‹ Merveilles de la nature (volume 2)Chapitre 94 sur 276 · LE FOUETTE-QUEUE D'ÉGYPTE · texte numérisé non relu

LE FOUETTE-QUEUE D'ÉGYPTE

Fig. 199. — Le Moloch (grand. net.).

petites écailles lisses, parfois entremêlées de squames un peu plus grosses. La queue, qui entre au plus pour la moitié dans la longueur de l’animal, est déprimée, très large dans sa première partie, se rétrécit en prenant une forme conique; elle est armée d’épines disposées en vertlicilles. On voit sous chaque cuisse une ligne de pores.

Distribution géographique. — Les Fouette- Queue sont surtout des animaux africains ; trois espèces se trouvent dans le nord de ce continent, en Égypte, en Tripolitaine, en Algérie, au Maroc; deux espèces, extrêmement remarquables par la forme de leur queue, très courte, mais très large à sa racine, ont été trouvées dans les pays des Somalis et sur la côte sud-est d'Afrique; l'Uromastix de Hardwich vit dans l'Inde, l’Uromastix gris à la Nouvelle- Hollande.

LE FOUETTE-QUEUE D'ÉGYPTE. — UROMASTIX SPINIPES.

Dornechse.

Caractères. — Le Fouetle-Queue d'Égypte

ou spinipède, que les Arabes désignent sous le nom de Dabb, atteint une longueur de 0",50.

La partie supérieure du corps est d’une teinte brun olivâtre ou brun verdâtre, parfois d’un gris fauve nuagé de brun; la face inférieure est d’un jaune verdâtre ; certains individus sont d’un beau vert pré. Ajoutons qu'on voit un semis de petits tubercules coniques le long des reins et des flancs (fig. 198), ce qui permet de distinguer facilement cette espèce du Fouette-Queue acanthinure, qui en est très voisin.

Distribution géographique. — D'après Erhard, l'Uromastix spinipes se trouve en Crète et sur les îles Mélos et Santorin; il doit être rare dans les Cyclades. On trouve, au contraire, abondamment cette espèce en Asie Mineure, en Syrie, en Palestine, dans l'Arabie Pétrée et dans le nord de l'Afrique, depuis la région du Nil jusqu’au Maroc; on rencontre le Fouette- Queue aussi bien dans les plaines de la Basse- Égypte que dans les vallées rocheuses du Sahara et dans les contrées désolées qui avoisinent la partie septentrionale de la mer Rouge.

Moœurs, habitat, régime. — Tous les Fouelle-

Queue ont une apparence lourde et maladroite, qui contraste avec l'aspect svelte et élégant de la plupart des autres Sauriens. Ces animaux se tiennent de préférence dans les endroits rocheux, là où la pluie permet une végétation, si pauvre et si chétive qu’elle soit. Ils se tiennent généralement cachés pendant le jour dans quelque fente de rocher; à défaut d'une semblable retraite, ils se creusent dans le sable des excavations qu'ils n’abandonnent que pendant peu d'heures durant la journée et dans lesquelles ils se mettent à l’abri des rayons les plus brûlants du soleil. Certaines espèces africaines, très sensibles aux influences atmosphériques, bouchent soigneusement avec du sable l'entrée de leur retraite lorsque le temps se met au froid.

Lorsqu'on rencontre un Uromastix, il se hâte de regagner son terrier, en imprimant à son corps et particulièrement à sa queue une série de mouxements d’ondulation très rapides. La fente de rocher dans laquelle il se blottit est généralement si étroite et si longue, qu'il est à peu près impossible d’en extraire le reptile. Vient-on à couper la retraite à l’animal, il se met bravement sur la défensive, fait face à son adversaire et souffle avec assez de force; son principal moyen de défense réside dans sa queue dont il donne des coups violents à droite et à gauche, coups qui occasionnent de cuisantes blessures, de fortes déchirures, grâce aux épines aiguës dont elle est de toute part hérissée. Le Fouette-queue se décide rarement à mordre, mais lorsqu'il le fait, il ne lâche que difficilement ce qu'il a saisi.

Les Fouette-Queue paraissent se nourrir exclusivement de végétaux et ne manger qu’exceptionnellement des matières animales.

A la ménagerie des Reptiles du Muséum de Paris, nous les avons toujours vus se nourrir d'herbes et de fruits pulpeux, et refuser absolument les insectes et la viande qu'on leur présentait; dans les boîtes servant au transport de ces animaux vivants, on trouve fréquemment des excréments composés exclusivement de débris végétaux, surtout de plantes herbacées. Tristan a remarqué cependant qu'un Fouette- Queue qu'il élevait en caplivité faisait la chasse aux insectes et qu'il se nourrissait aussi bien de ces animaux que de matiéres végétales. Le voyageur dont nous parlons déclare également que le 2abb s'attaque aux petits mammifères et aux jeunes oiseaux, mais nous ne saurions

dire si ce renseignement est basé sur ses pro- |

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