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LE LASIOCAMPE FEUILLE MORTE

lement, si ce n'est pour chercher un lieu propice à sa Nymphose.

Ses deux couleurs fondamentales sont le brun et le blanc grisâtre, qui alternent en ordre variable avec les nuances les plus diverses et qui sont revêtues par endroits de poils touffus à reflets nacrés. Le premier et le second anneau portent des entailles, qui constituent les miroirs, formés chacun d'une tache veloutée d'un bleu d'acier ; on ne les distingue bien que si l'Animal prend la position que nous représentons sur la figure 1404, position qu'on obtient en le remuant ou en l'irritant; on voit alors la Chenille frapper l'air de droite et de gauche avec la moitié antérieure de son corps.

Pour subir la Nymphose, elle file une coque close (fig. 1405), qu'elle ne fixe pas toujours parmi les rameaux dénudés, mais parfois, plus bas, entre les écailles corticales du tronc.

La Chrysalide saine, dans sa coque, offre l'aspect que nous représentons (fig. 1406, p. 333); elle met environ trois semaines à se développer, en sorte que le Papillon voltige vers le milieu de juillet.

Aussitôt après l'accouplement, qui a lieu généralement le soir même de sa naissance, la Femelle fécondée dépose sur le tronc du Sapin (fig. 1403), sur les aiguilles ou sur une branche, jusqu'à une centaine d'OEufs groupés en nombre plus ou moins grand. Ils sont d'un vert porracé, et deviennent gris peu de temps avant d'éclore, au mois d'août.

La jeune Chenille commence par racler les aiguilles ; bientôt elle peut les digérer tout entières. Des observations très attentives ont permis de calculer qu'en moyenne une Chenille qui se développe régulièrement dévore, avant d'atteindre sa maturité, un millier d'aiguilles, et qu'une Chenille à moitié développée dévore une aiguille, entièrement, en cinq minutes, sauf interruption. On peut en déduire les dégâts qu'elles produisent, en grandes masses.

On trouve des rapports sur les ravages dus à la voracité de ces Chenilles, datés de 1776. Une seule communication récente faite par un employé des Forêts montre en quelle musse prodigieuse ces Bombycines peuvent exister : dans la région de Mollbitz, près de Wurgen, on a recueilli, en 1869, un quintal et quarante-neuf livres d'OEufs, soixante-quatre boisseaux saxons de Papillons Femelles, et cent vingt-quatre boisseaux de Chenilles, sans venir à bout d'atténuer le fléau.

Bien que depuis longtemps l'administration

forestière allemande surveille d'un œil attentif le Lasiocampe des Sapins et que depuis quelque temps surtout elle arrête par des enclaves goudronnées les Chenilles qui se dressent hors de terre au printemps pour les faire périr en masse, le résultat serait encore bien insuffisant, si la nature ne venaitelle-même à l'aide ; elle arrête, en effet, la multiplication excessive de ces Insectes.

Leurs Chenilles sont la proie de plusieurs sortes d'Ichneumons, par exemple de VAnomalon circumflexum dont nous représentons la Nymphe emprisonnée dans une Chrysalide (fig. 1408). Souvent, elles présentent l'aspect misérable que nous représentons (fig. 1407, page 333).

Des centaines de Larves deChalcidides vivent en Parasites dans leur corps, et en sortent pour se transformer en petites coques blanches comme neige sur son tégument demeuré vide; c'est ainsi que le Microgaster nemorum détruit quantités de Lasiocampes. Il semble que les Chenilles souffrantes descendent anxieusement de leur arbre, car, dans des régions où elles apparaissent en général isolément, on voit ces dépouilles ainsi lardées agglutinées en masses énormes le long des troncs, jusqu'à hauteur d'homme et plus encore.

Nous avons indiqué déjà que les Œufs trouvaient aussi des amateurs parmi les minuscules Parasites, c'est ainsi que les Teleas peuvent surgir au nombre de douze, d'un seul de ces OEufs; dans d'autres circonstances, dans l'intérieur de leur corps pullule un Champignon [Botrytis Bassiana) qui les tue d'une façon certaine.

On a même trouvé quelquefois des Grenouilles sur les arbres où ces Chenilles se trouvaient en foule.

LE LASIOCAMPE FEUILLE MORTE. — lASlOCdMPA QUEKCIFOLIA.

Caractères. — Ce Papillon (fig. 1409) a les quatre ailes dentelées, ce qui, indépendamment de la coloration, le distingue nettement du Lasiocampe précédent; les ailes inférieures dépassent les supérieures ; son altitude ua repos, le fait ressembler à un paquet de feuilles sèches recroquevillées, d'où le nom de Feuillemorte que lui a décerné le vulgaire.

Le Mâle, dont l'envergure atteint environ 55 millimètres, a les ailes ferrugineuses, d'un ton plus ou moins foncé, teintées de violet vers

Brebh, Insectes.

T. VIH, PI. \\l, p. 835.

Paris, J.B. Baillicre el Fils. ëdit. Cor] Crélé, imp.

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