L'ALEURODES DE LA CHÉLIDOINE
est en droit de penser que la seconde couvée, qui est munie d'ailes, est destinée à la diffusion de l'espèce. Il est probable qu'il existe, comme chez les Phylloxéras, une forme sexuée, c'està-dire possédant des mâles et des femelles, qui est l'origine d'un OEuf d'hiver.
L'ADELGÊS DU MÉLÈZE. — ADELGES LdllIClS.
Lârchenlâus.
Cette deuxième espèce d'Adelgès est plus
répandue encore que la précédente. Ces Insectes s'installent en liberté sur les aiguilles, sans y produire de Galles; leurs piqûres en déterminent seulement le jaunissement et le recroquevillement. Les générations se succèdent, aptères et ailées, par procréation parthénogénésique ; mais des observations plus minutieuses seraient encore nécessaires pour mettre en pleine lumière le mode d'existence de ces Aphides qui n'appartiennent peutêtre pas au genre Adelges.
LES ALEURODIDES — ALEURODID.E
Caractères. — Ces Hémiptères rangés tour à tour parmi les Aphides ou parmi les Coccides constituent à vrai dire une famille intermédiaire. Ces Insectes ovipares, qui se reproduisent pendant toute l'année, ont des Larves immobiles comme certains Coccides (Lecanium) et des adultes aux quatre ailes d'égale longueur, à deux nervures visibles. Les deux sexes sont semblables.
LES ALEURODES — ALEUItODES
Caractères. — La tête est tellement inclinée (fig. 167S) qu'on n'en aperçoit qu'une faible
Fig. 1675. — Partie antérieure d'une Aleurodes vue en dessous pour montrer la tête et le rostre.
partie ; les yeux sont en général partagés en deux portions ; le rostre épais compte 3 articles ; les antennes ont 7 articles, les deux premiers courts et étroits, le troisième long, grêle, arqué, les autres grêles et égaux (sur la figure 1676 le graveur a supprimé l'article terminal); le tarse aussi long que la jambe, et formé de 2 articles, porte de longs crochets et une pièce médiane aussi longue et acérée : le dernier anneau de l'abdomen porte un tubercule allongé.
Distribution géographique. — Dans sa Monographie du genre, le Dr Signoret mentionne
une vingtaine d'espèces qui, sauf deux, sont toutes européennes.
L'ALEURODES DE LA CHÉLIDOINE. — ALEURODES CHELIUOISII.
Sctiôllkraut-lâus.
Caractères. — Cet Aleurodes, qui mesure seulement lmm,12, est d'un blanc verdâtre et porte sur ses ailesdeux bandes brunes effacées. Il était connu de Linnée qui l'a décrit sous le nom de Tinea proletella et qui le rangeait ainsi parmi les Teignes fig. 1676).
llœurs, habitudes, régime. — On le trouve
partout en Europe installé toute l'année et surtout à l'automne à la face inférieure des
Fig. 1G7G. — L'Aleurode de la Chélidoine, très grossi.
feuilles de la Chélidoine (Chelidonium majus), les ailes étendues par-dessus le corps en forme de toit. Au voisinage de l'Insecte, on remarque de petits cercles légèrement poudrés de blanc, à la surface desquels reposent les OEufs d'abord jaunes qui brunissent plus tard.
LES COCCIDES.
LES COCCIDES — COCCID/E
Schildlâuse.
Caractères. — Tandis que les Insectes dont nous venons de parler ne présentent en général d'autre intérêt que leur parasitisme, la famille des Coccides nous offre des particularités plus surprenantes ; car il existe entre les Miles et les Femelles d'une même espèce des différences primordiales non seulement au point de vue de la conformation, mais encore au point de vue du développement; aussi estil impossible de résumer en quelques mots les caractères de la famille sans faire l'histoire de son évolution.
Les Femelles proviennent de Larves mobiles chez lesquelles on peut reconnaître, à la face inférieure de la tête, des antennes et un rostre, et dont le corps, en forme de bouclier et échancré au niveau des articulations, permet de distinguer six pattes à tarses de deux ou trois articles pourvus d'une ou de deux griffes. Le rostre externe composé de trois articles n'est pas rétractile comme chez les espèces précédentes et cache dans sa cavité quatre soies. Celles-ci prennent naissance au niveau de la tête, s'enfoncent dans l'intérieur du corps et reviennent du côté de la tête après avoir fait une boucle. Grâce à cette disposition, ces soies peuvent atteindre une longueur très grande et pénétrer profondément dans les plantes dont les sucs constituent l'unique aliment de ces Insectes. Les antennes, filiformes ou noueuses, s'accroissent d'un article à chaque mue, sans jamais atteindre une longueur bien grande. Les yeux, lorsqu'ils existent, sont simples. Dans les premiers temps, les Larves courent çà et là sur leur plante nourricière avec hésitation ; elles y cherchent une place appropriée où elles se fixeront pour puiser les sucs et où elles mourront un peu plus tard. Lorsqu'elles ont trouvé un endroit propice, elles commencent à s'accroître et prennent un aspect informe ; jamais elles n'acquièrent d'ailes. Après l'accouplement elles enflent de plus en plus; on ne distingue plus à leur face supérieure aucune trace de segmentation et sur la face inférieure, qui se gonfle également, on reconnaît à peine les antennes, le rostre, les pattes qu'on discernait nettement
précédemment, et dans certains genres on ne les distingue plus du tout. Elles sont souvent entourées d'une matière cireuse, floconneuse, ou d'une croûte résineuse. Ces Femelles déposent, en général, — quelques-unes étant vivipares — sous elles, dans un tissu feutré, fragile et parfois blanchâtre, de nombreux OEufs ; après leur mort, leur corps reste audessus d'eux, comme un bouclier protecteur; rarement il s'en sépare. Lorsque ce coussinet soyeux devient visible à l'extérieur et que la carapace n'est plus appliquée par ses bords sur la plante nourricière, on peut en conclure que la mère a cessé de vivre. Avant de quitter ce berceau, les petits qui éclosent de ces OEufs subissent une première mue.
Le développement des Miles est essentiellement différent. Au début, le Mâle est une Larve analogue à la précédente, mais un peu plus petite et plus grêle; il se fixe également pour sucer la plante, et s'accroît; mais il confectionne une coque, ou bien sa surface sécrète une couche protectrice comme cela a lieu du reste dans quelques cas chez certaines Femelles. Dans cette coque la Larve se transforme en une pupe immobile, et finalement l'extrémité postérieure de la coque donne issue à un être délicat, muni seulement de deux ailes. Il est caractérisé par trois échancrures principales le long du corps, par des antennes filiformes ou noueuses, par des yeux simples, par un rostre atrophié, par des tarses très nets, et souvent par deux longues soies caudales entre lesquelles l'organe sexuel fait une saillie très proéminente. Les Mâles s'observent rarement; ils vivent très peu de temps ; aussi sont-ils encore inconnus dans la plupart des espèces; peut-être même n'en existe- t-il pas clans certaines d'entre elles.
Chez quelques genres, le mode d'existence diffère essentiellement de celui que nous venons d'indiquer. Ainsi, chez les Orthesia, les Femelles conservent leur mobilité jusqu'à la mort.
D'après ce que nous venons de dire on voit qu'il y a là ample matière à des études ultérieures.
Distribution géographique. — NOUS ne
connaissons guère que les espèces européen-
LES COGCIDES.
Fig. 1677.
rosse.
Fig. 1679. Fig. 1G77.
Branches de Rosiers couvertes de Diaspis i
Fig. 1678. — Boucliers détachés de l'arbuste. Fig. 1679. — Larve grossie.
Fig. 1677 à 1679. — Les Coccides [Diaspi
nés, grâce aux importants travaux de M. Targïoni-Tozzetti et de M. Signoret. La plupart de ces Insectes vivent dans les régions chaudes; nous connaissons seulementquelques-uns d'entre eux qui se sont naturalisés dans les serres; ces contrées renferment en abondance d'autres Insectes plus faciles à observer et à collectionner; c'est là une des causes auxquelles on peut imputer les lacunes de nos connaissances au sujet de ces êtres si peu apparents et cependant si intéressants.
Mœurs, lianitutles, régime. — ■ Les Coccides s'attaquent aux Dicotylédones comme aux Monocotylédones, aux plantes à feuilles persistantes aussi bien qu'à celles à feuilles caduques ; aux arbres, aux arbustes, comme aux plantes herbacées. Elles implantent leur rostre sur les feuilles, généralement à la face in-
férieure, sur les jeunes rameaux, sur les branches et même quelquefois sur les racines .Leur multiplication est tellement rapide qu'elles ne tardent pas à devenir extrêmement préjudiciables, et même à causer de réels dommages ; les Orangers, les Citronniers, les Oliviers, les Amandiers, les Pêchers, les Poiriers, les Caféiers, les Cannes à sucre, etc., sont souvent épuisés par ces terribles suceurs et ne donnent plus que de maigres récoltes s'ils ne succombent pas; les plantes d'ornement, comme les Lauriers-roses et une foule de plantes deserre chargées de Cochenilles, s'étiolent et périssent. A de tels maux, il est peu de remèdes; lorsqu'il s'agit de la grande culture, l'Homme doit se déclarer impuissant, car il ne peut songer à atteindre ces millions d'ennemis sans s'attaquer lui-même à la plante qu'il veut sauver;
L'ASPIDIOTE DU LAURIER-HOSE.
Fig. 1080.
Fig. 1082.
1681. — Individu, grossi.
Fig. 1G80. — Le Lecanium des Hespérides sur une bran- i clie de Laurier. i Fig. 1682. — Le Lecanium de l'Olivier.
Fig. 1080 à 1082. — Les Coccides (Lecanium).
mais s'il s'agit de la culture ornementale, la main-d'œuvre ne se ménageant pas lorsqu'il s'agit de plaire aux yeux, le nettoyage à la main, les lotions à l'eau simple ou additionnée de Quassiaamara, le brossage permettent de lutter avec quelque succès.
Classification. — Les Coccides ont été partagés par M. le Docteur Signoret, dont nous suivrons la classilication, en quatre sections ou tribus : les Diaspines, les Bïuchyscèlines, les Lécanines et les Coccines.
LES DIASPINES — DIASPINjE
Caractères. — Cette tribu comprend toutes les espèces qui se recouvrent d'une enveloppe composée des dépouilles provenant de leurs mues successives agglutinées par une sécré-
tion spéciale, de manière à recouvrir l'animal d'un bouclier, dont la forme variable fournit des signes distinctifs génériques et spéciliques. Le Mâle privé de rostre a deux yeux supplémentaires; les ailes supérieures ont une nervure bifurquée, les ailes inférieures sont remplacées par un balancier de trois articles . Les femelles sont vivipares.
LES ASPIDIOTES — ASPIDIOTES Caractères. — Le bouclier est arrondi.
L'ASPIDIOTE DU LAUIUBR-KOSE. — ASPIDIOTUS NERII.
Caractères. — Le bouclier est lenticulaire, un peu bombé, un peu plus allongé chez le
LES LECANIUMS.
Mâle ; d'une couleur blanchâtre avec le centre jaunâtre. Les Larves sont allongées et jaunes, les Femelles adultes sont également jaunes, mais arrondies; le Mâle est jaune rougeàtre avec une bande thoracique plus foncée.
Distribution géographique. — Cette espèce
abonde sur les Lauriers-roses qui croissent naturellement ou sur ceux qui sont cultivés en orangerie.
Mœurs, habitudes, régime. — Cette CûCCide,
que les jardiniers dans leur langage imagé nomment le Pou ou la Punaise du Laurierrose [Nerium oleander), est le fléau de ces arbustes cultivés en pot ou en caisse; elle se fixe en famille à la face inférieure des feuilles, le long des nervures. Elle se plaît également sur une foule d'autres plantes qui poussent dans son voisinage soit en liberté, soit dans les serres, et son nom pour cette raison semble assez mal choisi.
L'immersion prolongée permet de s'en débarrasser.
LES DIASP1S — DIASPIS
Caractères. — Ce genre comprend les Coccides dont le bouclier des Femelles, semblable à celui des Aspidiotus, est plus ou moins arrondi, tandis que le bouclier des Mâles est allongé, caréné et généralement blanc.
LE DIASPIS DU ROSIER. — DIASPIS IXOSjE.
Caractères. — Le bouclier lenticulaire, un peu bombé au milieu, d'une couleur crayeuse, cache la Larve ou la Femelle en été, les OEufs en hiver (fig. 1678). La jeune Larve est jaune ovalaire, mais élargie vers la région céphalique (fig. 1679); celle du Mâle cachée sous un bouclier tricaréné est élargie au contraire vers le milieu ; la Femelle est jaune pâle allongée avec les régions céphalique et thoracique très [élargies. Le Mâle, d'un blanc rougeàtre, aux ailes blanches à nervures rosées, a les antennes et les pattes jaunâtres.
iiu-urs, habitudes, régime. — Cette Cochenille, connue des jardiniers sous le nom de Pou ou de Punaise blanche du Rosier, envahit souvent les branches de certaines variétés de Rosiers et les couvre d'une croûte pulvérulente, écailleuse, agglomération des boucliers des générations passées et des générations actuelles (fig. 1677).
Boisduval recommande pour se débarrasser de cette vermine d'effectuer la taille de bonne
heure pour supprimer les branches infestées, et de procéder ensuite au brossage.
Les Poiriers et leurs fruits sont souvent couverts de Cochenilles dont les boucliers ont une forme qui rappelle celle des coquilles d'Huîtres, d'où le nom de Diaspis oslreiformis. Leur multiplication est quelquefois si rapide qu'ils envahissent complètement les arbres et les font périr. M. le docteur Signoret indique un procédé radical pour sauver les arbres et les régénérer, c'est de les couper au ras du sol, un peu au-dessus de la greffe ; en trois ans un espalier peut être reconstitué; c'est après avoir essayé infructueusement la chaux, le tabac, le savon, etc., qui nuisaient autant à l'arbre qu'aux Insectes, qu'il s'est résigné à recourir à la chirurgie végétale.
Les Orangers, les Citronniers, les Jujubiers, ont souvent les rameaux, les feuilles, les fruits couverts d'une Cochenille au bouclier noir ou brun noir en ovale très allongé ; les Mandarines qui arrivent aujourd'hui à Paris en immense quantité sont souvent couvertes de ce Diaspide qui a reçu le nom de Parlatoria Zizyp/ri, Lucas.
Une autre Cochenille appartenant également à la tribu des Diaspides, le Mytilataspis pomorum, Bouché, confondue avec le M. conchiformis, Gmelin, s'établit sur les Pommiers et les Poiriers et s'installe même sur les Pommes et les Poires ; elle est reconnaissable à la forme de son bouclier qui est allongé, légèrement arqué, et ressemble à une coquille de Moule.
Nous ne parlerons pas des Brachyscélines, cette tribu ne renfermant que des espèces australiennes.
LES LECANINES
LECANINjE
Caractères. — Dans cette tribu entrent toutes les espèces de Coccides qui sont nues ou simplement recouvertes de matières cireuses ou calcaires, et dont les Femelles alfectentaprès la fécondation une tout autre forme qu'à la naissance ; les jeunes se déplacent aisément, les Femelles fécondées demeurent où elles sont fixées.
LES LECANIUMS — LECANIUM
Caractères. — Cette coupe générique ne comprend que les espèces nues en forme de
LES CÉROPLASTES.
bateau dans le jeune âge, mais prenant ensuite après la fécondation des formes absolument différentes. Dans ce genre tel que le restreint Signoret, la lèvre inférieure n'a qu'une seule articulation.
LE LECANIUM DES UKSI-ERIDES- IIESPEMDUM.