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LA SCIARE FUNEBRE DU YEU MILITAIRE

Dans la Planche XXXIII intitulée : «Les Diptères» nous représentons, posée au bas d'un tronc de Chêne (n° 20), une Femelle de la belle espèce nommée Ct<nnphora atrata; nous en

figurons une seconde, voltigeant au-dessus d'une ombelle (n° 3). Nous donnons également le portrait (fig. 1729) du Ctenopbora à deux taches (CtenophQra bimaculata).

LES MYCÉTOPHIL1DES OU TIPULAIRES FONGICOLES — MYCE-

TOPHILW.E

Pihmûclien.

Cette famille des Mycetophilidse renferme des espèces petites, généralement d'une teinte jaune clair, dont les Larves nombreuses vivent dans des Champignons. Mais cette famille contient aussi une série d'espèces aux ailes foncées dont nous allons faire l'histoire.

LES SCI ARES — SCI ARA

Caractères. — Les Sciares ou Tipules funèbres {Sciara) doivent leur nom à la couleur sombre de leurs ailes. Leurs pattes n'ont pas une longueur aussi surprenante que celles des Mycétophilides en général; les antennes minces, ornées de poils fins, n'ont que seize articles ; les palpes n'en ont que trois dont le dernier est très élargi. On distingue nettement des yeux accessoires; les jambes, relativement courtes pour des Némocères, sont armées de deux courts éperons terminaux. Au repos, l'aile s'appuie horizontalement sur le dos ; la troisième nervure longitudinale se bifurque, et la seconde est reliée à la première par une petite nervure transversale.

LA SCI ARE FUNÈBRE ItV VER MILITAIRE.

— SCIARA M1UTARIS.

Heerwurm Trauermùche,

Caractères. — Ce Diptère est complètement noir, à l'exception des pattes dont la teinte varie du brun-jaune sale au brun-de-poix. (fig. 1723 et 1724) Surl'abdomen, d'un noirmat, les points de jonction des sept articles tranchent sous formes de lignes jaunes; mais après la mort cette teinte disparaît plus ou moins par suite de la dessiccation, etil en reste alors tout au plus quelques taches sur les parties latérales du corps. Chez la Femelle , l'abdomen se termine par une tarière saillante et pointue ; chez

le Mâle, il se termine par deux crochets épais formés de deux articles chacun, et deux petites pointes émergent de l'anneau ventral, entre les deux crochets (fig. 1725). L'écusson dorsal, ovoïde, très bombé, et d'un noir luisant, n'offre pas de suture transversale et ne porte que des poils noirs et courts. La Femelle, que nous figurons (fig. 1724), a des antennes plus courtes que le Mâle, parce que leurs articles ovoïdes sont plus serrés (fig. 1726) ; elle mesure de 4 à 4mm,5; le Mâle, plus grêle, n'a que 2n"a,6 à 3mm,5.

Mœurs, habitudes, régime. — Les Larves (fig. 1727) qui se présentent parfois en grandes masses jouissent d'une certaine notoriété, sous les noms de Vers processionnaires, Vers militaires {Heerwurm), Vers Dragons ( Wurmdrache), d'armée de Serpents [Heerschlange). Leur apparition est signalée d'abord en 1603, dans la Silésie, par Gaspard Schwenckfelt; en 1715 et 1754, dans la Norvège par Jonas Ramus et par Pontoppidanus ; les observations se renouvellent, de temps à autre, dans les grands-duchés de Saxe, en Thuringe, en Hanovre, en Norwège, et en Suède, soulevantle problème scientifique le plus intéressant dont on n'a obtenu la solution qu'en l'année 1868. C'est alors seulement que les recherches infatigables de l'inspecteur des forêts Beling lui dévoilèrent la cause des excursions de ces Larves. Il put aussi établir alors que l'espèce de Mycétophilide qu'il a rencontrée dans la résine est identique à celle que Nowicki avait observée dans le Copal et qu'il avait nommée Sciara militaris; elle n'appartient point, par conséquent, à la Sciara Thomœ, comme on l'admettait généralement depuis 1845, d'après les vues de Berthold.

Les Hommes qui ont cherché à éclaircir l'énigme de leurs migrations nous ont transmis des relations authentiques sur la façon dont le vulgaire envisageait ce phénomène, non seulement dans les temps anciens, mais encore tout

Brehh, Insectes

T. VIII. PI. XXXIV, p. !,Gi.

J.-B. Baillière cl Fil., édit.

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