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LES CICADIDES OU CIGALES CHANTEUSES

Les Femelles sont pourvues d'une tarière à l'aiiie de laquelle elles percent le bois soit mort suit vivant poury déposer leurs OEufs. Les Larves passent leur existence dans la terre où elles sucent les racines pour se nourrir. Pour effectuer leurs évolutions souterraines, Larves et Nymphes sont admirablement conformées (fig. 1594) et leurs robustes pattes antérieures,

Fig. 1504. — Nymphe de Cigale prêle ;\ se métamorphoser.

dont les cuisses et les jambes sont armées de fortes épines et de denticulalions à pointes aiguës, leur sont d'un puissant secours pour cheminer dans le sol compact : car elles se tiennent a d'assez grandes profondeurs. Pour accomplir leurs Métamorphoses et se lancer dans le monde aérien, elles quittent leurs retraites et grimpent sur les troncs en s'aidant seulement alors de leurs tarses, dissimulés jusque-là dans un sillon de la jambe, abri protecteur fort précieux, ainsi que nous l'avons fail remarquer précédemment.

Distribution séoprapliiquc. — On Connaît

quatre à cinq cents espèces de Cicadides, dont dix-huit habitent le sud de l'Europe; la plupart des autres vivent dans les zones torrides jusqu'au 40r degré de latitude sud environ; quelques espèces isolées s'étendent néanmoins plus au nord.

ItlnMirs, habitudes, régime. — Les Cigales sont des Infectes paresseux et lourds, qui n'acquièrent de mobilité que sous les rayons brûlants du soleil du midi. Elles percent à l'aide de leur rostre les jeunes pousses des végétaux ligneux dont elles puisent la sève. Celle-ci s'écoule encore après la piqûre, et en se desséchant à l'air, elle forme la manne de certaines plantes. Les Femelles perforent la plante jusqu'à la moelle à l'aide de la longue tarière que recèle une fente longitudinale de l'abdomen, et elles y pondent leurs OEufs. Les Larves écloses abandonnent bientôt leur lieu de naissance, et s'installent à l'extérieur du végétal pour en sucer la sève.

Les Larves, qui sucent la racine des plantes ligneuses, se servent de leurs pattes antérieures

pour creuser le sol où les unes passent toute leur existence, qui dure quelques années, où d'autres enfin ne s'installent que pendant l'hiver.

Citant. — Les Cicadides justifient au moins en partie le nom de Cigales-chanteuses (Stridulantia) attribué à toutes les Cigales; car leurs Mâles produisent des sons qu'on a comparés à des chants, à des cris, à des bruissements, à des clapotements, enfin à toute espèce de bruits.

La Grèce ancienne en a fait un symbole fort poétique. D'après une de ses traditions, une Cigale décida l'issue d'une lutte engagée entre deux joueurs de cithare, Eunome et Ariston. Pendant qu'Eunoine jouait, une de ses cordes se brisa ; mais les dieux lui envoyèrent une Cigale qui, s'étant posée sur son instrument, lui remplaça la corde cassée, si bien qu'il remporta la victoire.

Depuis lors les Grecs ont pris pour symbole de la musique une Cigale posée sur une lyre. Les poètes de la Grèce ont célébré les chants de cet Insecte dont ils appréciaient l'innocence et la sérénité. Hésiode et Théocrite donnent au chant de la Cigale l'épithète de sonore et d'harmonieux. Anacréon leur a consacré sa quarante-troisième ode (1).

Tu es heureuse, ô Cigale sur les rameaux élevés, ayant bu un peu de rosée, tu chantes comme un roi!

Tout ce que tu vois, tout ce qui pousse dans les champs et dans la forêt est à. toi.

Le Laboureur t'aime, car tu ne lui fais point de mal.

Les hommes t'honorent, ô Cigale, parce que tu leur annonces l'étét

Les Muses t'aiment; le Phœbos lui-même t'aime et il t'a donné la voix sonore.

Tu ne subis point la vieillesse, sage enfant de la terre, toi qui aimes les chansons !

Tu ignores les maux et la douleur, tu n'as ni chair ni sang, et tu es presque semblable aux dieux (1)!

Homère (2) compare à des Cigales les vieillards qui entourent Priam : » La vieillesse, ditil, les a éloignés de la guerre, mais ils sont d'éloquents orateurs, semblables aux Cigales dont la voix mélodieuse enchante les forêts. »

Ésope (3) fail dire à la Cigale : « Je chantais et je charmais les voyageurs. »

La mythologie grecque avait une fable aussi ingénieuse que poétique sur cet Insecte, qui est pour nous si importun. Platon (4) raconte que certains Hommes, enchantés de la voix des

(1) Idylles de Thiocrite et Odes Anaoéontiqnes, traduction nouvelle par Leconte de Lisle. Paris, 18G 1 , p. 252,ode 43. (2, Homère, Iliade, liv. III.

(3) Esope, Fables.

(i) Platon, Pliédon.

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