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LA PUNAISE DE LIT

rembourser à la demoiselle H. le montant des frais effectués pour désinfecter la maison et de réparer lo préjudice occasionné par son fait ;

Attendu que le tribunal a 1rs éléments nécessaires pour évaluer a la somme de 1000 francs le montant de ces travaux et de l'indemnité a la charge de la dame V. ;

Par ces motifs :

Entérine le rapport des experts; ce faisant condamne la dame V. a payer à la demoiselle H. la somme du 1000 francs, pour tous travaux ou dommages a sa charge avec les intérêts de droit;

La condamne en outre aux dépens, y compris ceux de référé et d'expertise.

iOOO francs pour n'avoir pas laissé iï la porte ses Punaises! Le châtiment est dur et mademoiselle H. doit se frotter les mains. Elle a de quoi acheter de la poudre insecticide poulie reste de ses jours.

Origine. — On ne sait pas encore d'où viennent les Punaises de lit; l'opinion qui leur assigne pour patrie originelle les Indes orientales aurait besoin d'une preuve. Les Grecs et les Romains de l'antiquité les connaissaient, ainsi que nous l'avons dit déjà; ils les redoutaient et leur attribuaient toutes sortes de vertus curatives. Au xiL" siècle elles se sont montrées à Strasbourg. D'autre part, on prétend qu'elles n'ont été importées à Londres qu'en 1670 avec les literies des Huguenots exilés ; mais cette opinion est en désaccord avec une anecdote plus ancienne racontée par Moufet, d'après laquelle deux dames de Londres , en i503, auraient pris des piqûres de Punaises pour les premières atteintes d'une peste.

11 y a quelques années, en allant chercher luimême dans le plancher d'une église des fientes de Chauve-Souris pour fumer ses Fuchsias, Taschenberg fut fort étonné de découvrir dans ce fumier de nombreuses dépouilles de Punaises de toutes les dimensions. Des Punaises habitaient certainement les vieilles boiseries de cette localité où elles se nourrissaient aux dépens des Chauves-Souris qui y logeaient. Si l'on songe, maintenant, que ces Insectes se trouvent dans les poulaillers, dans les pigeonniers, dans les nids d'Hirondelles, on est tenté de penser qu'ils ont vécu primitivement en liberté, à l'état de vermine, sur les Animaux à sang chaud les plus divers et qu'ils se sont transportés sur l'Homme peu à peu et par voisinage, à mesure que les Animaux infestés les forçaient à s'enfuir ; en outre, les Chauves-Souris nocturnes ont pu, mieux que tout autre, favoriser leur diffusion rapide entre les Animaux et l'Homme ; on peut admettre, en effet, que plus d'une Punaise, sortie de sa

cachette, en quête de sang, ait grimpé sur le corps de quelque Chauve-Souris avant que celleci ait commencé ses pérégrinations nocturnes.

Cette manière de voir ne saurait être admise nous discussion, car les Cimex trouvés dans les colombiers, dans les Nids d'Hirondelles, dans les repaires des Chauves-Souris sont considérés comme des espèces parfaitement distinctes et ont été décrits sous les noms de C. colombarius, Hirondinis, Piphtrellse.

Usages et emploi. — Matthiole parle assez longuement des Punaises de lit; il rappelle les propriétés bizarres qu'on leur avait attribuées chez les anciens pour la guérison de certaines maladies.

Moyens de destruction. — On a essayé une

foule de moyens pour se débarrasser des Punaises ; mais aucun ne jouit d'une efficacité complète, à moins d'éloigner tous les objets où ces Insectes peuvent s'installerct de visiteravec soin toutes les cachettes imaginables. Taschenberg a pu se convaincre de l'ineflicacité du blanchissage pur et simple des chambres, lorsqu'il était étudiant à Berlin. « Dans l'atelier blanchi et parfaitement nettoyé d'un relieur, raconle-t-il, j'ai trouvé une Punaise, dont le dos était recouvert d'un enduit blanc et qui se promenait ainsi sans en paraître incommodée. L'addition de sulfate de fer à la chaux exerce déjà une influence plus appréciable, si l'on a eu soin de gratter toutes les fissures, de les nettoyer avec un pinceau imprégné d'albumine et de poudre insecticide, d'huile minérale ou d'une lessive de soude caustique, et de les obturer ensuite.

Ces moyens, employés énergiquement, peuvent mettre les habitants à l'abri de ces Insectes dans leurs maisons, lorsque les circonstances ne sont pas trop défavorables ; mais ils ne peuvent rendre aucun service au voyageur que sa mauvaise étoile force à passer la nuit dans un endroit infesté de Punaises. On assure, de plusieurs côtés, qu'en pareil cas le meilleur procédé pour tenir à distance ces Insectes sanguinaires consiste à laisser brûler la lumière pendant qu'on dort.

Les préservatifs qui sont annoncés sous le nom d' Insecte mortifère (1), ou à' Eau pour ta destruction des Punaises (2), et dont la composi-

(1) Barrucl, Rapport sur l'Insecte mortifère (Ann. d'hijg., 1832, tome VII, p. 196).

(2) Lassaigne, Du dimyer que présentent certaines liqueurs vendues dans le commerce pour donner la mort aux Punaises {Ann. d'In/g., 1856, tome VI, p. 6.ï).

LE RRDUVE MASQUÉ.

tion recèle des éléments plus ou moins topiques ou corrosifs, sont nuisibles et dangereux.

Aujourd'hui l'emploi devenu universel de la poudre de Pyrèthre permet de se débarrasser à coup sûr de cette vermine.

Eversmann décrit à part sous le nom de Pu-

naise de lit ciliée (Cimex cilialus], une espèce russe, longue de 3mm,37 seulement, dont l'abdomen presque transversalement cannelé est d'une teinte jaune d'argile.

Signoret a décrit l'espèce connue sous le nom de Punaise arrondie (fig. 1576).

LES REDUVIDES

REDUVID.E

Schreitwanzen.

Caractères. — Les deux caractères principaux de ces Punaises de proie [Reduvidœ) sont: une tête rétrécie en forme de cou derrière les yeux à fleur de tète, ainsi qu'un prothorax arrondi sur les côtés et divisé par un étranglement transversal en une partie antérieure généralement plus étroite et en une partie postérieure plus large. Les antennes, en forme de fouets, sont formées de quatre articles, entre lesquels peuvent s'en enclaver d'autres plus petits ; leur nombre peut ainsi s'élever à 10, et même, dans un genre particulier, il atteint le chiffre de 30 par suite du fractionnement des articles principaux. Le vertex porte deux yeux accessoires sur une protubérance située derrière un sillon transversal. Le rostre, en

Fig. 1577. — Tête de Rcduve. — «, labre; b, premier article du rostre; c, second article; d, troisième article; e, œil composé; f, œil simple.

forme d'alêne, généralement court et composé de trois articles, s'écarte librement de la tête (lig. 1577). Pour ce qui concerne les pattes, qui fournissent des caractères génériques fort importants, on peut dire seulement qu'elles ont trois articles au tarse, le dernier ne portant pas d'ambulacre, et qu'elles se font remarquer par une longueur très grande (les postérieures notamment), sans donner une impression de faiblesse ; cela tient à ce que les cuisses sont généralement épaissies et armées de nombreuses épines.

Quelques Réduvides se distinguent par des ailes atrophiées ou par des pattes antérieures munies de tarses disposés pour la préhension.

distribution géoçrophique. — Les espèces

les plus nombreuses vivent dans les pays chauds ; en 1861, Fieber comptait 34 espèces européennes réparties en 11 genres différents. ISa-urs, habitudes, r^jjime. — Toutes les Réduvides s'avancent lentement et à pas mesurés, en dépit de la longueur de leurs pattes; la plupart des espèces d'Europe sont petites et grouillent dissimulées dans l'herbe, plus rarement sur les buissons; elles restent volontiers cachées pendant le jour, et rôdent la nuit en quête d'une nourriture qui consiste en petits Insectes, en Mouches notamment. Quelques espèces exotiques ont une réputation terrible à cause de leur goût pour le sang chaud des Animaux et des Hommes.

LES RÉDUVES — REDUVIVS

Caractères. — L'ancien nom générique de Reduvius a été réservé récemment à un petit nombre seulement d'espèces qui ont en commun les caractères suivants : leur prothorax, dépourvu d'épines, offre en avant un étranglement ; tous les tarses destinés à la progression portent des griffes qui ne sont pas dentelées à leur base ; et les quatre jambes antérieures présentent à leur face interne une sorte de semelle charnue, étroite et longue.

LE HÉDUVE MASQUÉ. — KEDVVIVS PERSO- NJTUS-

Kothivanze.

Caractères. — Cet Hémiptère, d'un brun noirâtre, a les pattes rougeàtres et recouvertes de poils peu épais ainsi que les antennes et le prothorax, qui présente quatre gibbosilés.

ituMir», habitudes, régime. — Sa désignation peu attrayante lui vient de ce que sa

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