LES MOLOCH
pres observations ou sur les dires des Arabes, qui prétendent que le Dabb ne boit jamais et même que l’eau peut le faire périr.
Captivité. — Un Dabb conservé en captivité par Tristram était, au bout d’un mois, devenu très doux et très familier ; il se montrait lorsqu'on l’appelait et se laissait facilement prendre. Les Fouette-Queue vivent, du reste, très mal en captivité; au bout de peu de temps ils repoussent absolument toute nourriture, se tiennent presque immobiles et aplatis contre le plancher de leur cage, et ne tardent pas à succomber.
D’après Klunziger, on voit de temps en temps chez les Arabes un /abb en captivité, parce que cet animal passe pour porter bonheur, car aux vingt et un anneaux qui forment sa queue se rattache quelque légende dans laquelle ce chiffre joue précisément un rôle mystérieux.
Les Bédouins, au contraire, font la chasse au Fouette-Queue et le mangent, après l'avoir engraissé. Klunziger, qui a mangé de cet animal, dit que la chair lui a paru d’un goût très agréable, rappelant celui du poulet.
Ennemis. — En dehors de l’homme, qui lui fait la chasse dans certains pays, le Fouette- Queue ne doit pas avoir à redouter beaucoup d’ennemis. Les Bédouins ont dit à Tristram que la Vipère cornue choisit assez souvent comme retraite les excavations et les fentes de rochers
| dans lesquelles le 2abb a l'habitude de se reti-
rer; le Saurien ne tarde pas cependant à se débarrasser de l’hôte importun qui vient aïnsi s’introduire dans un domicile qu’il considère comme sien; à l’aide de sa robuste queue, il brise la colonne vertébrale du serpent et le tue.
LES MOLOCH — HOLOCH Moloch.
Caractères. — Parmi les Reptiles, un des plus étranges, un des plus singuliers d'aspect, est le Moloch hérissé. Sa tête, très petite et étroite, est à peine plus large que le cou; le corps, élargi au milieu et aplati, rappelle celui du crapaud; la queue, à peu près de même longueur que le tronc, est arrondie et tronquée à l'extrémité; les pattes, qui sont longues, portent chacune cinq doigts. Sur le cou se voit une bosse armée d'épines. La tête, le cou, le corps sont recouverts d’écussons de forme irrégulière, armés chacun d’une forte épine qui a été comparée aux piquants du rosier.
Deux grosses épines, insérées sur les côtés de
LES IGUANIENS.
la tête, simulent une paire de cornes; la queue et les pattes sont également hérissées de piquants. Le ventre et le dessous de la queue sont rugueux (fig. 199).
Sur une teinte fondamentale d’un brun marron, s'étend, le long du dos, une bande de forme irrégulière et de couleur jaune d’ocre ou jaune de cuir; une bande semblable orne les flancs et se prolonge jusque sur la queue. Le dessous du corps est de couleur jaune d'ocre claire avec de larges bandes bordées de noir.
La longueur de l'animal est de 0®,1à à 07,18.
Distribution géographique. — Le Moloch est particulier à la Nouvelle-Hollande; les colons le désignent sous le nom de « Saurien piquant » ou « Diable épineux ».
Moœurs, habitudes. — Cet animal habite les endroits sablonneux,; il s'enfonce fréquemment dans le sable à une faible profondeur et se chauffe ainsi au soleil. Quoique très lent et très
de rapidité en cas de danger et va se blottir dans quelque excavation, pourvu toutefois que celleci ne soit pas trop éloignée. Au repos, le Moloch porte la tête redressée et soulève la partie antérieure du corps, s'appuyant sur les pattes de devant. Cet animal senourrit principalement de fourmis; la ponte a lieu dans le sable.
Wilson a observé que le Moloch peut changer de couleur; ce changement n’a jamais lieu du reste subitement, mais s'effectue progressivement. La coloration, d'abord vive, passe alors à une teinte plus sombre de couleur de suie et les taches jaunâtres disparaissent presque entièrement.
Malgré son aspect effrayant, le « Diable épineux » est un animal absolument inoffensif, tout à fait incapable de mordre, ainsi que l'indique la pelitesse de sa bouche; il ne cherche même pas à se défendre à l’aide des épines dont son corps est hérissé; lorsqu'on veut le saisir, il s’aplatit contre le sol et se laisse
indolent, le Moloch fuit cependant avec assez ! prendre sans résistance.
LES IGUANIENS
— IGUANIDÆ
Lequane.
Caractères généraux. — Les Iguaniens sont pour le nouveau monde ce que sont les Agamiens pour l’ancien monde et pour l’Australie ; les deux groupes se répètent très exactement par des formes représentatives.
Les caractères généraux que présentent les Iguaniens sont les suivants : la tête est recouverte d'un grand nombre de petits écussons ; les paupières sont bien développées ; la langue est plate, libre à sa pointe et il n’y a pas de fourreau dans lequel elle puisse rentrer.
Les dents sont appliquées contre le bord interne des sillons creusés dans les mâchoires et rapprochées les unes des autres ; elles di-
minuent graduellement de hauteur à mesure’
qu'elles se rapprochent davantage de l’extrémité antérieure de la rangée; aucune n'est réellement pointue et conique, contrairement à ce que l’on voit dans la famille des Agamiens; dans la plupart des genres, ces dents ont leur sommet plus ou moins trilobé; chez
quelques autres elles portent des dentelures |
sur leurs bords ; il existe presque toujours des dents au palais.
Le corps est généralement svelle, élancé, la
queue très longue; chez le Phrynosome toutefois le corps est déprimé, les membres et la queue étant très courts. Le dos et la queue sont assez ordinairement pourvus d’une crête parfois haute et dentelée ; la queue peut être armée d'écailles épineuses disposées par anneaux, ainsi qu'on le voit chez les Trachycycles, les Oplures, les Doryphores, les Strobilures, les Sténocerques ; la queue est parfois préhensile, et cela chez des espèces arboricoles, telles que les Urostrophes. Certaines espèces ont un fanon sous la gorge, comme les Iguanes, les Norops, les Brachylophes ; d’autres peuvent gonfler leur gorge, tels que les Métopoceros. Certains animaux ont des pores
| fémoraux disposés suivant une ou deux ran-
gées (Iguane, Polychre, Scélopore, Amblyrrhinque), d’autres manquent de pores aux cuisses (Norops, Basilic, Anolis, Laimancte). Nous rappellerons enfin que c'est parmi les Iguaniens pleurodontes ou Iguaniens proprement dits que l’on trouve des espèces à doigts élargis à peu près de la même manière que ceux de certains Geckotiens,
Distribution géographique. — Les Igua-