LE POU DU PUBIS
lig. 1855.
Fit;. 1855. — Le petit Pou du Chien.
Fig. 1856. — Le Pou du Cochon.
Fig. 1855 à 1S5S.
Fig. 1867. Fij;. 1858.
I Fig. 1857. — Le Pou Ténuirostro.
Fig. 1858. — Le grand Pou du Bœuf.
Les Pédiculides {Hœmatopinus).
Uuand le missionnaire Hue étant à Lhassa dans une réunion des plus hauts fonctionnaires demanda un Pou qu'il désirait placer sous le microscope, un des assistants, nous dit-il, mit la main sous le hras et produisit l'animal désiré (1), voilà pour les barbares. S'il s'agit de la civilisation, je rappellerai, ditHouzeau (2), un trait de mœurs cité par T\viss(3). Il y avait à Lisbonne dans le siècle dernier des hommes qui faisaient métier de tenir des Babouins pour débarrasser de la vermine. Ils les louaient à tant par tête à nettoyer. Le Singe montait sur les épaules du patient et lui prenait les Poux dans les cheveux.
Mojensde se débarrasser des Poux. — Il est inutile d'insister sur l'absurde préjugé qui veut faire considérer la présence des Poux comme le signe d'une parfaite santé et obligeant aies respecter. Il faut au contraire détruire immédiatement ces Insectes incommodes et immondes. L'huile suffit souvent à les tuer en obstruant leur système trachéen; l'onguent mercuriel ( frictions suivies au bout de vingtquatre heures d'un bain simple), la petite centaurée ou la staphysaigre, l'essence de térébenthine, l'infusion de tabac ont été également employés avec succès contre ces Parasites. Les bains sulfureux, mercuriels et alcalins ont été souvent et heureusement employés.
Tout le monde a vu les Singes se livrer, de
(1) Hue, Souvenir d'un voyage dans le Thibet, t. II, Cli a p. ni.
(2) Houzeau, p. 257.
(3) Twis, An Account of Portugal.
mille façons grotesques, à la recherche de leurs Parasites ; ils sont en effet dévorés de Poux que P. Gervais a découverts et rapportés à un genre particulier. Le Pedicinus enrygaster est représenté figure 1849.
LES PHTHIRES — PHTHIMUS
LE POU DU PUBIS. — PUTlimiUS IXGUIISAL1S
Fihlaus.
Caractères. — Le thorax, court et large, est concave et sinueux en avant ; l'abdomen, aussi large à la base que le thorax, est court, ramassé. Les Phthirius diffèrent essentiellement des Pediculus par la présence d'un article unique aux tarses des pattes antérieures. Cet Insecte mesure lmm,12 en longueur et presque autant en largeur, est d'une teinte blanchâtre. Son thorax est à peine distinct de l'abdomen presque carré dont les échancrures présentent des saillies constituées par des cônes charnus munis de soies (fig. 1850 et 1851).
Mœurs, habitudes, régime. — Cet être repoussant s'applique sur le corps, les pattes étendues; il enfonce sa tête profondément dans la peau et détermine une sensation de morsure très vive; il vit sur toutes les régions velues du corps, à l'exception delà tête.
Il n'est pas de médecin qui n'ait eu mainte fois l'occasion d'observer ces Pédiculides, mais la plupart, faisant fi des sciences naturelles, ne les ont vus que d'un œil dédaigneux ; mal leur en a pris, car ils ont été la dupe d'une erreur vraiment extraordinaire; c'est ainsi que jusqu'à ces dernières années
LES APHANIPTÈRES OU SYPHONAPTERES.
les plus grands médecins, doctes entre les doctes, les Littré, les Trousseau, les Gubler, les Behier (1880), et les Hardy et cent autres, ont professé que l'apparition dans différentes régions du corps de taches bleues de forme et d'apparence particulière était une des manifestations de la fièvre typhoïde; certains d'entre eux ajoutaient même que cette apparition coïncidait avec l'altération caractérisa que et spéciale des plaques de Peyer (1). Les taches bleues se montraient également dans la fièvre synoque (Tardieu) et à la fois dans la fièvre typhoïde, et la fièvre synoque (Laveran etTeissier, 1878, 80, 81); il est juste de reconnaître que quelques médecins (Grisolle, Lasègue, etc.) les ayant vues apparaître dans des maladies les plus diverses ne leur attribuèrent qu'une médiocre importance ; mais tous, avec un remarquable ensemble, ne soupçonnaient pas l'origine de ces singulières taches bleues. Ce fut un événement lorsqu'un médecin de la Marine, M. Moursou, frappé d'une remarque qu'avaient faite en 1868 les élèves de l'École de médecine navale de Toulon surla coïncidencede l'existence des taches avec la présence des Pédiculus, vint déclarer (1878) que : chaque fois qu'il y a des taches bleues, il y a des Pédiculus ou de leurs OEufs, et il citait à l'appui de son dire 250 observations faites sur des malades et des individus bien portants. Enfin, en 1882, M. Duguet, puis son élève M. Mallet, reproduisirent expérimentalement par inocula-
tion les taches bleues. 0 Molière, que n'es-tu encore au milieu de nousl De combien de mordantes saillies, d'épigrammes acerbes, tu aurais criblé les médecins de notre temps; c'est en pensant à toi que nous rirons de bon cœur de leur méprise savante.
Mojens île destruction. — On se débarrasse des Poux du pubis à l'aide de frictions mercurielles ; on obtient le même résultat en se servant des huiles minérales d'alcool ou d'eau de Cologne très forte sans altérer en rien la peau.
LES HÉMATOP1NES — HAMATOP1NUS
Caractères. — Chez les nombreuses espèces du genre Hxmalopïnus, le thorax se distingue nettement de l'abdomen elliptique ou arrondi.
Mœurs, habitudes, régime. — Le genre Hx-
matopinus caractérisé par les relations que nous avons signalées entre le thorax et l'abdomen renferme un grand nombre d'espèces et fournit largement aux Animaux domestiques leur part de Poux. A côté de ses Parasites pilivores, le Chien héberge le petit Pou du Chien [Hxmatopinus piliferus) (fig. 1855); la Chèvre, VHxmalopinus stenopsis; le Porc, YHxmatopinus sim seu ùrius(fi%. 1856); le Cheval ou l'Ane, YHxmatupinus macrocephalus. Le Bœuf en nourrit deux, dont le plus grand est le Pou-à-tête-pointue {Hœmatopinus tenuirustris) (fig. 1857) et dont le plus petit est le Pou à thorax large {Hœmatopinus eurysternus) (fig. 1858).
LES APHANIPTÈRES ou SYPHONAPTERES ou PUL1CIDES
Sous ces noms divers on a réuni les Puces et tous les Insectes qui leur sont apparentés; mais des Naturalistes ont émis les opinions les plus diverses sur les affinités de ces êtres. Haliday les a parfaitement résumées. Quatre opinions principales partagent les Naturalistes : les uns, à l'exemple de Fabricino, rapprochent les Pulicides des Hémiptères; quelques-uns les rattachent aux Hyménoptères, et Dugès est du nombre; ceux-ci les rapprochent des Diptères; ceux-là les rangent dans un ordre spécial, celui des Syphonaplères Lat. ou des Aphaniptères Kirby.
« Le seul fait, dit M. luinckel (1), que les
(1) Jules Kûnckel, Observations sur les Puces. Ann. Soc. ent. de France, 1873.
Pulicides ont des Métamorphoses complètes et filent une coque, les éloigne irrévocablement des Hémiptères ; les affinités avec les Diptères sont au contraire des plus naturelles ; les Larves ont une ressemblance étroite avec les Tipulaires fongivores, les Mycétophilidcs; les dispositions générales du système nerveux et du système respiratoire sont les mêmes, la chaîne nerveuse a un ganglion pour chacun des anneaux et un seul connectif ; le système respiratoire s'ouvre à la périphérie par une série de stigmates rangés sur les côtés du corps; les Larves de Puces comme les Larves des Ceroplatus, des Sciara, ont la faculté de se tisser un Cocon. La connaissance de l'organisation des Larves de Puces nous amène à conclure en faveur de l'opinion de Oken, de Straus-