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VISIBLE POUR QUELQUES JOURS

C'EST INCROYABLE, ET CEPENDANT C'EST VRAI! IL faut le voir pour le croire.

Véritable chef-d'œuvre de patience qui a coûté des années de travaux, d'études à M. Charles dk WAGNER pour arriver à atteler les puces, l'insecte le plus insaisissable, avec un soin prodigieux. Elles sont attelées comme des chevaux, traînent des voitures, locomotives, canons, jusqu'aux chemins de fer, etc.

Toutes les principales villes de l'Europe et à Paris ont vu cela avec beaucoup d'intérêt ; j'espère qu'il en sera de même dans cette ville,

ENTRÉE^ 25 centimes,

Visible de 10 heures du matin à 10 tares du soir.

Sur la Place , au Cnamp ae Foire.

NOTA.. Repas çles Insectes Lilliputiens à U heures du matin et 6 heures du soir.

potra ces séances extraordinaires le prix d'entrée est fixé a t fr.

P. S. On achète les puces à, 1 fr. la douzaine, mais pas le3 puces d'animaux.

Charles db WAGNER.

Directeur et Dompteur des Puces.

, Rochslle. — Imp.'E. ALEXANDRE, près la Mairie

Fig. 1870. — Programme d'un montreur de Puces savantes (fac-similé).

un hôpital, ou plutôt une pension, et là des dévots se dévouent avec un zèle religieux à leur servir de pâture et à se laisser sucer sans opposition.

Un grand nombre d'autres Puces hanlent les Chiens, les Chats, les Souris, les Hérissons, les Taupes, et en général presque tous les Mammifères ; elles n'ont pas été encore toutes déterminées et classées méthodiquement.

Brehm. — VIII.

LES RHYNCHOPRIONINES OU SAR- COPSYLLINES

Sandflôhe.

Caractères. — Cette tribu a été séparée de la précédente, en raison des formes différentes des organes respiratoires, des mâchoires et des palpes de la lèvre inférieure fendue en deux.

Insectes. — 174

LA PUCE PENETRANTE OU CHIQUE

LES RHYNCH0PR10N — RHYNCHO- PRION

Caractères. — Ce genre est, sans parler d'autres particularités, caractérisé nettement par son front anguleux qui porte une série de petites pointes simulant des dents de scie, d'où son nom.

LA PUCIÎ PÉXÉTuAINTE OU CHIQUE. — RHYNCUO- PRION PEiSETRANS.

Gichao. — Sandfloh.

Caractères. — Indépendamment du contenu foncé de l'intestin qu'on aperçoit par transparence, la couleur de son corps est jaunâtre ; elle devient d'un blanc presque pur lorsque l'Insecte se trouve implanté dans la peau. Au début, les deux sexes ont à peu près la même taille, et mesurent lmm en moyenne, c'est-à-dire la moitié de la longueur de notre Puce commune ; la Puce pénétrante peut sauter, mais ses bonds sont moins élevés et moins allongés que ceux de nos Puces ; elles présentent d'ailleurs à peu près le même aspect (fig. 1871). Pour ceux qui veulent étudier cette Puce dans tous ses détails de structure et qui s'intéressent aux relations souvent contradictoires dont elle a été l'objet, nous indiquerons les travaux de Karsten (1), de G. Bonnet (2), deGuyon (3).

Distribution géographique. — Cette espèce redoutable paraît s'étendre, en Amérique, du vingt-neuvième degré de latitude sud au trentième degré de latitude nord.

Mœurs, habitudes, régime. — On rencontre cette Puce qui, dans certaines circonstances, peut être très dangereuse pour l'Homme au voisinage des habitations humaines ou des demeures abandonnées, où elle trouve la sécheresse et la chaleur qui lui conviennent. Les Femelles fécondées, seules, pénètrent à travers la peau des Animaux à sang chaud et des Hommes qu'elles attaquent de préférence en dessous des ongles des orteils ou sur d'autres parties du pied ; les Mâles et les Femelles non fécondées se contentent de se

(1) Karsten, Beitrag iur Kenntnisi des Rhyncopi-ion panetions, Moscou, 1864.

il) Bonnet, Mémoire sur la Puce pénétrante ou Claque. Paris, 1876, avec pi.

S) Guyon, Histoire naturelle et médicale de la Chique. Paris, 1810.

gorger de sang, ainsi que font les autres Puces.

Tant que la Femelle fécondée demeure implantée, sans être troublée, dans une peau non irritée par la pression ou par le frottement, son abdomen se gonûe et atteint le diamètre d'un petit pois, c'est-à-dire près de 5mm (fig. 1872); elle reste en cet état pendant un temps assez long et ne produit d'autre inconvénient notable qu'une démangeaison et une rubéfaction légères et locales. Mais en frottant et en grattant la place, on détermine une inflammation très vive ; et si l'on néglige le traitement, on voit se produire les effets fâcheux que relatent presque tous les auteurs ; ils sont dus spécialement à ce fait qu'une seconde, puis une troisième Femelle viennent s'implanter à cette même place qui leur semble particulièrement appropriée à leurs besoins. Des suppurations de nature maligne et la gangrène qui survient nécessitent l'ablation de l'orteil ; et dans quelques cas isolés elles ont eu pour conséquence la mort.

Le gonflement de la Femelle qui est nichée dans la peau s'accroît très rapidement ; elle a commencé, toutefois, par s'y enfouir tout entière jusqu'à l'extrémité anale qui ferme sa retraite à l'extérieur. Les ovisacs très nombreux qui se trouvent dans les conduits cylindriques de l'oviducte simplement bifurqué s'y développent successivement de telle sorte que l'Œuf le plus mûr est toujours le plus rapproché de l'orifice d'issue et se trouve expulsé par la pression des autres OEufs en train de croître derrière lui. La mère demeure dans sa retraite sans présenter aucun changement, si rien ne la trouble, jusqu'à ce que tous les OEufs soient sortis ; ceux-ci, par conséquent, se trouvent rejelés au dehors, et n'arrivent pas dans le corps de l'Animal qui sert d'habitat à la mère ; cela tient à l'orientation de la Femelle, quiconserve la situation que nous avons dôcrile dans la retraite qu'elle habite. Après celte ponte, la mère périt, ainsi qu'on devait s'y attendre, et son cadavre est expulsé par la guérison de la plaie. Le développement consécutif et la Nymphose de la Larve ne sauraient différer essentiellement de l'évolution propre à nos Puces.

Moyen de destruction. — On ne conseille, en aucun cas, de livrer patiemment sa peau à la Femelle en train de pondre qui y établit sa résidence ; il faudrait une force de volonté peu commune pour s'abstenir de gratter l'endroit qui démange ; en outre, une pression extérieure pourrait, comme nous l'avons vu, envenimer

LA PUCE PÉNÉTRANTE OU CHIQUE

Fig. 1871. — Femelle libre, c'est-a-dire non fixée, très | Fig. 1S72. — Femelle fixée, c'est-à-dire retirée de la peau, grossie. I très grossie.

Fig. ISÏ1 et 187?. — La Chique ou Puce pénétrante [RhynchoprUm penelvans), d'après Karsten.

la blessure et nul ne sait d'avance quelle résistance son corps peut opposer à des plaies de ce genre. •

Aussi est-il indispensable, pour les habitants de ces contrées, de s'astreindre aux précautions inspirées par l'expérience.

« Les accidents, dit G. Bonnet (1), qui peuvent survenir à la suite d'un séjour plus ou moins prolongé du Parasite sous la peau, imposent comme premier et unique moyen thérapeutique son extraction, dès qu'on a reconnu le lieu où il siège. Cette extraction est toujours une opération fort simple : elle s'appelle éc/iiquage. Presque partout, elle est du domaine des Négresses et des Mulâtresses auxquelles s'adressent, dit M. Brassac, même les médecins qui sont atteints de Chique. Chez les Indiens Galibis, ce sont les Femmes qui sont chargées du soin d'échiquer toute la famille. » On raconte même que chez les Galibis de la Guyane, la lèvre inférieure est perforée de façon à y maintenir constamment une épingle qui sert aux femmes à enlever les Chiques.

« Goudot rapporte qu'au Brésil les jeunes enfants sont préférés pour celte opération, parce que ayant des yeux perçants ils peuvent mieux apercevoir la Puce et l'extraire. Au Brésil, à la Guyane française, aux Antilles, les échiqueurs sont de fort beaux Nègres et le plus souvent encore de vieilles Négresses.

(I) Bonnet, loccit.

« Lorsqu'on a de bons yeux et un peu d'adresse, il vaut mieux, dans la généralité des cas, s'extraire soi-même les Chiques : on est prévenu plus à temps par la douleur qu'on pénètre trop profondément dans le derme.

« Le mode d'échiquage diffère suivant que le Parasite est seul ou en nombreuse compagnie, et surtout suivant la période de l'incubation.

«Si le Pulex pénétrons est seul, vaut-il mieux l'extraire immédiatement ou attendre un jour ou deux? LesCréoles,ditBonnet, préfèrent conserver le Parasite vingt-quatre à trente-six heures, parce que, disent-ils, l'abdomen étant modérémentdistendu, il y a moins d'adhérence et moins de difficulté pour le détacher (je ne parle pas ici de ceux qui gardent la Chique par plaisir). »

Il n'est pas indiqué de poursuivre la Puce surprise en train de s'enfouir, parce qu'à l'aide de ses pièces buccales elle manœuvre en toute hâte pour atteindre une place meilleure, et pénètre ainsi plus avant ; on la déchire alors plus facilement, et on ne l'extrait que par lambeaux, ce qui peut envenimer la plaie. Il vaut mieux la laisser s'installer, et la retirer de la plaie avec précaution lorsqu'elle a commencé à s'enfler ; quant à nous, nous croyons qu'il vaut mieux l'extraire dès qu'on l'a reconnue, au moment de la pénétration, si c'est possible : car à cet instant il y a moins à craindre de diviser l'Insecte, vu l'homogé-

LA PUCE PÉNÉTRANTE OU CHIQUE

néité de son corps et sa plus grande résistance.

Si le sac est déjà formé, et entouré de sérosité ou de pus, il surfit, quand on a reconnu le lieu précis où loge l'Insecte, de circonscrire le sac par une incision et, une fois la portion d'épiderme correspondante détachée, on voit le sac nageant dans le pus, il n'adhère plus que par la tête et les pattes : on saisit alors avec des pinces la portion d'épiderme qui est collée au sac; par des tractions ménagées et dirigées dans tous les sens, on force l'extrémité céphalique à lâcher prise, et l'on retire l'animal intact, mais il faut prendre garde de lacérer son abdomen gonflé dont les parois sont alors amincies, car une portion de son corps qui demeurerait au fond de la blessure aurait dans tous les cas des conséquences fâcheuses ; les Œufs et le liquide se répandant dans la plaie pourraient l'irriter et même l'enflammer ; l'influence néfaste que produiraient des Larves qui viendraient à éclore dans cette plaie, comme on l'a signalé maintes fois, ressort suffisamment de leur mode d'évolution, et ensuite parce qu'il est plus aisé de retirer le sac entier que s'il est vide. Dans le cas où malgré toutes précautions cet accident surviendrait, il faudrait à l'aide de pinces fines ou d'une petite curette enlever le plus de débris possible, bien sécher laplaie et cautériser avec le nitrate d'argent.

Mais il vaut mieux encore prévenir le mal que le bien soigner quand il est venu. Dès que l'Homme est en proie aux atteintes du Parasite

et surtout lorsqu'il en a reconnu les suites funestes, il a dû chercher à s'en garantir. C'est dans ce but que, d'après G. Bonnet, les Indiens américains s'enduisent le corps de teintures acres à odeur forte : les uns emploient une infusion de feuilles de Tabac, d'autres la teinture de Rocou. Les Nègres sauvages du Haut-Maroni, les Caraïbes se servent d'huile de Carapa. Mais ces moyens ne peuvent convenir qu'à des Indiens, vivant pour ainsi dire à l'état sauvage dans les forêts vierges de l'Amérique : jamais ils ne seront acceptés, et surtout mis en pratique par l'Européen et le Créole, qui les regarderont comme pires que le mal. Il est donc indispensable de trouver d'autres moyens prophylactiques, plus en harmonie avec la délicatesse de leurs instincts et de leurs mœurs : c'est l'emploi de vêtements et de chaussures convenables, l'habitude découcher dans des hamacs suspendus, l'observance des règles d'une minutieuse propreté soit pour les individus, soit pour les habitations, la visite fréquente des parties qui peuvent être attaquées, des pieds surtout.

Lorsque les récits des souffrances et des accidents que causent ces terribles Puces américaines nous parviennent, nous prenons en patience les tourments que nos Puces d'Europe nous imposent et nous ne songeons plus à murmurer; ce sont des bestioles fort importunes, j'en conviens, mais leurs coups de lancette n'ont jamais de suites dangereuses.

Fig. 187G. Fig,

Fig. 1873. — Extrémité antérieure d'un Scolopendre

(Chilopode) (*).

Fig. 1874 à 1877. —Pièces buccales d'un Scolopendre

(Chilopode).

Fig. 1874. — Mandibule, très grossie.

Fig. 1875. — Mâchoires et lèvre inférieure fusionnées. >n,

mâchoire ; /, lèvre inférieure, très grossies.

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