers où mieux encore dans les champs. Les cabanes des nègres, les moineaux et: les Agames sont trois choses qui se tiennent étroitement unies et qui

vont toujours ensemble. Dans les endroits ha-

bités, les Agames sont fort communs ; on les

voit partout, sur les murs argileux des huttes,

sur les toits faits en nattes, tantôt se chauffant

LE STELLION VULGAIRE

aux rayons d'un soleil de feu, tantôt courant avec agilité à la poursuite des insectes. Bien que vivant dans le voisinage de l’homme, les Agames se montrent farouches et s’enfuient à son approche. Ont-ils peur, ils agitent violemment leur tête de haut en bas, en soulevant en même temps et en baissant alternativement toute la partieantérieure deleur corps soutenue par leurs pattes de devant, de telle sorte qu'ils ont l'air de saluer profondément, lorsqu'on cherche à le saisir, l'animal disparaît avec une extrême rapidité dans quelque fente ou sous quelque pierre. Lorsque, vers midi, je traversais les rues d’Akra où je voyais de tous côtés des animaux aux brillantes couleurs me saluer ainsi au passage, je ne pouvais jamais m’empêcher de leur faire la chasse avec des filets à papillons; mais, grâce à l’extrême agilité des Agames, mes tentatives n'étaient que rarement couronnées de succès. J'étais plus heureux en leur faisant la chasse à l’aide d’une petite carabine ; un seul grain de cendrée qui pénétrait dans le corps les tuait du coup; j'ai fait la mêmeremarquelorsqueje chassais des serpents et j'en ai toujours été surpris, connaissant la vitalilé proverbiale de tous les reptiles. »

Schweinfurth nous donne également d'intéressants détails sur ces animaux. «Les Agames, écrit le célèbre voyageur, sont fort communs en Nubie. Ils excitent au plus haut degré la fureur des musulmans par leurs continuelles salutations. Les sectateurs fanatiques de Mahomet s'imaginent, en effet, que le diable se moque de leurs prières. L’Agame des colons est également abondant sur les rochers arides, le long des côtes de la mer Rouge; dans la région du Bongo, on le voit aussi bien dans le voisinage des huttes que sur les arbres de la forêt, mais il se tient de préférence sur les ouvrages en bois qui entourent les constructions établies à l’aide de pieux; il s’y trouve par milliers. Quand on s'approche de l’arbre sur lequel ils se tiennent, ils grimpent le long des branches avec beaucoup d’agilité et vous regardent à travers les feuilles avec leurs gros yeux tout brillants de malice. »

Il n’est pas douteux que c’est aux Agames que font allusion Belon et Hasselquist lorsqu'ils parlent d’un Lézard que les musulmans détestent à cause de ses salutations continuelles, et avec les excréments duquel on compose une sorte de fard.

Les Agames ont pour ennemis quelques oiseaux de proie, notamment les Éperviers.

LES PHRYNOCÉPHALES — PARYNO- CEPHALA

Caractères. — Les Phrynocéphales, qui ont quelque ressemblance avec les Agames, se distinguent facilement de ceux-ci en ce qu'ils n’ont pas de pores sur le bord antérieur du cloaque, que chez euxle museau est excessivement court, et que les doigts sont dentelés à leurs bords. La tête est presque circulaire, aplatie ; le tympan n’est pas visible à l’extérieur ; le cou est étranglé, plissé transversalement en dessous ; le tronc est déprimé, élargi, dépourvu de crête; la queue aplatie, tout au moins à sa base.

L'espèce la plus curieuse est le Lézard à oreille, qui habite la Tartarie, et chez lequel se trouve, de chaque côté de la bouche, une grande membrane dentelée à son bord et garnie de petites écailles.

Distribution géographique. — Les Phrynocéphales, qui sont des animaux de faible taille, habitent plus particulièrement les steppes de l’Asie centrale ; les expéditions russes en Tartarie nous en ont fait connaître plusieurs espèces.

LES STELLIONS — SZELLIO

Schleuderschwänge.

Caractères. — Ce qui caractérise plus particulièrement les Stellions, c’est la forme épineuse et la disposition nettement verticillée de leurs écailles caudales. Leur tête est aplatie, triangulaire dans son ensemble, légèrement renflée de chaque côté et en arrière. Les écailles du dos sont beaucoup plus grandes que celles des flancs; de petits groupes d'épines entourent les oreilles; on voit quelques plis irréguliers sur les côtés du cou; il existe également un pli transversal en avant de la poitrine, et un autre longitudinal, pendant en fanon sous la gorge.

Distribution géographique. — Les Stellions se trouvent dans la partie est de la zone circumméditerranéenne ; ils vivent en Egypte, dans l’Arabie, en Asie Mineure, en Grèce, en Perse, dans le Caucase.

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