LE COSSUS DES SAULES OU COSSUS RONGE BOIS. — COSSUS LIG-MPEIIDJ
Weidenbohrer ■
Caractères. — Ses ailes et son thorax sont marbrés délicatement par d'innombrables lignes sinueuses et par des taches offrant toutes les nuances du brun, du gris et du noir ; le vertes et le collier se distinguent parleur coloration gris jaunâtre. Les ailes postérieures, d'un grisbrunâtre, s'assombrissent insensiblementauprès de la lisière(fig. 1346). L'abdomen, également gris, est annelé de blanc; il se termine chez la Femelle par un oviducte extensible destinée à pouvoir enfoncer les OEufs profondément entre les fissures des écorces.
Distribution géographique. — Ce Papillon
habtie toute l'Europe.
Mœurs, habitudes, régime. — La Chenille
du Cossus ligniperda vit principalement dans l'arbre qui a valu au Papillon un de ses noms; mais elle habite aussi les arbres fruitiers, les Ormes, les Peupliers, les Aulnes, les Chênes et les Tilleuls, à l'endroit que la Femelle, assez indolente, a choisi pour pondre ses OEufs. Le plus souvent on les trouve isolées ou en petit nombre dans un arbre; par exception, toutefois, on les y trouve en masses plus grandes. Dans les environs de Gottingen, on abattit, en décembre 1836, trois Saules-pleureurs d'un pied de diamètre à peu près ; en fendant ce bois, on y trouva cent Chenilles. Sous une écorce de Chêne, Taschenberg a trouvé une fois, au mois de mai, neuf Chenilles rougesrosées delà même espèce, qui mesuraient près de 13 millimètres, et qui provenaient d'OEufs pondus pendant le mois de juillet de l'année précédente. Elles reposaient les unes auprès des autres, et n'avaient pas encore pénétré dans le bois.
Les galeries que forent la Chenille du Cossus, suivent généralement l'axe longitudinal de l'arbre ; les galeries transversales, qui les réunissent, paraissent résulter simplement de l'adjonction d'un nouveau conduit, et si elles aboutissent au dehors, elles semblent servir à l'expulsion des déchets. Avec cette alimentation ligneuse, qui paraît offrir peu de matières nutritives, elle ne croît que très lentement ; avant qu'elle atteigne sa taille complète, qui mesure environ 9 centimètres de long et près de 2 centimètres de large, il s'écoule au moins deux ans.
Comme elle s'attaque aussi bien au bois sain qu'au bois pourri, la nature l'a armée de puissantes mâchoires et d'une musculature
énorme : dans sa célèbre Anatomie de la Chenille qui ronge le bois du Saule, Pierre Lyon et lui donne 4,041 muscles; mais ce chiffre est évidemment exagéré, Lyonet ayant considéré comme des muscles indépendants les différents faisceaux musculaires. Elle rejette en outre, une bave grasse et caustique exhalant une odeur repoussante qu'elle projette à la face des importuns. Dans un âge plus avancé, elle échange le revêtement rouge-rosé de sa jeunesse contre un revêtement couleur de chair malpropre, qui occupe les côtés, le ventre et les jointures, tandis que la face dorsale des anneaux se colore en brun, la nuque et la tête en noir(fig. 1347.
Pour subir sa Nymphose, elle se rapproche de la galerie de sortie et s'y tisse une coque. Si, avant la Nymphose, son agitation l'a fait descendre plus bas que le sol, elle se confectionne une coque avec la terre; si elle vit au contraire, dans un tronc petit, trop étroit pour contenir sa coque, elle se dispense alors de tout travail préparatoire et accepte sa galerie nue pour sépulcre, à moins qu'elle ne pré fère sortir et s'abriter, pour se métamor phoser, sous la première pierre venue.
La Chrysalide brune, dont la tête pointue a la forme d'un rostre, mesure environ -40 millimètres en longueur, et 13 millimètres dans sa plus grande largeur; les bords tranchants de ses anneaux sont rendus extrêmement rugueux par une couronne d'épines dressées. Plus l'époque de sa complète évolution est proche, et plus elle est agitée ; elle force sa coque du côté antérieur peu résistant, la transperce, en sort environ la moitié du corps, et l'abandonne même tout à fait si elle la trouvait trop éloignée de l'orifice aménagé pour la sortie de l'adulte. Elle doit percevoir, au moins sur'sa tête, les souffles de l'air libre.
Après un court repos, le Papillon, avide d'une liberté plus grande, heurte et pousse la partie antérieure de sa frêle enveloppe qui s'ouvre à la manière habituelle. Les jambes apparaissent en premier lieu, avec la tête et les antennes, et l'Insecte peut dès lors prendre pied; le corps, encore peu agile, s'extrait ensuite. Les ailes, à nervures épaisses, sont pliées ; elles mettent aussi peu de temps à s'accroître, que chez les autres Papillons, mais elles doivent rester plus longtemps sous l'influence de l'air et de la chaleur pour acquérir, par l'évaporation de l'humidité en excès, leur rigidité et leur fermeté normale. C'est seulement à la nuit tombante que la vie
1Ô4C. — Le Cossus rouge bois 1347. — Sa Chenille.
Fig. 1349.
Le Zeuzère du Maronnier.
Sa Chenille.
Fig. 1346 à 1349. — Les Cossines (Cossus et Zeuzère).
Fig. 1348.
Fig. 1349.
paraît se ranimer chez ce ressuscité; il voltige aux alentours de son lieu de naissance ; le Mâle, surtout, recherche la société de ses semblables, et fête son existence aérienne dont la courte durée ne lui fournit qu'un maigre dédommagement de sa longue captivité dans les galeries ligneuses. Le jour, il repose, les ailes recouvrant l'abdomen à la manière d'un toit, dans une attitude toute particulière : il tient ses jambes antérieures rapprochées l'une de l'autre, ce qui écarte la partie antérieure de son corps du plan de position constitué par le tronc même de l'arbre; et dans cette attitude, on le distingue à peine de l'écorce.
Avant la désastreuse guerre de 1870, les boulevards de Paris et les routes avoisinantes étaient plantés d'Ormes séculaires auxquels les Chenilles de Cossus causaient des dégâts considérables; après de grands vents le sol était souvent jonché des énormes branches qu'elles avaient minées et leurs cadavres gisaient sur le sol.
LES ZEUZÈRES - ZEUZERA Caractères. — Ce genre, très voisin du pré-
cédent, n'en diffère que par la structure des antennes: celles des Mâles sont pectinées dans leur moitié inférieure et filiformes jusqu'à l'extrémité; celles des Femelles sont entièrement simples.
LE ZEL'ZÈRE DU MAUONNIER — ZEUZERA ASSCVLl.
Caractères. — Ce joli Papillon (fig. 1348), que les anciens Entomologistes nommaient la Coquette, est d'un blanc pur aux ailes constellées d'un grand nombre de points d'un beau bleu foncé métallique, au corps orné de six gros points de même couleur; le Mâle est moitié plus petit que la Femelle.
Distribution géographique. — « \\ gg rencontre dans toute l'Europe.
Mœurs, habitudes, régime. — Sa Chenille (fig. 1349) jaune couverte de points noirs, semblerait d'après son nom vivre exclusivement dans les Maronniers ; au contraire peu difficile sur le choix de sa nourriture, elle creuse ses galeries dans le tronc et les tiges d'une foule d'arbres et d'arbustes, Maronnier, Orme, Tilleul, Bouleau, Chêne, Poirier, Pommier, Lilas, Chèvrefeuille, etc. C'est un Animal des plus nuisibles-