LES DEPRESSARIES — DE PRES- SA RI A
Caractères. — Ces Microlépidoptères sont parmi les Tinéides ce que sont parmi les Noctuelles les espèces du genre Agrotin; cette analogie est justifiée par la teinte plus sombre des ailes, qui sont planes et reposent sur l'abdomen dilaté et aplati, et dont les antérieures sont larges, tronquées ou arrondies en arrière, tandis que les postérieures présentent une lisière échancrée. Leurs grands palpes se touchent, s'élèvent assez haut, et cachent une trompe bien développée; le sommet de leur tête, dont les écailles forment une sorte de coussinet, portent des yeux accessoires.
Slieurg, habitudes, régime. — Ces Tinéides s'envolent, comme les Agrotis, quand on les dérange pendant le jour, ou se mettent à courir, pour se cacher. Parmi les nombreuses espèces, qui passent l'hiver à l'état de Papillons, il y en a beaucoup qui vivent à l'état de Che-
nilles, sur les Ombellifères en fleurs ou chargées de fruits.
LA TEIGNE DU CUMIN. — DEPRESSAR1A JSERVOSA OU niUCl.l.l.l
Dunkelrippige Kilmmel schabe. — Pfeifer im Kûmmel.
Caractères. — Cette Teigne peu attrayante (fig. 1537 et 1538) a les ailes antérieures d'un gris-brun rougeàlre, dont les nervures sont saupoudrées de noir surtout vers la base; elles se font remarquer principalement par une équerre claire, dont le sommet dirigé vers la pointe de l'aile est voisin de cette extrémité, et dont la branche la plus longue longe le bord antérieur, à une faible distance. Les ailes postérieures sont d'un brun grisâtre ; l'article terminal des palpes porte deux anneaux noirs, l'avant-dernier est en forme de brosse bifurquée dans le sens de la longueur. L'envergure est de 20mm,15 environ.
Mœurs, habitudes, régime. — Suivant que la température a été chaude ou froide, ces Teignes sortent tôt ou tard de leurs cachettes d'hiver. La Femelle pond des OEufs, le plus souvent isolément, sur les Cumins quand elle le peut, sinon sur d'autres Ombellifères parmi lesquelles nous citerons YŒnanthe aquatica [Phellandrium aqvaticum) et le Sicurh latifolium. Sur le Cumin, la Chenille s'observe lorsqu'il est en pleine floraison. Elle repose au milieu des Ombelles qu'elle relie généralement par quelques fils, puis elle ronge les fleurs et les jeunes semences; dans le cas où cela ne suffit pas, elle attaque encore les branches les plus tendres. Dans certains cas, la récolte, par sa faute, s'est trouvée diminuée de plus de moitié.
La Chenille, pourvue de seize pattes (fig. 1539), est extrêmement vivace; elle se dérobe en tous sens lorsqu'on la trouble, ou descend le long d'un fil jusque sur le sol où elle s'esquive en toute hâte. Captive, elle sait fort bien pénétrer dans les fentes les plus étroites et les plus cachées, pour s'échapper. Après plusieurs mues, elle se trouve à maturité; elle met cinq semaines environ à passer de l'état d'OEuf à l'état de Chenille mûre, à moins que des circonstances atmosphériques défavorables ne viennent entraver son développement. Sa longueur est d'environ 15 millimètres, et ses couleurs sont bariolées. Une large raie latérale de teinte orangée, au niveau des stigmates, partage son corps en une moitié dorsale