‹ Merveilles de la natureChapitre 274 sur 412 · T K KERMÈS DES TIUNTUR1ERS · texte numérisé non relu

T K KERMÈS DES TIUNTUR1ERS

moment de la ponle il est enveloppé complètetement dans une sorte de sac de consistance et do nature rariables. Chaque segment porte sur les côtés une ou plusieurs épines ; les antennes ont un nombre variable d'articles; le rostre compte toujours plusieurs articles.

Les Maies, de très petite taille, ont : de longues Antennes pubescentes de 10 articles en général; des yeux au nombre de quatre, et ordinairement des ocelles; des ailes grandes et transparentes; des balanciers à trois articles ; l'abdomen orné de deux longues soies.

LES KERMES

KERMES

Caractères. — Les Kermès ressemblent aux Lecanium avec lesquels d'ailleurs on les confond le plus souvent, mais ils possèdent les caractères des Coccines. Le corps est globuleux et porte sur chaque segment plusieurs épines ; les Antennes ont 6 articles dont le troisième est. le plus long. Les Mâles sont cachés a l'intérieur d'un petit sac feutré blanc.

l.i: KERMÈS DIS TEINTURIERS. — KERMES

i ei.mii.io or i: ii'iuc i.

Caractères. — Cette Coccine est rouge, globuleuse, lisse ; la Larve est d'un brun rouge avec l'extrémité abdominale non éehancrée en dessous, les segments abdominaux à peine pubescents présentant sur les cotés des cônes courts et pointus;lereste esta. trois articles. La peau est parsemée de filières et de marques brunes épaisses.

Mœurs, habitudes, 'régime. — Cette Cochenille connue sous les noms de : Kermès, Baies de Kermès, Baies de Karmésine, grana C hennés, /Termes linetorum, et d'autres encore vit sur le Chêne Kermès [Quercus coccif'era) qui croît dans les régions circa-méditerranéennes plus souvent en arbuste qu'en arbre et dont les buissons les plus vieux et les plus épuisés sont souvent les plus chargés de ces carapaces sphériques, analogues à celles qui recouvrent les Chênes de nos pays.

Suivant que l'hiver est plus ou moins doux, la multiplication du Kermès se trouve plus ou moins abondante. On compte sur une heureuse récolte lorsque le printemps se passe sans gelée et sans brume. Il n'y a ordinairement qu'une couvée par an; dans les cas exceptionnellement favorables ces Insectes peuvent atteindre deux fois dans l'année le degré de développement convenable pour la récolte. Au

commencement de mars, ils sont plus petits qu'un grain de Millet; en avril, ils atteignent leurs plus grandes dimensions et sont de la grosseur d'un Pois : à la fin de mai on trouve 1800 à 2600 Œufs au-dessous delà carapace de la mère morte peu de temps après la ponte. A celte époque, le Kermès est récolté par les pâtres, les enfants ou les femmes qui pour exécuter ce travail laissent pousserleursongles, et acquièrent ainsi une telle dextérité qu'ils en illent dans certains cas jusqu'à deux livres par jour.

Usages. — En France, en Espagne, dans les archipels grecs, notamment à Candie, etc, on récolte ces Kermès pour en extraire une matière colorante connue déjà des Grecs eldes Romains. Ces Cochenilles traitées par l'acide acétique fournissent la couleur rouge dont on teint, ou plutôt dont on teignait, les calottes ou fez des Grecs et des Turcs.

Il ne faut pas confondre, d'après M.Planchon, ce Kermès, qui suivant lui serait le véritable Kermès des anciens, avec d'autres espèces qu'on a réuni sous le nom de Coccus Mois, notamment avec le Kermès Bauhini, véritable ilicis, qui est brune et entièrement ronde se trouve sur le Chêne vert et le Chêne Kermès; cependant si l'on s'en rapporte à la tradition et à la pratique suivie depuis un temps immémorial, qui consiste à tremper cette Cochenille brune dans le vinaigre pour la faire passer au rouge, il est probable qu'elle peut être à bon droit considérée comme se rapportant également au Kermès des anciens employé comme matière colorante ; il est plus que probable que l'on récoltait indifféremment les deux espèces et qu'on les employait indistinctement aux mêmes usages. Belon (1) raconte comment on fait la récolte du Kermès en Candie. Voici ses termes : « Le revenu de la graine d'écarlate nommée Coccus baphica est moult grand en Crète; et parce que la cueillir est l'ouvrage des pasteurs et petites marmailles, les plus grands ne s'y veullent amuser; on h trouve au mois de juin dessus un petit arbrisseau, espèce de Chêne vert, qui porte des glands, etc. Et pour ce que les feuilles sont poignantes comme comme celles du Houx, les bergers ont une petite fourchette à la main gauche, pour les élever à côté, et une petite faux à la droite dont ils coupent les petites branches, desquelles ils ôtent des petites vessies ou excréments

: Belon, Observation des singularités, U\ve I. p. 10.

LA COCHENILLE PROPREMENT DITE

que j'ai appelées graine d'écarlate, etc. » Jadis la médecine avait en grande faveur le sirop de Kermès qui devait, sans coup férir, réparer les forces épuisées; aujourd'hui Valkermès est tombé dans l'oubli ; mais conservateurs de la tradition, les religieux du couvent de Santa-Maria-Novella à Florence vendent aux voyageurs la liqueur célèbre connue sous le nom A'Alkermes /iijuirlu.

LES ÇOCCUS -- (OCCIS

Caractères. — Les antennes ont sept articles chez la Femelle, six chez la Larve femelle, cinq chez la Larve mâle ; le Mâle a deux yeux et deux ocelles.

LA COCHENILLE PROPREMENT DITE. — CQCCUS

CACTl.

Kochenille.

Caractères. — La plus célèbre des Coccides estla Cochenille proprement dite (C venus Cacti). La Femelle (fig. 1C87 et 1088) adulte, oblongue, bombée, mesure G à 7 mm. de longueur et 4 mm. de largeur; d'un brun-rouge foncé, elle est marquée par un revêtement de poussière blanche cireuse et d'aspect cotonneux; le Mâle (fig. 1690 et 1691), d'une teinte tout à fait carminée, présente deux ailes troubles, des antennes composées de dix articles, et de longues soies caudales; la Femelle, qui offre la môme coloration, se recouvre d'une poussière blanche.

Mœurs, habitudes, régime. — Cette espèce est originaire du Mexique où elle vit sur les larges raquettes des Cactus {Opuntia coccineUifera) qu'on désigne là-bas sous le nom deNopals. On les a transplantés dans quelques îles des Indes Occidentales, en Espagne, en Algérie, à Java, enfin à Ténériffe.

Depuis 1526 environ, ces Insectes Femelles, qu'on dessèche sur des plaques chauffées et qu'on ramollit dans l'eau chaude, mais dont la forme est encore reconnaissable, constituent au Mexique une matière tinctoriale dont l'exportation est très productive. Bien que déjà, vers 1530, Acosta ait indiqué l'origine animale de ces grains d'un brun rougeâtre tacheté de blanc, dont quatre milliers environ représentent le poids d'une once, et bien que d'autres Naturalistes aient confirmé cette assertion, on n'en persista pas moins pendant longtemps à considérer généralement cette matière colorante comme étant de nature végétale; et même en l'année 1725 le Hollandais Melchior

von Ruyscher engagea à ce sujet un pari qui l'aurait entièrement ruiné, si son adversaire généreux ne l'avait délié de son engagement. Pour trancher ce débat on fit prendre des renseignements et l'on envoya au Mexique des éleveurs; c'est ainsi qu'on fut fixé sur la pâture de celte production mystérieuse et qu'on rut assuré de son origine animale.

A l'exception de la période des pluies, on trouve les Cochenilles sur leur plante nourricière à leurs divers stades de développement; elles recouvrent, par places, le végétal de leurs exsudations blanches (fig. 1686). La Femelle dépose ses OEufs dans celte couche blanchâtre et se contente pour eux de cette protection, car elle retire elle-même son rostre hors de la plante et tombe, morte, sur le sol. Au bout de huit jours, les petits éclosent ; ils sont semblables à leur mère, seulement ils sont munis de longues soies. Dans l'espace de deux semaines ils atteignent leur croissance complète, après avoir subi plusieurs mues. Les Larves Mâles confectionnent à l'aide de la même matière, une coque ouverte en arrière et y reposent, à l'état de Nymphes, pendant une huitaine de jours. Les Mâles meurent aussitôt après l'accouplement, tandis que les Femelles jouissent encore d'un délai de quatorze jours pour effectuer la ponte. Comme le développement occupe l'espace de quelques semaines seulement, plusieurs pontes ont lieu, et l'on recueille, à la fin, un nombre considérable de Larves ainsi que les Femelles en train de mourir.

Bouché éleva la Cochenille dans une serre, à Berlin, vers 1820, et grâce à une température constante de 16 à 20° Réaumur, il obtint quatre pontes. Le développement d'une couvée dura six semaines : les Cochenilles vécurent huit jours à l'état d'OEufs, quatorze jours à l'état de Larves, huit jours à l'état de Nymphes, et quatorze jours encore à l'état d'Insectes parfaits. La dernière couvée se développe dans le mois d'août; les Femelles fécondées reposent l'hiver et pondent seulement en février.

Les éleveurs de Cochenilles, au Mexique, rassemblent, peu de temps avant l'époque des pluies, tous les Insectes qui doivent survivre en vue de l'élevage; ils les transportent chez eux, en lieu sûr, en même temps que des branches de Nopal très longues qui doivent rester fraîches fort longtemps; ils les replacent de nouveau sur les plants de Cactus dès que la saison pluvieuse est terminée. On recueille avec plus de difficultés, sur les Cactiers sauvages, la Co-

LA COCHENILLE PROPREMENT DITE

Fig. ICS3

Fig. 1G95. — Brandies et fruits de Citronniers couverts | Fig. IG93. -- Femelle grossie, de Coclieuille*. !

Fig. 1692 et 109.3. — Coccides (Dactylopius ckri).

chenille dite sauvage ou gi-ana sylveslra des Mexicains ; cette récolte doit être faite beaucoup plus fréquemment; il s'agit là probablement d'une espèce distincte, et non d'une simple variété de la précédente.

Lorsque le Mexique fournissait seul cette matière colorante, on en expédiait en Europe près de 880,000 livres par an, ce qui correspondait à une valeur d'environ 7 millions 1/2 de gulden hollandais ; A. de Humboldt indique, au moment de son séjour dans l'Amérique du Sud, une exportation annuelle représentant un demi-million de livres sterling.

La culture de la Cochenille a pris aux îles Canaries une rapide extension : l'exportation qui en 1831 s'élevait à 4 kilogr., atteignait 193,259 kilogr. en 1849 et plus de 300,000 kilogr. en 1850, augmentant graduellement et rapidement: en 1873, elle dépassait 2,640, 271 kilogr., en 1874, 2,331,622 kilogr. L'Espagne méridionale, où Ton élève également la Coche-

nille, depuis que les maladies de la Vigne ont rendu cette culture moins lucrative, a exporté pour l'Angleterre plus de 800,000 livres de Cochenilles brutes, en 1850, et davantage les années suivantes.

En songeant qu'une livre représente environ 70,000 Insectes desséchés, on peut se faire une idée, à l'aide d'une simple multiplication, des masses innombrables de Cochenilles que l'on tue chaque année.

Elles sont expédiées dans les sacs espagnols, appelés surone, qui sont confectionnés avec des peaux de Bœufs fraîches dont les poils sont retournés en dedans.

Dans la Cochenille de commerce (fig. 1689) on peut reconnaître les corps desséchés des Insectes qui sont gros à peu près comme la moitié d'un Pois; on peut distinguer sur leur surface cannelée les échancrures abdominales. Ils offrent à l'extérieur une coloration brun noirâtre plus ou moins tachetée de blanc ;

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LA COCHENILLE PROPREMENT DITE

à l'intérieur, une coloration pourpre foncée; sur la langue ils produisent une sensation amère et astringente; ils colorent la salive en rouge, et conservent cette propriété plus de cent ans. En les plongeant dans l'eau chaude, on peut en général distinguer les antennes et les pattes; Réaumur a reconnu leurs OEufs dans la masse granuleuse et rouge qu'on peut exprimer de leur corps.

Dans le commerce on en distingue plusieurs sortes :

1° D'après leur provenance : la Cochenille fine, grana fîna seu mestica, est cultivée à Mestèque dans la province de Honduras; la Coclienille ordinaire, grana silvesira seu capesiana, est formée de grains plus petits;

2° D'après les différents modes de préparalion: la renegrida offre un aspect brun foncé, qui tient à ce que les Insectes tués dans l'eau chaude y perdent la poussière blanchâtre qui les recouvre. Cette espèce diffère delà Jaspeada qui est marbrée de blanc, parce que les Insectes sont tués dans les fours chauffés, ce qui ne leur enlève pas leur coloration blanchâtre. Mais il peut arriver que les grains soient échauffés trop fort et prennent une couleur noire ; celte sorle de Cochenille reçoit alors le nom de ISegra. On désigne enfin sous le nom de Granilla une espèce composée d'Insectes grands et petits; plus ou moins broyés, qui constitue une sorte de rebut. La Cochenille tachetée de blanc étant la plus recherchée, on s'est mis à la falsifier en plaçant pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures dans un endroit humide, comme une cave, les Insectes qui ont perdu leur poussière blanche, et en les saupoudrant ensuite avec du talc.

Jusqu'en 1870, la culture de la Cochenille était extrêmement rémunératrice, mais depuis elle a subi une crise fâcheuse, l'emploi de la fuschsine et des au très couleurs dérivées de l'aniline se généralisant; la dépréciation a été rapide : la livre de Cochenille, livre espagnole de 460 grammes, qui en 1848 valait 12 francs tomba en 187-4 à 2 francs. L'engouement pour les matières colorantes tirées de la houille commence à diminuer maintenant qu'on a reconnu leurpeu de solidité; sans nul doute la Cochenille reprendra l'importance que lui assure ses qualités tinctoriales consacrées par le temps.

Usages. — Tout le monde connaît cette poudre impalpable d'une belle couleur rouge vif qu'on nomme carmin ; on l'extrait de la Cochenille par différents procédés qui sont

souvent des secrets de fabrication ; en voici un qui donne d'excellents résultats (1) : Deux livres de Cochenille pulvérisée sont mis dans 150 litres d'eau; on fait bouillir pendant deux heures ; on ajoute 1)0 grammes de salpêtre pur ; on fait bouillir 3 minutes, on ajoute 120 grammes de sel d'oseille, on laisse bouillir pendant 10 minutes; le liquide, éclairci par un repos d'un quart d'heure, est abandonné pendant trois semaines dans des vases plais; le carmin se dépose ; on le sépare, le lave et sèche à l'ombre.

Le carmin et les préparations dont il est la base sont employés en peinlure, dans la coloration des fleurs artificielles, des sirops, des pastilles, des eaux dentifrices et autres préparations qui sortent de l'officine des pharmaciens, dans la décoration des petits fours et des bonbons confectionnés par les confiseurs, dans la fabrication de l'encre rouge, dans l'impression des tissus et surtout dans la teinture pour obtenir sous l'influence de divers agents chimiques des tissus colorés magnifiquement en amarante, en rouge ponceau, en écarlate, en gris violet, en rose violacé, en mauve, etc.

Aujourd'hui le carmin joue un rôle important dans la technique microscopique pour colorer les préparations hislologiques, Gerlach ayant constaté (1858), qu'il choisissait pour se fixer certains éléments de préférence à d'aulres ; on emploie le carminate d'ammoniaque, c'est-à-dire une dissolution de carmin dans l'ammoniaque, soit le picrocarminate d'ammoniaque qui est une combinaison du liquide précédent et d'acide picrique imaginée par M. Ranvier.

D'après le Dr Larcher, la Cochenille broyée et administrée en potion serait très efficace contre la coqueluche et l'asthme.

Il convient de mentionner la Cochenille de la Manne (Coccusmanmparus). Signoret la range dans le genre Gossyparia. Le tégument d'un blanc cireux des Femelles est recouvert d'un duvet blanchâtre; les Mâles ne sont pas encore connus.

Celte Cochenille vit sur le Tamarisque a Manne, aux environs du mont Sinaï,et sa piqûre provoque l'excrétion de la sève sucrée qui se dessèche et qui tombe, ou qui, diluée par la pluie, reste appendue en larmes volumineuses et constitue une des espèces de Mannes employées dans le commerce.

(\) Wurtz, Dictionnaire de chimie, t. II, p. "18.

COCHLNILI.K POLONAISE.

LES DACTYLOPIUS — DACTYLOPIUS

Caractères. — Ces Coccides ont un anneau génital visible orné de six poils et de filières sécrétant une substance cireuse d'aspect cotonneux; leurs antennes comptent huit articles chez, la Femelle, six chez la Larve Femelle et chez la Larve Mâle ; les Larves portent quatre digitales.

LA COCHENILLE I)i:s SERRES.

AUOMVUM.

» /('/'! LOPWS

Caractères. — La Femelle oblonguc, d'un blanc un peu jaunâtre saupoudré d'une ma-

galions de tabac, mais elles nuisent souvent aux végétaux; Boisduval conseille comme remède efficace des badigeonnages d'alcool à :j'i degrés appliqués au pinceau.

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