‹ Merveilles de la natureChapitre 306 sur 412 · L'ÉRISTALE TENACE OU GLUANTE. — ERISTALIS TENAX · texte numérisé non relu

L'ÉRISTALE TENACE OU GLUANTE. — ERISTALIS TENAX

Schlamm /liège.

Caractères. — Si l'on n'y faisait attention, on croirait voir une Abeille, tant elle s'en rapproche par la taille, par l'aspect général et par le bourdonnement; lorsqu'on la saisit, toutefois, un simple coup d'œil suffit pour reconnaî-

LES HÉLOPHILES.

tre son caractère de Diptère à la présence de deux ailes seulement, dont la structure révèle une espèce du genre Eristalis. C'est une espèce dont les antennes portent sur le revers de leur article lenticulaire, presque circulaire, une soie nue.

Comme chez toutes les espèces du même genre, les yeux sont recouverts de poils noirs et fins, qu'on ne peut apercevoir qu'à l'aide d'une loupe. De petits poils bruns-jaunâtres recouvrent le thorax et la tête, à l'exception d'une bande d'un noir luisant qui traverse la face. L'abdomen, d'un brun foncé, est formé de cinq anneaux, dont les antérieurs portent des taches latérales plus ou moins nettes etdontles parties externes et surtout la face ventrale, un peu évasée, sont recouverts de poils. Les cuisses postérieures, un peu plus longues que les autres, ainsi que les jambes correspondantes qui sonl incurvées comme chez toutes les espèces du même genre, sont pourvues de petites soies sur leurs bords inférieurs et supérieurs.

Mœurs, habitudes, régime. — Celte Mouche

(lig. 1773, p. 596) se trouve au début du printemps, et compte parmi les derniers Insectes qui recherchent à l'arrière-saison les fleurettes épanouies çà et là; en octobre, même après quelques nuits de gelée, pendant les derniers beaux jours lorsque le soleil brille, on trouve encore quelques Mouches venant d'éclore.

D'où provient ce nom peu élégant d'Erislale tenace ou gluante, de Mouches des Vers à queue de Rat, qu'on assigne à cetlnsecte si propre et si passionné pou r les fleurs ? Il en est redevable à sa Larve. Celle-ci naît dans la vase, dans le fumier des étables, dans les éviers où s'accumulent les immondices, dans les latrines mal lavées, et autres endroits malpropres; on la désigne tantôt sous le nom de « Ver à queue de rat », tantôt de « petite Souris », sans avoir connaissance de sa Métamorphose éthérée. Une fois à maturité, cette Larve cylindrique, d'un gris sale, dont on distingue les intestins par transparence, mesure 15mm,5, et sa queue filiforme atteint 19mm,5dans toute sa longueur (fig. 1771). L'extrémité antérieure se rétracte en se plissant, et porte les deux crochets écailleux habituels; le ventre porte des rangées de piquants qui servent à la progression, notamment quand l'Insecte grimpe sur des endroits secs, à une faible hauteur le long de quelque paroi, pour y opérer sa nymphose. La queue qui est extensible et rétractile se termine par une pointe étroite et rougeâtre, que la Larve, plongée

dans un milieu liquide, porte à la surface pour respirer. Dans les endroits où l'on observe un grand nombre de ces Larves, on est sûr d'y trouver, un peu plus tard, des productions assez dures qui proviennent de ces Insectes : ce sont les Papes, qu'on nomme aussi les « petites Souris »; durcies et plissées en travers, elles cachent les véritables Nymphes ; elles présentent en avant une paire de petites cornes, qui semblent représenter les oreilles, et qui sont destinées à la respiration, leursurl'ace étant couverte d'orilices stigmatiques. Au bout de douze à quatorze jours, un opercule se détache

Fig. 1771. — Larve de l'Éristale gluante sortant de la fange pour se métamorphoser.

en même temps que ces cornes stigmatifères, et la Mouche apparaît. Les Eristales qu'on voit au débutdu printemps parmi les chatons de Saule paraissent être des Mouches tardives de l'année précédente qui ont passé l'hiver; elles pourraient être aussi des Insectes nouveau-nés qui vienDentd'éclore de leurs l'upes ; l'Insecte pourrait, en outre, passer l'hiver à l'état d OEuf.

LES HÉLOPHILES — HELOPHILIS

Caractère». — Ces Diptères diffèrent des Eristalis, par une cellule marginale ouverte, et principalement par des cuisses postérieures un peu plus épaisses mais sans dentelures. Les espèces telles que YHelophilus pendulus, YHelopkilus trivittatus (PI. XXXIII, n° 29), se distinguent par les raies jaunes de leur dos et par les taches etlesbandes jaunes deleurabdomen.

Mœurs, habitudes, ïésime. — Elles se prélassent à la même époque que les Eristales, en plein été, sur les fleurs des bois et des champs, et se comportent de la même manière. Les Vers étranges surnommés Vers à queue-de-rat ne produisent pas seulement les Diptères du genre précédent; ils donnent naissance aux Mouches du genre voisin Helophilus; mais ils vivent dans les eaux croupies renfermant des détritus végétaux.

LES CONOPIDES.

Fie. H

Fig. 1772. — La Volucelle transparente sur une branche de Troène en fleur, de grandeur naturelle.

Fig. 1773.

Fig. 1773. — L'Eristale gluante, de grandeur naturelle. Fig. 1774. — La Cérie conopsoïde, Mâle de grandeur naturelle.

Fig. 1772 à 177i. — Les Syrphides (Volucella, Eristalis, Ceria)

LES CERINES — VERINS

Stielhomfliegen.

LES CÉRIES — CERIA

Caractères. — Le genre Ceria se reconnaît: aux antennes qui sont plus longues que la tête, insérées sur un péliole et terminées par un style court; à la première cellule marginale postérieure, rétrécie au milieu et partagée en deux moitiés par un appendice émanant de la troisième nervure longitudinale. Indépendamment des yeux qui se louchent sur le vertex, les Mâles se distinguent des Femelles par leur abdomen complètement cylindrique; chez ces dernières l'abdomen s'élargit légèrement au milieu.

Mœurs, lialiitudes, réffime. — La Larve, qui

vit dans la vermoulure des vieux Ironcs d'arbres, est analogue à celle des Syr/ihus; elle offre, à la place de la queue des Eristales, un appendice stigmalifère rigide, assez court, et sa surface est rendue rugueuse par la présence de petites épines.

Page 1