‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 92 sur 276 · LE STELLION VULGAIRE. — ST£LLIO VULGARIS · texte numérisé non relu

LE STELLION VULGAIRE. — ST£LLIO VULGARIS

Dornechse.

Caractères. — Chez cette espèce, il n'existe

Bneuw, Reptiles. T. V, p. 218, PI. VIII.

laris, J.-B, Baillière el Fils, édit. Corbeil, Crété, imp.

LE STELLION VULGAIRE

LE STELLION VULGAIRE

pas de crête cervicale, les écailles de la queue | sont grandes et forment des verticilles disposés | comme les degrés d'un escalier, suivant l’expression de Duméril et Bibron. Les membres sont longs et forts, les ongles courts et robustes. La queue, dont la longueur égale près des deux tiers de la longueur de l'animal entier, conique dans presque toute son étendue, offre un léger aplatissement vers sa racine (PI. VIII).

La partie supérieure du corps présente une teinte jaune olivätre, nuancée de noirûtre, | qui peut se foncer jusqu’au gris noirâtre ou s'éclaircir jusqu'au jaune isabelle; une sorte de demi-collier noir, composé de grandes taches oblongues, s'étend sur le cou d'une épaule à l’autre; des taches d’un blanc jau-

nâtre se voient sur le dos, tandis que des taches noires se montrent de distance en dis- | tance sur la face supérieure de la queue; le | dessous du corps est lavé de jaune olivâtre.

Le mâle diffère de la femelle notamment par les dimensions relativement plus fortes de la tête. L'animal adulte peut arriver à la taille de 0,40.

Distribution géographique, — Le Stellion

vulgaire est un des rares Agamiens vivant |

en Europe; on le trouve en Turquie, dans quelques îles de la mer Égée et dans le Caucase ; il s'étend sur la plus grande partie de

l'Asie Mineure et du nord-est de l'Afrique. | | pisie. Il est singulier que la cendre préparée

D’après Erhard, il n’est pas rare dans les Cyclades; mais nulle part il n’est aussi abondant

que sur l’île de Mykcnos, où il a rendu impossible l'élevage des Abeïlles. On l’a trouvé également à Céphalonie, dans les îles de Paros et de Mélos. De nos jours encore, comme du temps d'Hérodote, les habitants des Cyclades le désignent sous le nom de « Crocodile ».

Mœurs, habitudes, régime, — Le Stellion commun, désigné par les Arabes sous le nom

de Æurdum, se trouve en abondance dans le |

nord-est de l'Afrique; on le voit en quantité, se chauffant au soleil sur les rochers arides ou sur les murs des habitations. Malgré sa lourdeur apparente, cet animal est fort agile et court rapidement, en faisant une série de mouvements d'ondulalion ; lorsqu'il grimpe ou qu'il court, il porte la tête haute, fortement soulevée. L'alimentation se compose exclusivement d'insectes, auxquels le Slellion fait une chasse des plus actives.

Captivité. — En Égypte, le Hardum est fréquemment capturé par les charmeurs de Serpents qui le montrent dans les villes où cet

animal est inconnu. L'animal arrive de temps en temps en Europe dans les établissements zoologiques. Au début de leur captivité, ils se montrent généralement très farouches, s’enfuient au moindre bruit et vont se cacher dans quelque coin de leur cage; ils courent avec la plus grande rapidité le long des parois de leur cage, en s’accrochant à l’aide de leurs ongles

| acérés.

Usages, légendes. — Les Stellions étaient connus des naturalistes anciens, qui les désignaient sous le nom de Lézards portant des taches en forme d'étoiles, stellarum ad instar, dit Pline. Cet écrivain nous apprend que le

| Stellion, commun dans le pays des Parthes et

dans l'Orient, est muet comme le Caméléon, qu'il a des aiguillons disposés sur les côtés de la tête, du dos et de la queue, qu'il met en fuite les scorpions par sa seule présence, et qu'il ne peut vivre avec ce dernier animal.

Des propriétés merveilleuses sont attribuées au Stellion par les anciens. Contre beaucoup de maladies, écrit Pline, on emploie sa dépouille macérée dans de l’eau, mais ce remède

| n’a réellement d'efficacité que si l’épiderme a

été récolté pendant l'été, la peau détachée pendant l'hiver n’ayant aucune vertu. Le corps de l'animal, privé de sa tête et de ses pattes, dépouillé de ses viscères, et réduit en cendre, possède une grande puissance contre l’hydro-

de la main gauche puisse donner une nouvelle vigueur et ranimer les forces abattues,

| tandis que la même cendre préparée de la

main droite est, au contraire, un souverain calmant. Les douleurs des reins sont efficacement combattues parune potiondanslaquelleentrent de la cendre deStellion, du vin etlesuc de pavots noirs récoltés en Orient. Le foie des Stellions, trituré dans de l'eau, attire les Fouines.

Lacépède rapporte que « c’est surtout aux environs du Nil que les Stellions sont en grand nombre. On en trouve beaucoup autour des pyramides et des anciens tombeaux qui subsistent encore sous l’ancienne terre d'Égypte. Ils s’y logent dans les interstices que laissent les différents lits de pierre, et ils s’y nourrisent de mouches et d'insectes ailés.

« On dirait que ces pyramides, ces éternels monuments de la puissance et de la vanité humaine, ont été destinés à présenter des objets extraordinaires de plus d’un genre. C’est, en effet, dans ces vastes mausolées qu'on va recueillir avec soin les excréments du petit

LES FOUETTE-QUEUC.

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= CWenpr ce.

Fig. 198. — Fouette-queue spinipède (1/2 grand. nat.).

Lézard dont nous traitons dans cet article. Les anciens, qui en faisaient usage ainsi que les Orientaux modernes, leur donnaient le nom de crocodilea , apparemment parce qu'ils venaient du Crocodile, et peut-être ces excréments n’auraient-ils pas été aussi recherchés, si l’on avait su que l'animal qui les produit n’était ni le plus grand ni le plus petit des Lézards ; tant il est vrai que les extrêmes en imposent presque toujours à ceux dont les regards ne peuvent pas embrasser la chaîne entière des objets,

« Les modernes, mieux instruits, ont rapporté ces excréments à un Stellion, à un Lézard qui n'a rien de très remarquable; mais déjà le sort de cette matière abjecte était décidé, et sa valeur vraie ou fausse était établie. Les Turcs en ont fait une grande consommation ;

ils s’en fardaient le visage ; il faut que les Stellions aient été très nombreux en Égypte, puisque pendant longtemps on trouvait presque partout, et en très grande abondance, cette matière que l’on nommait stercus lacerti ainsi que crocodilea. »

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