LA PROCESSIONNAIR!'] DES SAPINS
Le Bombyx a livrée, Mile.
Fig. 1308.
Fig. 1308. — Ponte disposée en bague autour d'une brandie.
Fig. 1399.
Fig. 1399. — Sa Chenille.
Fig, 1307 a 1399. — Les Rombycines (Bombyx)
gnent chaque mue. Quelquefois on les voit aussi qui, pendant le jour, s'avancent sur le sol, obligées d'abandonner leur arbre et leur Nid, pour une cause quelconque, principalement parce que la nourriture fait défaut. Ces convois présentent un aspect saisissant : la colonie quitte sa place lentement, en se tortillant comme une banderolle noire ou comme un serpent.
Les Chenilles blanches su ries côtés (fig. 1393), présentent un large dos bleu-noirâtre qui porte sur ses verrucosités jaune-rougeàtres des poils disposés en étoiles (fig. 1394). A maturité, elles mesurent 39 millimètres à 52 millimètres de long, et se mettent toutes à filer, au fond du Nid, une série de cocons (fig. 1305) fixés à angle droit sur la surface du tronc par une de leurs extrémités et reliés entre eux solidement. Leur réunion fait penser au couvain des Abeilles. Dans chaque cocon (fig. 1396) repose une Nymphe sombre, d'un rouge brun (fig. 1397), dont les anneaux de l'abdomen sont à bords nets.
En juillet et en août, dès que la soirée commence à s'obscurcir (après huit heures), éclosent les Papillons, dont les Mâles s'envolent précipitamment, révélant ainsi leur caractère farouche. On obtient ces Papillons par l'élevage, car il est extrêmement rare de les voir en liberté.
Moyens de destruction. — Il y a des années où les Processionnaires sont excessivement communes dans les bois de Chênes. En 1866, par exemple les Nids étaient tellement nombreux que le conservateur du Bois de Boulogne, M. Pissot, dut dans l'intérêt de la santé générale, interdire la circulation dans quelques cantons de cette promenade publique.
Le meilleur moyen de destruction dont on Bltl.H.M. — VIII.
puisse user, c'est de détacher les Nids avec un grattoir emmanché au bout d'une perche et de les brûler. Il faut faire cette opération au milieu de juillet, par un temps pluvieux, afin que les Chenilles soient rentrées dans leur domicile et que le vent n'enlève pas la poussière. Il est bon d'avoir la précaution de se frotter les mains et le visage avec un peu d'huile.
On peut aussi brûler les Nids sur l'arbre avec une torche allumée ou une poignée de paille. C'est le conseil que Boisduval avait donné à son collègue M. Quichou, jardinier chef du Jardin d'Acclimatation, pour se débarrasser des Processionnaires qui infestaient cette partie réservée du bois de Boulogne.
M. Pissot a employé un autre moyen, assez économique, qui lui a réussi parfaitement. Il consiste à mélanger dix parties d'huile lourde de gaz avec cent parties d'eau et à imbiber les Nids avec ce liquide, à l'aide d'une brosse ou d'un balai.