‹ Merveilles de la natureChapitre 191 sur 412 · SIG.\JTJ SU CENT AU RE AT A · texte numérisé non relu

SIG.\JTJ SU CENT AU RE AT A

Flockblumen Spannerchen,

Caractères. — Nous mentionnons ici, à titre d'originalité, la Phalène de la Centaurée (fig. 1487), à cause de l'élégance de sa teinte fondamentale blanc laiteux relevé agréablement de marques colorées. Une tache gris-noirâtre antérieure et une large ligne ondulée d'un rouge-grisâtre adossée à la lisière font un charmant contraste.

Moeurs, habitudes, régime. — Cette Géomètre, plus nocturne que la précédente, voltige partout en mai et en juin. Sa Chenille vit de fleurs et de semences non mûries des Centaurées, des Arrête-Bœufs, et de quelques autres plantes. Cette Chenille, verte, jaune, vert-jaunâtre, est caractérisée par une bande rouge ou violette et des marques anguleuses ou chevrons roses.

L' Eupithecia rectangulata est une espèce fort nuisible; sa Chenille dévore l'ovaire des boutons des Poiriers et des Pommiers et anéantit les plus belles espérances de récolte.

LES LYTHRIES — LYTHRIA

Caractères. — Les antennes des Mâles sont courtes et plumeuses, celles des Femelles sont moniliformes et pubescentes.

Insectes. — 144

LES MICROLÉPIDOPTÈRES.

La cellule supplémentaire non cloisonnée de l'aile antérieure résulte du croisement de la onzième nervure avec le pédicule commun des septième et dixième nervures qui naît de la cellule médiane, au-devant de l'angle. L'unique nervure marginale interne de l'aile postérieure aboutit à l'angle anal; les nervures six et sept sont pédiculées, et la cellule médiane est remarquable par son exiguité.

LA LYTIIRIE PUHPURIXE. — LYTHRIi PUEPURIRIA.

Weglnttspanner.

Caractères. — Ce Papillon frappe les regards, en dépit de sa petite taille, par la teinte rouge de son vêlement (lig. 1488).

Les ailes du Mâle sont d'un beau vert-olive ; celles de la Femelle sont d'un jaune d'ocre parfois plus sombre et se trouvent ornées de deux ou trois raies transversales d'un rouge pourpre ; mais ces raies n'atteignent pas toujours le même développement, en ce sens que la postérieure, sujette à toute espèce d'anomalies, peut être simple ainsi que sur la figure, double, ou seulement bifurquée en avant. Il faut ajouter à cela une ligne marginale de couleur pourpre et des franges de même teinte. Les ailes postérieures, d'un jaune-d'ocre foncé, sont entourées également de franges pourpres, et parfois la bande médiane pourprée de la face inférieure peut s'apercevoir par transparence sur la face supérieure. Les cuisses sont pourvues de longs poils; les antennes pectinées

ont des cils qui, chez le Mâle, atteignent presque leur extrémité. Tel est le portrait de cette Géomètre.

Mœurs, habitudes, régime. — Après avoir fourni de nombreuses occasions d'étudier les goûts divers des Phalènes en tenant compte de leurs faits et gestes, après avoir montré que les uns, cachés au repos pendant le jour, ne se laissent voir en raison de leur existence nocturne que de ceux qui savent découvrir leur cachette ou qui réussissent à les retirer de leurs Chenilles, dont l'élevage est ici plus difficile encore que dans d'autres familles de Lépidoptères, — après avoir indiqué ceux qui voltigent de jour et de nuit, ou de jour principalement, les uns plutôt parmi les herbes luxuriantes ombragées d'arbres, parmi les haies vives, parmi les basses broussailles, les autres au plus épais des forêts, — il convient de signaler les goûts tout particuliers de cette Phalène.

Amie de la sécheresse, c'est sur les pacages, les chaumes, et les larges chemins qui vont à travers champs, endroits peu fleuris, que cet élégant Papillon voltige en juillet et en août, se reposant généralementsurla terre nue ; de sorte qu'on ne peut le saisir qu'en usant de ruse.

Sa Chenille présente des renflements articulaires et porte sur son dos, d'un jaune-brun, une raie longitudinale claire ; son ventre et ses flancs sont verts ; elle vit sur diverses plantes basses, et de préférence sur la petite Oseille.

Les Chrysalides passent l'hiver.

LES MICROLÉPIDOPTÈRES — MICB0LEP1D0PTERA

Kleinfalter.

Les Microlépidoptères, dont les statistiques européennes signalent en chiffre rond 2,700 espèces en regard des 2,583 espèces de grands Papillons ou Macrolépidoptères , dont nous avons parlé jusqu'à présent, renferment les Papillons les plus petits. L'étude de ces Insectes présente de grandes difficultés, parce qu'il faut pour les discerner, pour les manier, pour les saisir et pour les élever, être armé d'instruments d'optique et pouvoir disposer encore d'autres engins indispensables (1). Il y a, parmi tous les

(I) Voy. Introduction. Préparation des Lépidoptères, p. 79, fig. 147 à 151.

ordres d'Insectes, des groupes que laisse de côté l'amateur ou le collectionneur qui redoutent les recherches trop pénibles ; ils les abandonnent au savant toujours isolé, prêt à sacrifier à la science son temps, sa peine, et sa vue, sans autre récompense de sa patiente assiduité que la conscience du service rendu, s'estirnant heureux si en dehors de cette satisfaction il obtient parfois encore... un sourire compatissant de son voisin, qui, sacrifiant à l'esprit du jour, rend hommage aux profits réels, et se souvient, dans les affaires, du principe : « Time is money. »

LES ÏORTRIGIDES.

LES TOHTHICIDES — TORTRICID^ Wickkr.

Caractères. — A l'exemple de Heinemann, nous commencerons l'étude des Microlépidoplères par la description de la famille des Tordeitëes [Tortricidœ). Elle comprend des Papillons de moyenne et de petite taille qui s'éloignent de tous les autres par leur conformation générale ainsi que par la configuration de leurs ailes, et qui pourraient passer, au premier coup d'œil, pour des réductions des Noctuelles.

Les Antennes, simplement hérissées, émergent d'un article basai épais, et leur longueur n'atteint pas celle du bord antérieur de l'aile antérieure. Les palpes, peu saillants, se terminent par un article filiforme et court, dirigé en avant ou en dehors ; il existe des yeux accessoires.

Les ailes antérieures, allongées, brillent souvent d'un éclat métallique et présentent des marques bariolées; elles ont un bord étroit et un bord antérieur convexe vers la base, elles semblent avoir par conséquent des épaules saillantes. Une nervure marginale interne et huit autres nervures encore les soutiennent. Les ailes postérieures, larges, et sans marques, ne présentent point de divisions ni de cellule enchâssée ; elles sont munies d'un crin et se trouvent soutenues par trois nervures marginales internes libres, et par six ou sept autres nervures. La nervure ïb se bifurque du côté de la base ; la nervure 4 se trouve à égale distance des nervures 3 et 5.

Pour distinguer les nombreux genres dans lesquels on a réparti récemment les espèces qui formaient l'ancien genre Tortrix, on doit tenir compte de la disposition réciproque des nervures, examiner si la nervure médiane postérieure de l'aile inférieure est hérissée de poils vers la base ou non, et voir si la trompe se trouve développée ou non.

Pour discerner les espèces, on doit considérer surtout les ailes antérieures. On ne trouverait pas ici la moindre trace de marques analogues à celles que possède l'aile antérieure des Noctuelles ; les dessins sont très divers. Il existe généralement une aire radiculaire foncée, dont les limites au moins

sont indiquées; en arrière, se trouve un espace plus clair, qui apparaît souvent sous la forme d'une bande ou d'une tache marginale interne ; puis vient une bande oblique foncée qui part du milieu du bord antérieur et se dirige vers l'angle interne, ou à peu près. Entre cette bande et la pointe de l'aile on trouve encore, au bord antérieur, une tache sombre qui s'étend souvent, en s'amincissant, jusqu'à l'angle interne; mais souvent aussi ces marques font entièrement défaut. Nombre d'espèces, notamment celles dont l'aile postérieure porte une nervure médiane velue à sa base, présentent sur le bord antérieur de petites entailles disposées le plus souvent par paires ; on en remarque quatre paires entre la pointe et le milieu ; elles peuvent se prolonger plus loin ; on les compte à partir de la pointe parce qu'elles existent de ce côté plus régulièrement. De ces entailles émanent souvent des lignes claires, à reflets métalliques, appelées « lignes plombées.» Celles qui se dirigent des troisième et quatrième paires vers l'angle interne englobent fréquemment à ce niveau une tache ovale ou quadrangulaire marquée par une teinte différente, et nommée» le w<roim, d'où émane généralement une rangée oblique de points ou traits noirs entre les côtes.

Mœurs, habitudes, régime. — Deleur plein

gré, les Tortricides ne volent que le soir ou pendant la nuit, mais elles se laissent facilement effaroucher et abandonnent prestement les herbes, les troncs d'arbres sur lesquels elles reposent, l'abdomen recouvert par leurs ailes disposées en toit.

Les Chenilles pourvues de seize pattes portent des poils courts sur de petites verrucosités qui peuvent passer facilement inaperçues ; elles ont généralement les anneaux thoraciques résistants traversés par une ligne claire, et une valve anale chitineuse. Elles vivent entre des feuilles qu'elles réunissent à l'aide de fils ; ce qui a valu à la famille son nom de Tordeuses, bien que beaucoup d'autres Chenilles présentent la même habitude, et qu'inversement bien des Chenilles des Tortricides vivent dans les cavités qu'elles forent sur les diverses

Page 1