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LA BHAULA AVEUGLE OU POU DES ABEILLES

Fig. 1825.

Fig. 1827 et 1828.

Fig. 1820.

Fig. 1825. — L'Hippobosque du Cheval, très grossi. Fig. 1826. — Le même au vol, très grossi.

Fig. 1827. — Melophage du Mouton, de grand, nat. Fig. 1828. — Le même, très grossi.

Fig. 1825 à 1828. — Les Hippoboscides (Hippobosca, Melophagus).

L'épistome, séparé du front par une crête foncée peu saillante, est marqué d'une ligne noire en son milieu et profondément échancré en bas. Le chaperon est écailleux et semilunaire ; un peu plus bas, se trouvent les palpes courts, en forme de crosses ; entre eux, s'avance la trompe, courte et membraneuse, constituée par la lèvre supérieure engainée dans les mâchoires. A la place où les autres Diptères offrent les yeux, se trouvent deux grandes fossettes dans lesquelles les antennes

Fig. 1829. — La Braula aveugle.

sont enfoncées jusqu'au niveau de leur troisième et dernier article qui est presque sphérique et qui porte une soie dorsale empennée. Les trois anneaux thoraciques se confondent en un panneau thoracique unique, court, à peine plus large que la tête en avant, un peu élargi en arrière, et ne présentant pas d'écusson distinct; à sa face inférieure, les hanches sont plus rapprochées que chez les autres Pupipares. Les pattes, de longueur à peu près égale, ne diffèrent guère les unes des autres ; leurs cuisses sont épaisses, leurs jambes un peu arquées et leurs tarses sont formés de

cinq articles, dont les quatre premiers sont transversaux; le cinquième est très élargi, et porte sur le bord antérieur environ une trentaine de dentelures piliformes rangées sous forme de peigne et qui peuvent se rentrer; ces organes sont là à la place des griffes; au devant d'eux, et par conséquent au côté externe du dernier article du tarse, se trouvent encore deux lobules membraneux, en forme de crosses, à pédicule étroit, et pourvus de poils glanduleux. L'abdomen, enfin, ovale et très bombé, donne à l'Insecte une largeur plus grande vers son milieu, et se compose de cinq anneaux. Le corps, long de lnlm,5, est dur et d'une couleur brun-rouge luisante, à l'exception des antennes qui sont d'un jaune-de-miel.

Distribution géographique. — On ne Connaît jusqu'à présent que cette seule espèce, qui apparaît dans toute l'Allemagne, dans la France et dans l'Italie, et qui ne semble pas avoir été observée encore en Russie, sice n'est dans les provinces Baltiques.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Insectes

vivent généralement isolés sur les Abeilles, tant sur les Ouvrières que sur les Faux-Bourdons; mais ils semblent rechercher de préférence les Reines qui en nourrissent parfois des masses considérables; celles-ci se trouvent vite assiégées par de nouveaux Parasites lorsqu'on les a débarrassées des anciens. Les Poux d'Abeilles choisissent pour place d'armes l'écusson, et passent parfois d'une Abeille à l'autre pendant leurs fréquents contacts à

LES NYCÏERIBIDES.

Fig. 1830. Fig. 1832. Fig. 1831.

Fig. 1830 et 1831. — Nycteribia, vu do dos et de profil, [ Fig. 1832. — Le môme, très grossi, grandeur naturelle.

Fig. 1830 à 1832. — Nycteribia.

l'intérieur des Ruches. Une fois fixés à leur victime, par leur trompe, ils restent à la même place des heures entières; éloignés de leur hôte, ils périssent au bout de quelques heures; seuls, les jeunes qui viennent d'éclore de leurs pupes jouissent d'une vitalité plus grande, car ils n'ont pas toujours l'occasion de grimper immédiatement sur une Abeille. La Femelle qui recèle, dans son double oviducte, quatre embryons seulement, laisse choir ses Larves à l'état de maturité après les avoir saturées du liquide nourricier de sa glande mammaire in-

terne ; ces Larves tombent habituellement sur le sol de la [Ruche; parfois cependant elles naissent en plein air et sont obligées d'attendre, à l'état d'Insectes parfaits, la proximité fortuite d'une Abeille. Au moment de sa naissance, la Larve est blanche et tendre: au bout de peu de temps elle devient foncée et dure, et lorsqu'on l'examine ensuite au microscope, on croirait avoir sous les yeux une Pupe en barillet formée de onze articles. Quatorze jours plus tard, environ, la mouche a parfait son évolution.

LES NYCTERIBIDES — NYCTERIBID/E

Fledermaus/lieyen.

Caractères. — Si les espèces que nous venons de citer rappellent un peu les Araignées par leur aspect, les Nyctéribides y font songer bien plus encore, en raison de la disparition de leurs ailes, de la longueur de leurs pattes, et de la grandeur de leurs griffes recourbées (fig. 1832 à 1830). Leur corps est aplati aussi

et écailleux ; leur tête, cupuliforme et très mobile, peut se rétracter dans une excavation profonde de la face supérieure du thorax. Les yeux sont punctiformes ou manquent totalement; les antennes, composées de deux articles et digitiformes, sont insérées sur la tête audessous du bord. La trompe filiforme se distin-

LES NYCTERIBIDES.

gue par des palpes très grands, un peu claviformes. Au-dessous et au-devant des articulations des pattes médianes on remarque au bord d'une excavation deux organes particuliers, d'apparence pectinée, dont la signification a reçu des interprétations diverses ; ils paraissent principalement destinés à protéger les stigmates aériens placés dans leur voisinage.

Mœurs, habitudes, régime. — Ces Parasites, qui ne mesurent généralement que 2mm,2S à 4mm,5, et dont la coloration est d'un jaune de cuir, comprennent des espèces va-

riées qui vivent sur les diverses Chauves-Souris. Lorsqu'on en met plusieurs dans une cage de verre aux parois de laquelle ces Insectes ne peuvent adhérer, ils cherchent à s'accrocher les uns aux autres et se trémoussent avec une telle vivacité qu'on croirait presque les voir voltiger en cercle. Ces Diptères aux allures extraordinaires faisaient partie jadis du grand groupe des Pupipares; car eux aussi mettent au monde des Larves ayant acquis toute leur taille et se transformant en Nymphe en venant au jour.

LES STREPSIPTERES ou RH1PIPTÈRES

ou STYLOPIDES — STREPS1PTERA ou RMPIPTERA

ou STYLOPID.E

Dreh-Flùgler

Ces Insectes ne sont connus que depuis une époque relativement récente : en effet, ce n'est qu'à la fin du dix-huitième siècle que Rossi lésa découverts ; ils ont été étudiés à maintes reprises, mais les savants n'ont pu encore s'accorder sur le rang à leur assigner; les uns, notamment les Anglais, veulent en faire une famille à part; les autres tels que Burmester, Newmann,

Fig. 1833.

Fig. 1834.

Fig. 1833. — Le Xenos de I Fig. 1834. — Le Xenos do Peckii, Mâle grossi. Rossi, Femelle grossie.

Fig. 1833 et 1834.

Les Strepsiptères ou Stylopides (Xenos).

auxquels s'est récemment rallié Lacordaire, les classent parmi les Coléoptères; d'autres enfin, comme Gerstàcker, estiment qu'on ne peut les placer que parmi les Névroptères, ou auprès d'eux, suivant Claus.

Les Strepsiptères n'ont été étudiés de près, pendant assez longtemps, qu'en Angleterre; depuis plus d'un quart de siècle de Siebold, en Allemagne, leur a accordé une attention

toute particulière; il a observé avec assiduité leur genre de vie, et a découvert plusieurs particularités qui avaient échappé jusque-là aux Naturalistes.

Caractères. — En étudiant ces singuliers Animaux d'après le Xenos Peckii mâle représenté ici (fig. 1833), nous serons frappés de la grosseur de deux yeux hémisphériques, implantés sur deux éminences, d'où leur nom de Stylopides, et des dimensions de leurs antennes généralement bifurquées et se composant de 4 à 6 articles. Un cou très étroit fait presque corps avec la tête qui est verticale; le mésothorax, qui porte les ailes antérieures atrophiées, souvent même recroquevillées après la mort, ce qui a déterminé Kirby à leur donner le nom de Strepsiptères, est le moins développé des trois anneaux thoraciques ; le dernier occupe les deux tiers de la longueur du corps; il recouvre la base de l'abdomen, à l'aide d'un prolongement conique séparé par une suture transversale du reste du mésothorax.

Les hanches antérieures et moyennes émergent sous la forme de cylindres verticaux libres et mobiles; les postérieures sont petites et paraissent enclavées. Les cuisses et les jambes sont courtes et aplaties; les tarses sont élargis et cordiformes à la partie antérieure; leur face plantaire est membraneuse et ne présente pas trace de griffes. Les ailes postérieures, très larges au niveau de leur base, sont soutenues par un petit nombre de nervures rayonnées qui leur donnent l'apparence d'un éventail, d'où le nom de Rfiipiptères qui leur a été

LES STREPSIPTERES OU RHIPIPTERES.

octroyé par Latreille. L'abdomen composé de ■4 articles se termine par des organes sexuels qui font saillie en forme de crochets, et au repos peuvent se rabattre en haut et en dedans. Comme chez certains Psychides, la Femelle a des caractères essentiellement opposés à ceux du Mâle, qui est ailé et très remuant. A l'état d'Insecte parfait, elle diffère peu de sa Larve, et demeure fixée sur l'Animal dont elle est le Parasite, attendant son époux. En raison de sa ressemblance avec sa Larve, l'histoire de son développement n'a pu être éclaircie pendant longtemps ; c'est Siebold qui prouva qu'elle n'acquérait jamais une forme plus parfaite. Le céphalothorax, plus étranglé à l'arrière chez certaines espèces que chez le Xenos Rossii, a l'aspect d'une écaille cornée et déprimée relativement au reste du corps, qui est cylindrique. Elle présente sur le bord antérieur de son céphalothorax un orifice buccal semi-lunaire qui se continue par l'intermédiaire d'un œsophage étroit avec un tube intestinal simple, dont l'extrémité close atteint presque la pointe abdominale. Immédiatement derrière cet orifice buccal, une fente transversale apparaît sur le céphalothorax ; les bords de cette fente, d'abord rapprochés, s'entre-bâillent ensuite en forme de demi-lune. Dans cette fente qui représente le pore génital, aboutit un long canal qui s'enfonce sous la peau presque jusqu'à l'extrémité du corps et dont la couleur d'un gris argenté tranche sur la teinte blanche de l'abdomen. Ce tube est relié à la cavité abdominale par trois à cinq canaux courts, recourbés en avant et dont l'orifice est libre. Ces canalicules sont représentés sur la figure par les quatre points clairs. De Siebold en fait un oviducle parce que plus tard il donne passage à la ponte.

Mu-urrt, habitudes, régime. — Ce sont les

Pupes mâles, ou les Femelles, vermiformes, dont la tête et le thorax émerge entre deux segments abdominaux de certains Hyménoptères, qui ont révélé la présence de ces Insectes. On a trouvé ces Parasites spécialement chez les Andrena, flaliclus, Vespa, Odynerus, Polistes, Sp/iex et Pelopœus; une Guêpe ne contient généralement qu'un ou deux Parasites, quelquefois plus. Au bout de huit à dix jours, la Larve mâle prête à subir sa Nymphose émerge en partie de l'abdomen de la Guêpe habitée. Son céphalothorax, devenu écailleux et noir, qu'elle soulève, semble être un opercule. La coque vide, qui a conservé la consistance mem-

braneuse et faible de la Larve, demeure cachée dans l'intérieur de l'Animal-habitat, formant un hiatus entre deux de ses anneaux abdominaux.

Le Mâle nouveau-né fait ainsi son apparition. Il n'a que peu d'heures à vivre, et il les emploie à la procréation de l'espèce. Pendant sa courte existence, il se montre très agité : il voltige ou rampe en tous sens; même lorsqu'il rampe, ses ailes antérieures (fig. 1803, a)atrophiées sont sans cesse en mouvement, ainsi que ses ailes postérieures, dont la surface, très grande, est plissée longitudinalement. Pendant le vol, le corps se maintient vertical, la pointe recourbée en haut : on dirait un point d'interrogation renversé. Lorsque l'Insecte rampe, il maintient son extrémité caudale relevée comme le font souvent les Staphylinides; il progresse rapidement à l'aide de ses quatre pattes antérieures ; les deux postérieures, qui servent plutôt à élayer l'abdomen, sont traînées en arrière.

Le développement des OEufs, qui se trouvent disséminés dans le corps entier se fait très lentement; il a lieu dans le corps même de la mère. Les Larves qui en résultent ont un corps allongé, pourvu de six pattes sans griffes; elles sont armées de deux soies caudales et de pièces buccales très imparfaites. Ces Larves, sorties de l'oviducte, se promènent sur le corps qui les contenait d'abord; lorsqu'on les découvrit sur le corps de leur mère, on les prit tout d'abord pour des Parasites de ce Parasite même. Des observations ultérieures ont fait voir qu'elles se comportent absolument comme les Larves de Méloë pendant leur première phase : elles se font transporter dans le Nid des Hyménoptères, dont elles perforent chacune une Larve pour s'y installer. La Larve de Strepsiptère y mue au bout d'une huitaine de jours environ, y prend un aspect vermiforme, et acquiert un orifice buccal très net, pourvu de deux mâchoires atrophiées; elle possède alors un intestin en caecum, qui ne porte pas trace d'anus ; elle se trouve enfin constituée par une dizaine d'anneaux, dont le premier, qui est en même temps le plus grand, forme le céphalothorax.

Chez la Larve mâle, terminée par une pointe caudale, le céphalothorax présente une forme bombée ou conique; chez la Femelle, il est aplati, et l'extrémité du corps est mousse. En même temps que la différence entre les sexes s'accentue par les caractères extérieurs, les organes génitaux internes continuent à se

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