LE GÉOPHILIDE A LONGUES ANTENNES
LES EUCORYBAS — EUCORYBAS
Caractères. — Les trois derniers articles des pattes postérieures sont élargis et forment des appendices falciformes.
LA SCOLOPENDRE CREPITANTE. — EUCORYBAS CliOTJLUS-
Caractères. — Son corps, d'une teinte rouillée, mesure 9cm de long, et porte sur le dos sept carènes longitudinales.
Distribution géographique. — Ce My-
riopode est un habitant de Port - Natal.
Mœurs, habitudes, régime. — Cette Scolopendre offre un intérêt spécial, car elle trotte ses appendices les uns contre les autres en produisant, dit-on, un bruit de crécelle.
Il existe aussi des espèces pourvues de 32 paires de pattes, qui possèdent quatre yeux de part et d'autre, comme la Scolopendre de Babia (Scolopend?'opsis Bahiensh) ; d'autres qui ne présentent aucun œil, comme la Scolopendre rouge {Scolopocryptos ru fa) d'Afrique. Il y a même des espèces munies de trente paires de pattes [Newportia).
LES GÉOPHILIDES — GEOPHILIDE
Erdasseln.
Caractères. — Ces Myriopodes sont très longs, très étroits, presque linéaires, formés de 40 à 75 anneaux munis de pattes courtes, à tarses d'un seul article ; les yeux n'existent pas à la face dorsale, cbaque anneau semble formé de deux pièces inégales, tandis que chaque écaille ventrale demeure simple. Tantôt les deux dernières pattes sont terminées par des griffes, tantôt elles prennent davantage le caractère de palpes et ne portent aucune griffe.
Distribution géographique. — Sauf peutêtre dans l'Afrique centrale et à Madagascar, on trouve des Géophilides en tous lieux ; c'est surtout en Europe qu'il sont nombreux.
llœurs, habitudes, régime. — Ces Myrio-
podes se réfugient sous les écorces, dans la mousse et dans la terre. Certaines espèces émettent dans l'obscurité des lueurs phosphorescentes; d'autres, comme par exemple le Geophilus Gabrielis qui possède plus de 160 paires de pattes, sécrètent par des glandes ponctiformes s'ouvrant à la région ventrale un liquide rougepourpre abondant.
LES GÉOPH1LES — GEOPHILUS
Caractères. — Leur tête petite porte des mâchoires peu développées ; le crochet à venin des pattes-mâchoires est court.
LE GÉOPHILE A LONGUES ANTENNES. — GEOPHI- LUS LONGICOItNIS-
Langfùhlerige Erdassel.
Caractères. — Ce Chilopode (fig. 1903) que Linnée et son école désignaient sous le nom
de Scolopendre électrique (Scolopendra elec- Irica), compte parmi les espèces les plus communes ; il se reconnaît surtout au développement de ses pattes-mâchoires, et au nombre de ses anneaux; à la longueur des antennes qui, revêtues de poils fins, sont quatre ou cinq fois plus longues que la tête; leurs articles, beaucoup plus longs que larges, ne sont pas disposés en chapelet, et les trois ou quatre derniers seuls sont plus étroits que les précédents. La tête est de forme ovoïde. La coloration de son corps est jaune avec la tête, les mandibules et la lèvre d'un ferrugineux foncé.
Distribution géographique. — Ce Çiéopllile
est répandu en France et dans toute l'Europe.
Blceurs, habitudes, régime. L'Animal, long
de 7cm,8, présente environ 55 paires de pattes. On le rencontre sur les racines et les tubercules de diverses plantes, telles que les Pommes de terre, les Panais, les Carottes; d'après les observations de Kirby, ces Animaux, en grandes masses, font mourir ces légumes en forant de toutes parts des galeries dans leurs racines charnues. L'espèce en question est aidée dans cette œuvre de dévastation par un Polydesme (Polyde&rnus complanalus) et par toutes sortes de vermines qui minent la plante avec ardeur et provoquent par leur déjection sa rapide putréfaction. Notre Myriopode sort aussi de sa cachette, comme les Vers de terre, alors que toute créature souffre depuis longtemps du besoin d'humidité. Il arrive parfois, en pareil cas, que sous l'empire d'une faim depuis longtemps inassouvie cette bête s'attaque à un Ver
LES CHILOGNATHES OU DIPLUPOliLS.
Fig. 1003. — Le Ocopliile longiconie terrassant an Ver do terre.
de- terre, au moins dix fois plus gros qu'elle (fig. 1903); malgré ses tortillements et ses convulsions, elle finit par l'enlacer, comme un Serpent enserre sa victime; mais elle ne l'écrase pas, comme fait ce dernier; elle le tenaille, le mord, lui injecte sa bave, l'épuisé
enfin, et finit par le tuer à l'aide de son venin. Nous signalerons encore le Geophilus Gabrielis, le plus grand et le plus grêle de nos Myriopodes, indigènes qui mesure en moyenne 12 à 18 centimètres de longueur, 0mm,003o de largeur: on a lui compté 163 paires de patte-.
LES CHILOGNATHES ou DIPLOPODES CH1LOGNATHA seu DIPLOPODA
Zweipaarfûszler. — Tausendfuszler. — Schnurasseln.
Caractères. — Au point de vue extérieur, les Chilognatb.es diffèrent essentiellement des Chilopodes par leur tête verticale, et par leur corps cylindro-conique ou subcylindrique, dont les anneaux plus ou moins nombreux présentent chacun deux paires de pattes à partir du cinquième ou du sixième anneau. La tète, relativement grande, est divisée en une partie supérieure et antérieure à bord libre, le vertex, et en deux parties inférieures, les joues, reliées à la partie précédente par une articulation assez mobile. Les antennes, généralement formées de 7 articles et un peu épaissies vers l'extrémité, s'insèrent dans deux fossettes frontales assez écartées l'une de l'autre. Au-dessus ou en arrière d'elles se trouvent des yeux simples, groupés en séries; ils peuvent du reste manquer complètement.
Dans le premier cas ils sont rarement assez rapprochés pour présenter l'apparence d'yeux composés. Les quatre pattes antérieures ne viennent pas ici en aide aux organes buccaux. Ceux-ci comprennent, de chaque côté, un disque en forme de coussinet, qui sert de surface de trituration et à l'extrémité supérieure Brehm. — VIII.
duquel s'insère une dent pointue et mobile représentant la mandibule, et d'autre part une plaque buccale inférieure; cette dernière est constituée par une pièce basale médiane, triangulaire et effilée et par deux autres pièces qui se rejoignent en avant et dont l'extrémité porte généralement encore une branche peu développée, mais mobile, représentant la lèvre inférieure; enfin par deux pièces latérales reliées à cette base et figurant les mâchoires. Celles-ci forment une pièce assez grandi' qui descend à côté de la lèvre inférieure et dont l'extrémité antérieure, plus large, porte deux branches atrophiées (fig. 1882, p. 663).
Le nombre des anneaux varie de (J à plus de 80; il ne demeure pas constant pour une seule et même espèce, car il augmente avec l'âge. Chaque anneau est rattaché par son bord postérieur au bord antérieur du suivant à l'aide de rainures ; mais ce lien est peu persistant, car après la mort, au moins, les anneaux se séparent avec une facilité extrême. Suivant que chaque anneau est arrondi et se trouve limité simplement par une fente étroite à la face ventrale, suivant qu'il est demi cir- Insectes. — 176