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LE POU DE TÈTE. — PEDICULUS CJP1TIS

Kopflaus.

Caractères. — Leur corps est d'un jaune grisâtre ; les segments abdominaux ont les bords plus foncés ; le thorax est presque carré. Le Mâle, plus petit et plus grêle (fig. 1846), offre une tête plus distincte ; on le reconnaît aisément a ses organes sexuels qui font saillie en forme de dard et dont la disposition indique que le Mâle est placé sous la Femelle pendant l'accouplement. Celle-ci (fig. 1847) pond envi-

Fig. 1854. — Les Lentes ou Œufs du Pou de tète.

ron une cinquantaine d'OEufs (fig. 1834), d'où éclosent autant de Poux qui au bout de quatre semaines deviennent aptes à la perpétuation de l'espèce.

Mœurs, habitudes, régime. — LesPouxde tète grouillent uniquement sur la tête ; on les rencontre surtout sur les enfants malpropres elles vieillards.

LE POU DU COIVPS. — PEDICULUS VEST1MEISTI.

Klciderlaus .

Caractères. — Le Pou des vêtements constitue une deuxième espèce jaunâtre ou blanc sale, dont les anneaux abdominaux n'ont pas une teinte brune au niveau de leurs bords postérieurs; le thorax est distinct de l'abdomen, les pattes sont plus minces (fig. 1848).

Mœurs, habitudes, régime. — Elle vit SUT

le corps de l'Homme, principalement sur le dos et sur la poitrine, et .se dissimule dans ses vêtements; c'est elle, surtout, qui martyrise les

soldats, en campagne ou dans les casernes. L'apparence grêle de cet Insecte tient, non seulement à l'étroitesse de son corps, mais encore au rétrécissement en forme de col que présente la partie postérieure de sa tête, ainsi qu'aux étranglements desjointures.

Le Pou désigné sous le nom de Pediculvs tabeseentium n'a dû être observé par personne, et si l'on s'en rapporte aux auteurs les plus compétents (Piaget Giebel), il n'est autre que le P. veslimenti.

Les Femelles pondent leurs ÛEufs parmi les coutures des vêtements de dessous; aussi cette vermine intolérable se rencontre-t-elle surtout chez les gens qui ne changent pas de linge aussi souvent que la propreté l'exige.

La Phthiriase ou maladie pédiculaire a été souvent observée (1), l'histoire nous a transmis des relations de cette maladie qui a fait périr tant de rois et d'hommes illustres : Hérode, du corps duquel on voyait sortir les Poux, comme une source qui sort de terre; Antiochus, le dictateur Sylla, le philosophe Pherecyde, Agrippa, Valère Maxime, le cardinal Duprat, Philippe II, roi d'Espagne, Foucquau, évoque de Noyon, qui en possédait un si grand nombre qu'on fut obligé de le coudre dans un sac de cuir avant de l'enterrer, etc.

Diodore de Sicile affirme que les mangeurs de Sauterelles, en Afrique, meurent généralement de cette maladie ; d'après lui, cet Insecte, qui émane du bas-ventre et de la poitrine et qui détermine au début des démangeaisons analogues à celles de la gale, serait une sorte de « Pou ailé ». Cette maladie n'ayant fait aucune apparition nouvelle depuis l'origine de la science, il est probable que ce prétendu Pou demeurera enseveli dans l'ombre ainsi que tous les effets qu'on lui attribue.

Moufet transmet, au sujet de la Phthiriase, les récits les plus effrayants et les renseignements les plus surprenants.

Amatus Lusitanus, médecin portugais du xvi" siècle, raconte naïvement que, les Poux se produisaient si vite et en telle abondance sur un riche seigneur atteint de cette maladie, que deux domestiques étaient exclusivement occupés à porter à la mer des corbeilles remplies de la vermine qui sortait du corps de leur maître.

(I) Voy. Jules Sichel, Historiés Phthiriasis interna verce fragmentent. Beriin, 1825. — Fox, Iconographie photographique des maladies de la peau. Paris, 1882, planches 40 et 47.

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