LA VANBSSB DU CHARDON
de la face supérieure se répètent, mais avec des teintes plus mates; les ailes postérieures sont marbrées de jaune vif, et près de leur base, on peut lire, en traits noirs, les chiffres 8118.
Olatribution géographique. — L Amiral
habite le monde entier; il s'étend sur l'Europe et sur l'Amérique septentrionale ; il voltige même sur l'Himalaya, aux îles de la Sonde, à la Nouvelle-Zélande et aux Indes orientales. Mirurs, habitudes, régime. — La Chenille, bariolée et épineuse, vit isolée sur les Feuilles des Orties auxquelles la fixe un léger tissu. Elle provient aussi de Femelles qui ont passé l'hiver.
IV VANESSE Dt' CHARDON OU LA BELLE-DAME.
— ll.\ESS.l CtRDUI.
DistdfaHcr.
Caractère». — 11 se rapproche beaucoup de l'Amiral par ses marques (fig. 1 292) ; il est tacheté de rouge, de noir et de blanc; les deux premières teintes sont également réparties.
Distribution gôosrrnpiiiniie. — Cette Vanesse du Chardon ( Vanessa Carduï) se rencontre sur tout le globe.
Mœurs, habitudes, régime. — A l'état de
Chenille, il vit sur les Chardons, sur les Artichauts cultivés; bon voilier, il vogue par-dessus les champs et les routes.
En juin, apparaissent les premiers Papillons nouveaux; il y en a souvent une seconde apparition. Ici encore des Femelles fécondées passent l'hiver.
Parfois les Papillons du Chardon volent en
Fig. 1292. — La Belle-Dame ou Vanesse du (.liardon.
foule extraordinaire, comme poussés par un irrésistible besoin de voyager. Pierre Huber constata en Suisse, vers 1826, un passage considérable. Prévost en observa, le 2!) octobre 1827, en France, un convoi qui occupait de 10 à 15 pieds de largeur, et qui vola, du sud au nord, pendant deux heures. Ghiliani nota, dans l'Europe méridionale, un convoi analogue formé par d'autres Papillons fraîchement éclos,
le 26 avril 1851 ; plusieurs cas analogues sont mentionnés dans les Annales de la Société en- (ontologique*
Dans la première quinzaine du mois de juin 1879, on a signalé sur un très grand nombre de points de la France, de la Suisse et de l'Espagne, à Angers, à Nancy, dans la vallée du Rhône, à Angouléme, à Albi, à Montélimart, à Lausanne, à Berne, à Valence, etc., le passage d'une véritable armée des Papillons connus vulgairement sous le nom de BelleDame (\'anesm Cardui), et qui dans certaines localités formaient des nuées abondantes. Le phénomène s'est manifesté pendant plusieurs jours.
« Dans l'après-midi du 2 juin, écrit M. Condamy (1), une nuée de plusieurs milliers de Vanesse du Chardon, dans les environs d'Angoulême, a suivi la vallée de l'Anguienne dans la direction du levant au couchant. Le 7, on a observé un deuxième passage moins important. Un Naturaliste distingué, témoin du fait, prétend que les familles de certains Papillons à l'époque de l'accouplement, répandent une odeur assez forte pour attirer tous les Mâles d'une contrée. Il suffirait du passage d'une seule Vanesse Femelle pour que toutela gent masculine prît la même direction et s'empressât de lui faire cortège. Cette explication semble vraie tant que la distance parcourue n'excède pas un à deux kilomètres environ ; mais si les Papillons ont franchi plusieurs départements pour arriver dans nos régions de l'Ouest, ils obéissent alors à un sentiment mal connu, analogue à celui qui fait voyager quelques Poissons de mer et surtout plusieurs espèces d'Oiseaux. »
M.Plumadon, météorologiste adjoint à l'Observatoire du Puy-de-Dôme, nous a adressé, d'autre part, la lettre suivante (2) :
« Le passage de Vanesses a eu lieu le 15 juin. Il a duré de 11 heures du matin à 2 heures du soir. Ces Papillons ne marchaient pas en masses serrées, mais par groupes de 2, 3, 4, 5 ou 6. J'en ai compté 280 qui ont passé devant moi en 5 minutes sur un front de 9 mètres. La largeur de la colonne qu'ils formaient dans leur ensemble, à la hauteur de Clermont, avait au moins 8 kilomètres, puisqu'ils ont été remarqués à Royat et à Lempdes ; mais il est probable qu'elle avait une dimension beaucoup plus grande. Quoi qu'il en soit, en se basant sur des chiffres moyens, le nombre des Papillons qui auraient passé entre Royat
(1) La Nature, 1879.
(2) Ibirf.