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LA TEIGNE DES LILAS.— GRÂCIL1RI A SYMXGELLA

Fliedcrmotic.

Caractères. — Ce Papillon délicat (fig. 1543) paraît d'un gris poussiéreux ; il porte des franges d'une couleur uniforme et d'une longueur extraordinaire, surtout à l'angle interne de l'aile antérieure ; elles font saillie en forme de peignes lorsqu'au repos les ailes couvrent le corps à la façon d'un toit. Les ailes antérieures semblent tachetées par suite de la présence de six bandes transversales d'un blanc argenté, dont les trois postérieures sont plus fines et moins complètes que les antérieures. Les antennes, grises et cerclées de blanc, atteignent la longueur de l'aile antérieure.

L'envergure est de 11 millim. 5 environ.

Moeurs, habitudes, régime. — «Je remarquai à Halle, il y a plusieurs années, dit Taschenberg, que les feuilles des Lilas étaient déformées sur les promenades de la ville, et après avoir découvert le coupable et observé ses faits et gestes, j'ai lu dans le Compte rendu des séances de l'Académie de Vienne que les en-

(1) Voy. Herpin, sur VAlucite ou Teiyne des Blés. Paris, 18G0.

droits publics ainsi que les jardins particuliers se trouvaient défigurés là-bas de la même manière. » Des faits analogues ont été observés en France à différentes reprises. Amyot a signalé la destruction des Lilas dans Paris et aux environs en 1861, et l'année dernière, 1882, chacun a pu observer dans la grande ville et aux alentours le triste aspect que présentaient les Lilas. Au début, la plupart des feuilles de l'arbre ou du buisson ne perdent ni leur forme ni leur couleur; elles paraissent seulement enroulées, rongées, enfin brunies; mais bientôt après elles se recroquevillent, se dessèchent, et les arbustes semblent roussis par les ilammes. Amyot raconte à ce propos l'anecdote suivante : «Un horticulteur demeurant à Paris sur le boulevard de la Glacière eut les feuilles des siens ravagées sans qu'il en restât une seule, comme si le feu y avait passé. Or, il avait pour voisin un fabricant de produits chimiques dont l'usine jetait, par sa haute cheminée, une fumée fort abondante que le vent rabattait souvent sur les habitations environnantes. L'horticulteur fut convaincu que c'était cette fumée, avec les émanations corrosives que, suivant lui, elle devait contenir, qui avait brûlé ses Lilas; il en adressa une plainte formelle au Préfet de police, demandant que l'usine fût fermée à cause des dégâts évidents, disait-il, qu'elle lui causait ainsi qu'aux autres habitants. La commission de salubrité publique fut saisie de la question. Heureusement un savant Entomologiste, un lépidoptérologue,le Dr Boisduval, faisait partie de celte commission ; il alla voir les Lilas, pièces de conviction, et à la première inspection il dit à l'horticulteur: « Ce n'est pas la fumée de votre voisin qui a brûlé vos Lilas ; tenez, regardez : ce sont ces petites Chenilles qui les ont mangés. Soyez tranquille, ils reverdiront et seront aussi beaux qu'auparavant. »

C'est la Chenille chétive de la Teigne des Lilas [Gracilaria syringella), bien chétive aussi, qui est la cause de ce spectacle affligeant. Cet Insecte, d'un vert clair, à tête brune, et muni de seize pattes, vit en colonies, par groupe d'une vingtaine au plus, non seulement sur les feuilles du Lilas commun ou du Lilas de Perse, mais encore sur celles du Frêne [Fraxinua excelsior), du Fusain {Evonymus europœus), du Troëne (Ligustrum vulgare) et de quelques autres arbustes (fig. 1546). Les jeunes Chenilles rongent d'abord la cuticule supérieure, puis le parenchyme situé au-dessous ; la cuticule inférieure persiste toujours et brunit peu à peu

LE COLEOPIIOUE DU MELliZE.

Après leur première mue, elles quittent la mine qu'elles ont creusée, la nuit, et tendent des fils de telle sorte que la pointe rongée de la feuille se trouve tirée et s'enroule. C'est là le travail de chaque nuit; le jour, elles rentrent dans le tube ainsi formé et rongent le parenchyme de la feuille en respectant la cuticule inférieure. Elles muent tous les dix ou douze jours et subissent trois mues; elles cherchent alors une feuille fraîche qu'elles traitent comme la précédente, et qu'elles abandonnent au bout du même laps de temps, pour effectuer leur Nymphose dans un cocon très mince entre les Feuilles desséchées, dans les gerçures ou bien en terre ; on voit quelquefois des centaines de Chenilles (fig. 1544 et 1545) suspendues à un fil, abandonnant les branches pour se mettre en quête d'une retraite.

La Chrysalide, brun-jaunâtre et fusiforme, présente une extrémité obtuse; les gaines des antennes arrivent jusqu'à la pointe, celles des pattes postérieures ne vont pas exactement aussi loin; elle donne essor au Papillon, au bout de quatorze jours, à la fin de juin ou au commencement de juillet. Ces Teignes voltigent, vers le soir, autour de la plante nourricière, pour s'accoupler et donner lieu ainsi à la deuxième ponte dont les Chenilles méritent principalement les reproches signalés plus haut. Elles arrivent à leur Nymphose avant le début de l'hiver, et leurs Papillons s'envolent au mois d'avril suivant. Chaque Femelle peut pondre en moyenne une centaine d'OEufs.

Le jour, cette Teigne prend une attitude intéressante, lorsqu'elle sommeille. Le corps, dirigé obliquement, repose sur les deux longues pattes postérieures dont les genoux se trouvent sur la même verticale que le front, et les tarses s'étendent par derrière; des autres pattes, on ne distingue rien, car elles se cachent entre le corps et les ailes, à la surface desquelles s'appliquent les antennes annelées qui se dirigent directement en arrière.

LES COLÉOPHORINES — COLEO- PHOMN/E

Sâchchen tràgcr.

LES COLÉOPIIORES — COLEOPIIORA

Caractère. — La tête allongée, étroite, porlr des antennes, simples dans les deux sexes, aussi longues que le corps, ayant l'article basi-

laire garni d'un pinceau de poils. Les ailes antérieures longues et lancéolées sont bordées d'une longue frange; les ailes postérieures linéaires, en forme d'épée et largement frangées ressemblent à des plumes.

Les Chenilles se construisent des fourreaux qu'elles traînent avec elles.

LA COLÉOI'IIORE DU MELEZE. — COLEOPIlOIi 1 hlRlCELLA-

Làrchen Minir moite.

Caractères. —Cette Tinéide(fig. 1541 , p. 440) est d'un gris cendré à reflet soyeux, plus mat sur les franges. Ses longs palpes, qui se dirigent en haut, arrivent jusqu'à la base des antennes qui présentent la même longueur que le corps.

Mœurs, habitudes, régime. — Ce Coléoptère

apparaît au commencement de juin dans les montagnes et dans les plaines de l'Allemagne où il trouve sa plante nourricière, le Mélèze. Il vole très rapidement et parcourt les aiguilles du haut en bas, les antennes allongées et les ailes plutôt à plat qu'en forme de toit. C'est vraisemblablement sur les pousses de l'année suivante que sont déposés les OEufs. Lorsqu'au printemps les arbres bourgeonnent, les Chenilles apparaissent et s'enfoncent isolément dans la pointe des aiguilles qui, en continuant à croître, deviennent jaunâtres et frisées dans leur moitié antérieure (fig. 1542, p. 440); c'est là le sort qui frappe généralement toutes les aiguilles d'une même touffe. La Chenille ne reste pas à l'intérieur; elle confectionne, à l'aide de rognures, un petit sac qu'elle élève à mesure qu'elle monte elle-même. D'une teinte brun-rouge, cette Chenille mesure à peine 4mm,5 de long et se distingue par sa tête très petite et par ses pattes ventrales, petites aussi et au nombre de huit. Généralement, elle atteint sa maturité avant la fin de mai; elle se fixe à une aiguille à l'aide d'un tissu, se retourne et opère sa Nym phose ; au bout de deux à trois semaines, le Papillon sort de l'extrémité postérieure du sac, sans entraîner le Cocon.

Il convient de signaler les Élachistes et les Lithocolletis, type de deux tribus les Élachistines et les Lithocollétines qui renferment les plus merveilleuses miniatures que l'on puisse rencontrer ; ces minuscules créatures dont la taille varie entre 5 et 10 millimètres sont admirablement costumées; l'or, l'argent donnent à leurs ailes les plus chatoyants reflets; c'est avec raison

LE PTKIWUMIOIIE PTLHODACTYLE.

Fig. 15

Fig. 1518.

Fig. 1 5 '• T ■ — Le Ptcrophoro pentadactylp, de grandeur Fig.1548. — L'AIuciteouOrnoodepolydaclyle,degrand.nat. naturelle. | Fig. 1549. — La môme, très grossie.

Fig. 1547 à 1549. — Les Microlépidoptères (Pferophorus et Alucita).

qu'on les a comparés aux Oiseaux-mouches, mais ne sont-ils pas mille fois plus délicats et plus charmants? Leurs infiniment petites Chenilles

passent leur existence dans le parenchyme des feuilles qu'elles sillonnent de leurs petites galeries où on les aperçoit par transparence.

LES PTER0PH0R1DES — PTEROPHOBID.E

Geistchen. — Feclcrmottcn.

Caractères. — Il nous reste à dire quelques mots des Teignes à ailes en forme de plumes qui forment la dernière famille des Papillons.

Leurs ailes, fendues suivant la longueur, en deux lanières frangées, peuvent être comparées aux barbes de plusieurs plumes contiguës. Les ailes antérieures se divisent généralement en deux plumes, les postérieures en trois; les variétés de trajets des nervures permettent aussi de distraire bien des genres nouveaux de ceux qu'on admettait jusqu'à présent. Le corps, et surtout les jambes, sont très allongés et très délicats, la tôte est sphérique, et la trompe très développée. Les palpes sont saillants et pourvus d'un article médian fort long. 11 existe des yeux accessoires, en général, mais ils peuvent aussi manquer.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Chenilles

munies de seize pattes vivent en liberté sur les plantes basses ou le-s buissons; elles subissent leur Nymphose sur ces plantes, mais au lieu de s'enfermer dans un Cocon libre, elles s'attachent par l'extrémité du corps et se suspendent par une ceinture à la façon des Piérides et des Papilionides.

LES PTEROPHORES PHORUS

PTERO-

Caractères. — Dans le genre Pterophoms, les ocelles font défaut; les ailes antérieures ne se bifurquent qu'à partir du dernier tiers, sous forme de deux plumes effilées dont l'angle interne est arrondi. Les espèces nombreuses ont été rangées en plusieurs groupes par Zeller, d'après la disposition des nervures.

LE PTÉROPHORE PTÉRODACTYLE. — PTEItOPIIO- RUS PTERODACTYLUS.

Caractères. — Il mesure de 22 à 24 millimètres, son corps et ses ailes antérieures sont d'un jaune gris ou d'un brun de cannelle; ses ailes portent des taches foncées aux points de séparation et à la lisière. Les ailes postérieures, grises, portent sur la troisième plume des franges très longues.

Distribution géographique. — C'est une

des espèces les plus communes qui s'étend de Schonen et Golhland jusque vers la Sicile, et qui se répand, à l'est, jusqu'à Kasan.

4'iG

L'ALUCITE OU ORNEODE POLYDAGTYLE.

LE PTEROPIIORE PENTADACTYLE. — PTEItOI'IIO- JWS PENTÂDJCTÏLVS-

Caractères. — On reconnaît facilement à sa teinte, d'un blanc de neige, le Pterophorus pentadactylus (fig. 1547) quiest une des espèces les plus grandes.

Distribution géographique. — Ce Ptéro-

phore, des plus répandus, se trouve dans toute l'Europe, à l'exception des régions les plus septentrionales.

Mœurs, habitudes, régime. — La Chenille vit sur le Liseron des champs et des haies.

LES ALUCITIDES — ALUCIT1DM

Caractères. — Les Microlépidoplères, dont les ailes deviennent fasciculées par suite de la division presque linéaire de chacune d'entre elles en six plumes, ont été élevés récemment au rang d'une famille, sous le nom d'Alucitides.

LES ALUC1TES OU ORNÉODES — ALUC1TA OU ORNEODES

Caractères.

Ce sont ceux de la famil

L'ALUCITE rOLYDACTYLE OU HEXADACTYLE. —

dLVCIT .1 POLYDACTYLd.

Caractères. — Chez cet élégant Papillon qui mesure 13 millimètres, le dernier article des palpes se dresse et atteint la longueur de

l' avant-dernier. Les rayons alaires d'un gris jaunâtre et pâle semblent divisés en carreaux par plusieurs bandes transversales foncées; l'aile antérieure est traversée par deux bandes transversales, ternes et bordées de blanc, dont l'externe prend naissance dans une tache sombre unique située sur le bord antérieur. a£it>trib..nou géographique. — Ce Papillon se trouve dans toute l'Europe centrale.

Mœurs, habitudes, régime, — La Chenille

vit dans les fleurs des Chèvre-feuilles (Lonicera periclymenurn, xylosteum, caprifolium) et s'enfonce dans la partie inférieure du tube, en sorte que le bord, arrêté dans son développement, demeure fermé. Là où elle a séjourné une fois, on la retrouvera chaque année. Sa Nymphose s'effectue dans une coque blanche à claire-voie.

LES HÉMIPTÈRES ou RHYNCHOTES — HEMIPTERA ou RHYNCHOTA

Schnabelkerfe. — Halbdecker.

Caractères. — Cet ordre réunit des Insectes qui diffèrent beaucoup entre eux au point de vue de leur aspect extérieur, mais qui se rapprochent parla conformation uniforme de leur bouche, et par l'uniformité de leur développement, leurs Métamorphoses étant toujours incomplètes. Les Rhynchotes ou Insectes à rostre comprennent tous les Arthropodes qui ont une bouche en forme de rostre disposé pour la succion et conformé comme celui que nous avons déjà décrit(l), et que nous représentons ici (Sg. 1550 à 1533); leurs Larves ne diffèrent de l'Insecte parfait que par l'absence des ailes et dans certains cas par la diminution du nombre et la moindre épaisseur des articles des antennes. Plusieurs d'entre eux sont absolument aptères; dans quelques espèces, les Femelles sont seules aptères, aussi n'offrent-elles, à proprement parler, aucune Métamorphose.

Lorsque les quatre ailes existent, elles peu vent êtresemblablesentreelles;danscecas, elles sont généralement minces, membraneuses, et parcourues principalement par des nervures longitudinales ; plus rarement elles sont toutes les quatre formées par une membrane plus résistante et plus coriace; les Rhynchotes dont les organes de la locomotion aérienne sont ainsi constitués sont dits Homoptères. Les ailes peuvent aussi être dissemblables : les antérieures, plus fermes et cbitineuses au moins dans la plus grande partie de leur région basilaire, membraneuses généralement vers l'extrémité, peuvent recouvrir les ailes postérieures constituées par une membrane mince; ces sortes d'étuis, qu'on nomme hémi-élytres en raison de leur disposition, motivent la dénomination à'Hé-

(1) T. VII, page U.

misères; dénomination que Linnée a attribuée par extension à l'ordre entier, et qui a été adoptée depuis par tous les Naturalistes. Cette expression n'est cependant pas irréprochable, car on ne trouve cette conformation des ailes antérieures que chez le plus petit nombre de ces Insectes. Il serait préférable d'appeler ces Rhynchotes, Hélcroptères par opposition au terme à? Homoptères, de telle sorte qu'on aurait les Rhynchotes homoptères et les Rhynchotes hétéroptères, constituant deux grands groupes bien définis. On peut d'ailleurs répéter ici, au sujet de la disposition alaire, ce qui a été dit déjà à propos de l'ordre précédent. Il existe des Hémiptères, pourvus d'élytres, dont le prothorax est libre; d'autres ont des ailes semblables entre elles et un prothorax moins distinct ; enfin certaines espèces sont complètement aptères.

La tête est plus ou moins enclavée dans le thorax ; elle porte des antennes tantôt à peine visibles ou dissimulées, tantôt distinctes et proéminentes; on n'y trouve parfois que des yeux simples ; mais le plus souvent on observe dans leur voisinage des yeux composés assez gros, ainsi qu'un rostre plus ou moins rapproché de l'extrémité antérieure et dont la portion visible est essentiellement constituée par la lèvre inférieure II transformée en un long fourreau articulé (4 articles au plus) (fig. 1550 et 1551), fermé en avant, à la base et en dessus par le labre triangulaire Is, fourreau abritant les quatre longs stylets qui représentent les mandibules md et les mâchoires ma changées en longues lancettes (fig. 155:2 et 1553).

Les trois anneauxduthoraxsontplusou moins distincts ; le mésothorax prend seul quelquefois un grand développement en donnant naissance à

LES HEMIPTERES OU UHYNCHOTES.

ma

Fie. 1050.

Fie. 155?.

Fig. 1550. — Tête et Rostre d'un Pcntatomo (Carpocoris

nigrtcornis), vue en dessous. — a, antennes; y, yeux;

Is, lèvre supérieure ou labre; li, lèvre inférieure de

quatre articles.

Fig. 1551. — Tète et Rostre d'une CicadaOrni. — Is, lèvre

supérieure; li, lèvre inférieure.

Fig. 1552. — Organisation du rostre du Pentatomeprécé-

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