LES GALLERIES — GALLE MA
LA TEIGNE PF. LA CIH1Ï. — G ILLEM 1 MJSLLO- NELZd OU CEUELLA OU CE RE AÏS À.
Caractères. — Cette Teigne (fig. 1520, p. 433), par laquelle nous terminerons l'étude des Pyralides, a l'aile antérieure gris-cendré, tachetée de brun-rouge; son bord interne est d'un jaune de cuir, sa lisière courte et peu arquée, et son angle interne très aigu. Le Mâle a les ailes postérieures grises ; la Femelle, plus grande, les a blanchâtres. Dans les deux sexes la naissance des pattes est pourvue d'une dent écailleuse et blanche.
Mœurs, habitude», régime. — Cette Gallerie ou Fausse-Teigne de la cire , dont nous avons déjà parlé en faisant l'histoire des Abeilles (1), apparaît deux fois dans l'année, au printemps d'abord, puis à partir du mois de juillet. Les Chenilles, d'une teinte blanc-jaunâtre (fig. 1521), ont la tête et l'écusson cervical d'un brun marron; sa valve anale est d'une teinte plus claire; le second et le troisième anneau portent des paires de verrucosités jaunes et velues, rassemblées en cercle; les autres segments portent chacun huit verrucosités isolées. Ces Chenilles exhalent une odeur des plus désagréables qui décèle leur présence. Elles vivent dans les Ruches, dans les anciens rayons d'incubation , et pénètrent parfois dans les rayons encore pleins; elles se nourrissent de la cire qu'elles rongent en la criblant de conduits tapissés d'un tissu de fils lâches qui décèlent leur roule (fig. 1522) et auxquels elles mélangent leurs excréments qui sont de petits grains noirs, rappelant les grains de la poudre à canon.
Réaumur a élevé sans discontinuer une série de pontes, chaque couvée se nourrissant des détritus et des excréments laissés par la précédente, et a nourri ces Insectes, pendant des
(1) ToniR VII, page 54T>.
années, avec du cuir, de la laine, des feuilles sèches, du papier, et d'autres substances analogues. Mais laissons la parole à l'observaleur lui-même.
« Quand ces Fausses-Teignes manqueraient de cire, rapporte Réaumur (1) elles trouveraient assez de quoi se nourrir; elles savent s'accommoder dans le besoin de bien d'autres aliments, j'en ai eu avec moi pendant plus de douze ans, et j'en ai même encore; je les ai laissé se reproduire dans la partie des mêmes boîtes et des mêmes poudriers où j'avais mis les premières, les boîtes pour la plupart étaient découvertes; la précaution de renfermer les Fausses-Teignes, est inutile quand on leur donne de quoi vivre; elles n'abandonnent pas leurs tuyaux tant qu'elles trouvent de quoi manger aux environs. Mais il m'est arrivé plusieurs années de les fournir mal de cire, alors elles se sont dispersées, et ont rongé ce qu'elles ont rencontré dans une grande armoire où elles étaient. Il y en a eu qui ont attaqué la couverture de quelques livres qui se trouvaient par hasard dans cette armoire ; elles en ont ratissé le cuir ; elles l'ont creusé. Quelques-unes se sont nourries de papier, d'autres ont mangé des feuilles sèches, d'autres ont vécu de serge qui avait été abandonnée aux Teignes de la laine. Enfin, elles se sont servies de ces différentes matières et de leurs excréments pour couvrir leurs tuyaux. Les excréments de celles qui avaient mangé de la serge bleue étaient bleus, mais d'un bleu plus pâle que celui dont auraient été les excréments des Teignes de la laine qui auraient mangé de la même serge. Elles ont aussi recouvert les coques qu'elles se sont faites pour se métamorphoser, des différentes matières dont nous venons déparier; il y en avait qui étaient recouvertes de petits fragments de papier, d'autres l'étaient de feuilles sèches, etc. Toutes, malgré des nourritures si différentes, se sont transformées en des Papillons très vifs.
« Dans quelques poudriers que j'avais couverts, et où j'avais mis des gâteaux de cire avec ces Fausses-Teignes, elles se sont perpétuées pendant sept à huit ans, quoique je n'y aye pas mis de nouvelle cire, et quoique celle que jeleuravais abandonnée, m'eusse paru avoir été toute mangée dès la première de ces années. Quoi qu'il ne me semblât y avoir dans
(Il Réaumur, Mémoires pour servir à l'Histoire des insectes. Paris, 1*87, t. III, p. 257.