LA TEIGNE DK LA CI II K
Fig. 1520.
Fig. 1520 et 1521. — La Teigne de la Cire. Fig. 1522 et 1523. - Sa Chenille.
Fig. 1524. — Gâteau d'Abeille attaqué.
Fig.
Galerie construite par la Chenille et isolée du gâteau.
Fig. 1526. — Cocons agglomérés.
Fig. 1520 à 152C. — Les Microlépidoptères [Galleria).
les poudriers qu'une poudre d'excréments, chaque année néanmoins j'ai vu des luyaux se former au milieu de cette poudre; ils étaient habités par de petites Teignes qui y ont grossi, qui ont fait des coques d'où elles sont sorties en Papillons. Enfin ces Papillons ont fait des Œufs d'où sont nées des Fausses-Teignes et cela a continué pendant les 7 à 8 années dont je viens de parler, et continue encore. Il est vrai que chaque année le nombre des Teignes a paru aller en diminuant. La cire qui a passé pour la première fois par l'estomac de nos Fausses-Teignes n'y a été digérée qu'en partie; de sorte que chaque grain d'excrément contient encore de la cire qui est propre à faire croître les Fausses-Teignes qui sont forcées de s'en nourrir (1). »
Cette Chenille déploie son activité surtout pendant la nuit ; c'est à ce moment qu'elle a le moins à redouter les poursuites des Abeilles; elle peut détériorer du reste tout une Ruche,
(I) Réaumur, Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes. Paris, 1787, tome III, p. 257. Bredm. — VIII.
si on lui en laisse le loisir. La Chenille se développe très rapidement, et son évolution ne dure que trois semaines en été. Celles de la dernière ponte passent l'hiver à l'état de Chrysalides, cachées dans un Cocon allongé et épais, de la couleur de la cire quia nourri les Chenilles; on en trouve généralement plusieurs, rangés en long les uns contre les autres (fig. 1526). C'est dans ces Cocons que la Chenille, au bout de quatre semaines, se transforme en une Chrysalide jaune-brunâtre à dos gris-rouge et caréné.
Celle-ci, après huit jours de repos, donne essor au Papillon, qui apparaît au mois de mai. Ce dernier recherche l'obscurité et s'envole immédiatement lorsqu'on veut l'exposer à la lumière du jour.
« Je ne connais guère, dit Réaumur (1), de Papillon qui marche si vite; il court plutôt qu'il ne marche; aussi marche-t-il plus volontiers qu'il ne vole, lors même qu'il évite
(1) Réaumur, p. 255.
LES TINÉIDES.
la main qui le veut prendre. Pendant qu'il marche, ses ailes sont un peu pendantes; et pendant qu'il est en repos, elles sont disposées en toit très écrasé... J'ai vu, dans le bas d'une Ruche, deux ou trois Abeilles courir après un Papillon de celte espèce; il marchait
devant elles et mieux qu'elles; il leur fit faire bien des tours, elles se lassèrent de le suivre.
Une autre espèce de Gallerines, YAchrsea grisella ou Alvearia vit également dans les Ruches et a des mœurs analogues.
LES TINÉIDES — T1NEIBM
Motten. — Schabne.
Caractères. — Cette famille réunit de beaucoup le plus grand nombre des Microlépidoptères qui cependant sont à peine susceptibles d'une description commune en raison de la grande variété de leurs conformations et de leurs mœurs.
Les antennes filiformes sont chez la plupart de longueur moyenne; il en existe aussi de très longues, qui, principalement chez les Mâles, mesurent plusieurs fois la longueur du corps; chez quelques espèces, ce sexe porte des antennes nettement peclinées. Les palpes sont en général très développés et se trouvent soumis aux plus grandes variations, relativement à la direction et au revêtement de l'article terminal notamment; ils sont d'une grande importance pour distinguer les espèces; les palpes maxillaires ou accessoires, également bien développés, font saillie en avant. On doit tenir compte aussi du revêtement de la tête qui peut porter des poils lisses, en touffes, ou en huppes, du revêtement thoracique, et de toutes sortes de détails analogues, pour distinguer avec certitude les genres nombreux et les espèces plus nombreuses encore. Si l'on se représentait le type de cette famille, on constaterait que les ailes, étroites et pointues, ont une forme linéaire ou lancéolée, et qu'elles ne doivent leur contour, propre aux ailes de Papillons, qu'à la longueur extraordinaire de leurs franges, qui, seules, jusqu'à un certain point, en font de véritables ailes. Au repos, ces ailes reposent sur le corps, qu'elles recouvrent à la manière d'un toit, pendant que leurs longues franges en débordent souvent l'extrémité, sous forme de peignes; chez d'autres espèces, elles s'enroulent comme un manteau autour de leur corps grêle.
Les ailes antérieures élèvent les Teignes au rang des plus beaux Papillons parleurs couleurs souvent vives et bariolées, ainsi que par leurs
marques qui brillent du plus bel éclat métal lique. Malheureusement, ces splendeurs échappent à nos regards en raison de leurs petites dimensions, et notre œil ne les apprécie complètement qu'à l'aide des instruments d'optique. Les ailes postérieures sont généralement, comme chez les Tortricides et chez les Noctuelles, d'une teinte uniforme, le plus souvent grise et peu voyante.
En ajoutant à ces remarques l'origine distincte et éloignée des nervures sept et huit, la dimension relative des jambes postérieures qui ont plus de deux fois la longueur des cuisses correspondantes, la nudité des yeux, et la disposition du dernier article des palpes qui se porte en haut ou qui suit la direction de l'avant-dernier article, nous nous trouverons avoir réuni les principaux caractères qui servent à reconnaître une Teigne.
Mœurs, habitudes, régime. — A ces variétés dans l'aspect extérieur des Papillons correspondent les différents modes d'existence des Chenilles, qui possèdent quatorze ou seize pattes. Les unes se réunissent en colonie dans un vaste tissu qu'elles filent comme un voile, autour d'une branche entière ou d'un petit buisson ; d'autres enroulent une ou plusieurs feuilles en forme de tube, ouvert aux deux extrémités, dans lequel elles se meuvent avec autant d'agilité en avant qu'en arrière, toujours prêtes à descendre le long d'un fil sitôt qu'elles se croient en danger.
D'autres encore (Coleophora, etc.) vivent dans un petit cornet qu'elles confectionnent avec les rognures de leur plante nourricière, et qu'elles transportent avec elles comme un Escargot sa maison ; ces étuis peuvent être, d'ailleurs, de formes et de nuances les plus diverses. Beaucoup, comme des mineurs, vivent entre les cuticules supérieures et inférieures d'une feuille, dans laquelle elles creusent des