LA CIGALE DE L'ORNE
Fig. 1597. Fig. 1598. Fig. 1599.
Fig. 1597. — La Cigale de l'Orne, vue en dessus. j Fig. 1599. — Vue en dessous, pour montrer les
Fig. 1598, — Au vol. volets.
Fig. 1597 à 1599. — Les Cicadides {Cicada Orni)
Cigale des Frênes est caractérisée par sa forme particulière, par son corps brun, tacheté de jaune et revêtu de poils blancs ; par ses cuisses antérieures peu développées et armées de deux dents, et par les onze points bruns que porte chacune des deux ailes antérieures transparentes (fig. 1597 à 1599).
Distribution géographique. — C'est Une
espèce européenne qu'on n'a pas encore observée ni dans la France centrale et septentrionale ni en Allemagne, mais dans la plupart des contrées méridionales.
33<eurs, habitudes, régime. — Celte Cigale
vit de préférence sur les Frênes à Manne {Fraxinus Ornus ou Ornus Europcea et Froxinus ou Ornus rotundifolia). La blessure qu'elle fait à ces arbres pour se nourrir en fait couler la Manne ; c'est une matière sucrée contenue peut-être également dans d'autres espèces de Frênes et qu'on trouve en plus ou moins grande proportion dans le suc des Raves, des Oignons, des Asperges, du Céleri, et d'autres végétaux encore. Bien que la Manne la plus fine soit celle que produit la piqûre des Cigales, on l'obtient néanmoins la plupart du temps par un procédé artificiel qui consiste à provoquer l'écoulement de ce suc par des incisions horizontales qu'on pratique sur l'écorce en juillet et en août; les diverses méthodes employées fournissent les diverses sortes de Manne. Nous ferons remarquer, en passant, que la Manne dont nous parlons n'a aucun rapport avec celle qui nourrit pendant quarante jours les fils d'Israël dans le désert, il n'y a qu'une similitude de nom ; la manne des Hébreux serait des Lichens alimentaires {Lecanora af finis et esculenta), qui sous certainesinfluencesclimatologiques se développeraient en immense quantité,
en Perse et clans d'autres contrées avoisinantes. Pour chanter, le Mâle relève un peu l'abdomen, et le laisse aussitôt retomber ; il repète ces mouvements avec une rapidité croissante jusqu'à ce que le son produit devienne un bourdonnement ininterrompu avec lequel le chant se termiue. « His strident arbusta Cicadis », dit Linné en parlant de cette espèce ; c'est à la même espèce sans doute que Virgile refusait son admiration.
Parmi d'autres espèces analogues au point de vue de leur conformation et souvent difficiles à discerner, il y en a trois autres qui revendiquent en France at en Allemagne le droit de cité : \âr Cicada oxrTTibicina hœmatodes, qui se trouve dans toute l'Europe méridionale et a été observée près de Wurzbourg: \&Tknda atra otr- continua, également méridionale, a été trouvée à Heidelberg, LErlangen ainsi que dans la Suisse française; la Cicada oix'Cicadetta montana étend son habitat sur l'Europe entière et sur l'Asie septentrionale, car on l'a trouvée non seulement dans quelques points septentrionaux de l'Allemagne tels que Iéna, Naumburg, Dresde, Breslau, mais encore isolément, à Insterburg en Prusse, à Saint-Pétersbourg, et en Suède.
L'Amérique, et notamment le Brésil, si riche en Insectes, abondent en espèces analogues, mais de dimensions parfois plus grandes.
Nous signalerons notamment la Cicada septemdecim de l'Amérique du Nord, dont les apparitions en nombre extraordinaire à de longs intervalles ont fait supposer que son évolution durait dix-sept ans (1).
(1) Voyez Introduction,' t. VII, p. 56, Durée île l'évolution.
LES FULCiO RIDES.