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LA VANKSSK DU CHARDON

Fig. 1"29'J. — Vanesse Antiopa ou Morio.

de onze heures du matin à deux heures du soir. Plus de vingt mille ont passé très vite, sans tourner les obstacles, par groupes de dix à dix-huit, allant de l'est à l'ouest. Le temps était beau, le vent faible de l'est-sud-estetla température chaude. Le soir, beaucoup de plantes et principalement les Valérianes étaient couvertes delà Noctuelle Plusia Gaminauséeel frottée. Le lendemain, malgré le fort orage et la grande pluie de quatre heures du malin, l'émigration, aussi forte que la première, a eu lieu de dix heures du matin à une heure du soir. Le ciel était couvert et le vent faible du sud-ouest, la température était de 19°, 2. Toutes ces Vanesses étaient usées et les couleurs passées. »

L'origine africaine de ces Vanesses paraît surabondamment démontrée par les observations suivantes :

« J'ai assisté, rapporte M. Crozet-Noyer, à l'arrivée de ces nuées de Papillons dans ma propriété d'été, qui donne sur le rivage de la Méditerranée entre Saint-Raphael et Agay (Var). Deux courants étaient bien prononcés, l'un venant sans doute d'Afrique, passant par Carthagène, Valence, se dirigeant vers l'ouest delà France (je l'ai appris depuis), et l'autre, celui dont j'ai été le témoin, suivant sans doute la Sardaigne, la Corse et la France, et attirant après eux un nombre considérable de Culs-blancs, oiseaux genre de Motteux, pour qui cette manne était une bonne aubaine; ces Oiseaux étaient tellement alourdis de cette nourriture abondante et probablement à leur goût, qu'on pouvait les approcher facilement et

les voir happer, sur les rochers marins où ils s'étaient embusqués, ces Papillons dont le nombre ne paraissait pas diminuer. L'arrivée de ces Papillons s'était produite avec la pluie sans que les ailes parussent mouillées ; ils arrivaient par rafales avec fort vent de sud-est.

Ceci se passait du 15 au 20 avril ; ces Insectes ailés auraient donc mis environ cinquante jours pour côtoyer les Alpes et les montagnes du

Jura et les Vosges pour passer à Nancy, où

on les a signalés. »

« Le 31 mai, me trouvant à bord d'un cutter, sur les côtes de Provence, entre Marseille et Toulon, à 10 milles environ de la terre, par une mer calme avec faible brise d'ouest, mon attention fut attirée, raconte M. Bonnefoy, par des Papillons (Vanessa Cardui) qui, venant du large, se dirigeaient vers la côte. Ils voyageaient isolément et non en troupe serrée, suivant tous d'un vol rapide et régulier la même direction. Aucun d'eux ne s'est arrêté à bord; leur défilé a duré toute la journée, et le nombre de ces Lépidoptères qui ont traversé le champ relativement restreint de mon observation a dû être très considérable. »

Nous ajouterons, en terminant, que la migration des Vanesses a encore été observée sur mille points aux environs de Paris, en Angleterre, en Allemagne et en Italie.

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