‹ Merveilles de la natureChapitre 241 sur 412 · LA NEPE CENDRÉE OU SCORPION D'EAU COMMUN. — NEPA CINEREA · texte numérisé non relu

LA NEPE CENDRÉE OU SCORPION D'EAU COMMUN. — NEPA CINEREA

Gemeiner Wasser-Skorpion.

Caractères. — Nous avons représenté la Nèpe (flg. 1585 et 1586 et pi. XXXI au-dessous d'une Naucore commune, à droite d'une Lymnée.)

Les antennes sont formées de trois articles, et les tarses d'un seul article; la patte préhensile est armée d'une griffe unique. A l'exception de la face dorsale de l'abdomen colorée en rouge vermillon très vif, le corps, très aplati, est recouvert d'une couche d'un brun noir constituée souvent par les saletés adhérentes. Le filament, situé à l'extrémité postérieure et dont la longueur est à peu près la moitié de celle du corps, est formée de deux demi-gouttières dont la juxtaposition constitue le tube respiratoire; l'Insecte en fait surgir souvent l'extrémité au-dessus de l'eau pour prendre sa provision d'air.

Mn-urs, habitudes, régime. — Le Scorpion

d'eau parcourt paresseusement sur ses pattes longues et minces la vase au bord des mares .

LES KANATRES — RANATRA Caractères. — Ce genre ne diffère du pré-

cédent que parla forme linéaire du corps, par les hanches des pattes antérieures qui sont au moins six fois plus longues que les cuisses, par les jambes qui ont à peine le tiers de la longueur des cuisses, et par les tarses antérieurs qui ne portent pas de grilfes.

Distribution géographique. — Des espèces

fort analogues à notre espèce indigène se rencontrent dans toutes les parties du monde.

LA RANATRE LINÉAIRE. — liANATRA LINEARIS.

Schweif-Wanze.

Caractères. — C'est un grand Insecte représenté (tig. 1587) et pi. XXXI, qui a reçu les noms vulgaires de Punaise à queue ou Scorpion d'eau à aiguille; son corps cylindrique est d'un gris-jaune sale; l'abdomen est rouge en dessus, jaune sur les côtés; les ailes postérieures sont d'un blanc laiteux.

Mirurs, habitudes, régime. — La ItaniUre

paraît préférer les fonds de gravier aux fonds vaseux.

Comme la précédente, on voit cette Punaise à longues pattes se promener lourdement sur le fond des mares, en train de guetter sa proie. On remarque souvent sur son corps des coques pyriformes rouges, plus ou moins grosses, ce sont des Aclysies, Larves parasites des Acarides aquatiques ou Hydrachnides.

La Femelle pond également ses OEufs sur les plantes aquatiques; mais ces OEufs sont pourvus seulement de deux prolongements piliformes. Les Larves, écloses au bout de quatorze jours, n'atteignent pas encore 13 millimètres de long au mois de mai, et l'on ne voit pas surgir encore de tube respiratoire ; en août, elles atteignent une longeur double, après avoir mué, et acquièrent des filaments caudaux, mais pas encore de gaines alaires; celles-ci n'apparaissent qu'à la troisième mue.

LES NOTONEGTIDES — N0T0NECT1D.E

Die Rûnlienschwimmer.

Caractères. — Les Punaises à pattes rameuses [Pediremi) ou Punaises nageant sur le dos [Notonectidee) ont pour caractères communs : une tête grosse et large, dirigée obliquement en bas et en arrière et dépourvue d'yeux accessoires ; un front à large courbure;

un rostre court et épais, atteignant seulement le milieu du thorax; des pattes postérieures dont les jambes et les tarses sont pourvus de cils d'un seul côté ou de part et d'autre; un corps allongé et aplati. La dénomination de Notonectes paraît moins heureuse que la pre-

LES CORISES.

Fig. 1580.

Fig. 1693.

Fig. 1590.

Fig. 1589. — La Corise de Geoffroy. Fig. 1501. — La Notonecte commune.

Fig. 1500. — Corise nageant. Fig. 502 et 1593. — Notonectes nageant et plongeant

Fig. 15v0 à 1503. — Les Hydrocorises (Corisa, Notonecta).

mière, car peu d'espèces nagent sur le dos, tandis que toutes se servent habilement de leurs tarses disposés comme des rames pour nager.

LES CORISLNES — COR1SINJË Çurisinen.

Caractères. — Leur bec est caché ; leur* tarses antérieurs n'ont qu'un seul article apparent.

LES CORISES — C OBIS A

caractères. — Le genre Corisa a pour caractères : des antennes à troisième et avant-derniers articles épaissis en forme de cône et plus longs que les autres; des tarses antérieurs aplatis et fortement ciliés; et principalement, un écusson invisible recouvert par le prothorax.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Femelles déposent au printemps leurs Œufs agglutinés en gâteaux sur les plantes aquatiques.

Usages. — A ce genre, riche en espèces, appartiennent deux Punaises mexicaines [Coran mercenaria et Corisa femorata) dont les Œufs sont recueillis depuis les temps les plus reculés, dans les grands lacs de Chalco et de Texcoco entre lesquels est bâti Mexico, pour servir à l'alimentation après avoir subi diverses préparations.

Voici comment, d'après M. Craveri et M. Yirlet d'Aoust, les Indiens s'y prennent pour les récolter et les rendre comestibles.

Ils vont cueillir des Joncs nommés toulé dans les lagunes du lac de Chalco ; ils les plient en deux et forment des espèces de fais- Breum. — VIII.

ceaux qu'ils placent ensuite verticalement dans le lac de Texcoco à quelque dislance du rivage ; ceux-ci étant reliés par un de ces Joncs, dont les bouts sont disposés en forme de bouée indicatrice, il est lacile rie les retirer à volonté. Les Cerises ne lardent pas à venir m* fixer à ces plantes SUT lesquelles elles aiment a pondre, et au bout de douze à quinze jours chaque brin de Jonc est entièrement couvert d'Œufs. On relire alors les faisceaux pour les faire sécher au soleil pendant une heure et les battre sur de grands draps pour en détacher les myriades d'Œufs qui y sont attachés ; puis on les remet dans l'eau pour effectuer une nouvelle récolte.

Les Œufs sont ensuite mondés et tamisés, mis en sac comme de la farine et vendus au peuple qui les prépare, les cuit et forme des sortes de gâteaux ou galettes, appelés haulle, qui ont un goût de Poisson assez prononcé et légèrement acidulé.

Les immenses Amas de cesOEnfsau fond des deux grands lacs constituent des dépôts oolilhiques qui s'accroissent d'années en années ; ce sont des couches géologiques d'une nature toute spéciale dont l'origine resterait un mystère si on ne les voyait pas se former sous les yeux.

Les Mexicains prennent à l'aide de troubleaux des quantités de ces Insectes qu'ils dessèchent pour en nourrir les Oiseaux ; à Mexico on les vend dans les rues et au marché en criant Moschilos ! comme on fait à Paris en vendant du Mouron pour les petits Oiseaux. Insectes. — loi

LA NOTONECTE COMMUNE.

LA COKISE DE GEOFFROY. — COMSA GEOFFROYI.

Geoffroy's Ruderwanze.

Caractères. — Nous l'avons représentée au repos (fig. 1589) et nageant (fîg. 1590); dans le coin droit de notre pi. XXXI sont figurées également trois de ces Punaises aquatiques. Le corps de cet Insecte mesure 12 millimètres; sa face dorsale est lisse et d'une teinte noire verdâtre, traversée par une quinzaine de lignes jaunes ondulées sur le prothorax et par des lacets jaunes sur les élylres. La face inférieure, jaune, est tachetée de noir à la base de l'abdomen et du thorax. Cette Punaise se distingue des nombreuses espèces analogues, généralement plus petites, par la disposition de ses pattes antérieures aplaties en forme de couteaux.

Moeurs, habitudes, régime. — Cette Corise se

plaît dans nos mares, où elle nage et plonge avec la plus parfaite aisance pour chercher sa proie, en venant de loin en loin à la surface pour s'approvisionner d'air, qu'elle emporte sous son ventre comme une cuirasse d'argent poli.

LES NOTONECTINES — NOTONEC- TJNJE

Notonectinen.

Caractères. — Leur bec en cône allongé est très visible, et les tarses antérieurs ont ordinairement deux articles apparents. Elles nagent toutes sur le dos.

LES NOTONECTES — NOTONECTA

Caractères. — Ces Insectes au corps allongé, velouté et frangé, ont la tête ronde, inclinée en dessous, munie de grands yeux et d'un bec long, robuste, de quatre articles; leur prothorax est transversal, leur écusson est triangulaire, équilatéral ; leurs élytres couvrent l'abdomen en le rebordant de chaque côlé ; leur abdomen porte une crête ventrale frangée, creusée d'un sillon profond.

LA INOTONECTE COMMUNE. —NOTONECTA GLAVCÂ.

Gcmeiner Rùckenschwtmmer.

Caractères. — L'écusson triangulaire, assez grand et d'un noir de velours, tranche vivement sur la teinte jaune verdàtre de la f.ce dorsale. Sur les quatre pattes antérieures, assez semblables entre elles, on croit voir au premier abord deux articles tarsaux et deux grilles seulement;

mais en y regardant de plus près, on y décou vre, à la face inférieure, un troisième article basilaire très court; sur la patte postérieure, au contraire, le second et dernier article tarsal n'a pas de griffe terminale (fig. 1591).

Mœurs, habitudes, régime. — NOUS avons

représenté (flg. 1592 et 1593, pi. XXXII, et immédiatement au-dessus des trois Corises), deux Notonectes communes (Notonecta glauca), l'une vue par sa face ventrale et l'autre vue par sa face dorsale. Dans le premier cas, nous représentons l'Insecte en train de nager sur le dos ; par cette propriété il justifie son nçm. La face inférieure, jaune et lisse, est tournée en haut; la face dorsale, légèrement carénée, est tournée en bas ; et l'Insecte vogue ainsi, semblable à une petite barque; il s'élève ou s'abaisse à l'aide de ses pattes postérieures puissantes et élastiques. L'abdomen est recouvert de poils serrés, au milieu desquels se trouvent les stigmates. (Juand l'Insecte a utilisé sa provision d'air, il remonte à la surface pour la renouveler; c'est ce qui explique les mouvements de bas en haut qu'il exécute fréquemment. Lorsqu'on retire l'Insecte pour le déposer sur un endroit sec, il retourne en toute hâte vers son élément favori à l'aide d'une série de bonds ; car la Punaise n'aime pas les lieux secs, et n'avance jamais en traînant le corps.

Au début du printemps, les Femelles pondent leurs OEufs elliptiques et d'un jaune clair à la partie inférieure des tiges des plantes aquatiques en ayant soin, à la façon des Naucores, de pratiquer une incision pour insérer chacun de leurs OEufs , ainsi que M. Regimbart l'a observé. Au bout de dix jours environ, on distingue à leur extrémité libre trois points rouges. Les Larves éclosent, peu de jours après, dans le cours du mois de mai. Elles offrent la même conformation et le même mode d'existence que leur mère; mais elles sont d'une teinte jaune doré et aptères. Jusqu'en août elles effectuent trois mues, et acquièrent enfin des rudiments alaires très courts. Après la quatrième mue, l'Insecte atteint son développement complet, mais il lui faut un certain temps pour changer de couleur et pour acquérir sa consistance définitive ; il passe l'hiver sous la vase, dans un état d'engourdissement complet.

Simpson dit avoir vu voltiger dans le Mississipi, en 1846, un convoi de ces Punaises qui avait 25 milles anglais de long.

LES HOMOPTÈRES OU GICADAIRES OU HOMOPTERA

C ICA DAMA

Zirpeit.

Caractères. — Ces Rhynchotes ou Insectes à rostre ont pour type nos Cigales chanteuses, mais la conformation des divers représentants offre de nombreuses variations; ils ont pour caractères communs: des ailes supérieures homogènes, c'est-à-dire de même consistance dans toute leur étendue, des antennes courtes qui peuvent facilement passer inaperçues et se terminent toujours par une soie; un rostre épais, c'est-à-dire inséré à la partie la plus inférieure

de la tète, situé très en arrière do trois articles, enfin une alimentation constituée exclusivement par les sucs des plantes. A cet égard, ils diffèrent essentiellement des Insectes du même ordre que nous étudierons plus loin, car ils ne se fixent jamais, pour leur succion, en un siège unique et définitif, mais ils enfoncent çà et là leur rostre dans le végétal qu'ils endommagent et s'y établissent rarement en colonies. Toutes les Femelles ont une tarière ou oviscapte.

LES CICADIDES OU CIGALES CHANTEUSES — CICADID.E OU STRIDULANTIA

Singzirpen.

«•:ir:w«.'-r<-«. — Au point de vue de leur conformation, les Cicadides nous offrent une t<He qui est rarement allongée en avant; plus souvent le bord antérieur et le bord postérieur du vertex décrivent deux courbes identiques et son étroite surface se trouve divisée par deux sillons transversaux en trois aires dont la médiane porte trois yeux accessoires ou ocelles. Celte zone médiane est limitée en avant par le bord supérieur du front, vésiculeux et strié en travers. Entre les yeux composés tressaillants, s'élèsent de courtes antennes séliformes à 7 articles. Le prolhorax n'offre pas d'autres marques que des sillons peu nombreux; m.iis le mésothorax porte un écusson en forme de bourrelet échancré. Les quatre ailes reposent sur le corps cylindro-eonique, à ia manière d'un toit; les antérieures, bien plus longues

que les postérieures, sont tantôt glabres et transparentes, tantôt velues et colorées, notamment chez les espèces africaines; les nervures se répandent sur leur surf.ice par divisions dichotomiques. Les cuisses antérieures épaisses, et munies parfois de quelques dentelures, offrent seules les traces de la disposition qu'elles avaient à l'étal de Larve et de Nymphe pendant lequel l'Insecte est trapu, glabre et révolu d'une membrane résistante; elle présente alors nue disposition organique des plus curieuses (1); leurs tarses antérieurs très développés sont repliés et logés dans un sillon de la jambe de manière à ne pas être brisés dans leurs promenades souterraines.

M) J. Kiincki;! d'Ilerculuis, Dis/.ontio» particulière des /tuiles chez les Nymphes des Uicuda; Ami. Sjc. eut. de France, 1879.

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