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LES IXODIDES OU TIQUES

times de comprendre le mécanisme de leurs morsures, nous avons figuré (fîg. 2019) avec un fort grossissement l'appareil de succion du Tiquet commun (lxodes ricinus) vu par sa face inférieure. Nous avons représenté en a un fragment de la hanche antérieure, et en b une bandelette striée qui sépare les pattes anté-

Fig. 2019. — Pièces buccales de la Tique commune {lxodes ricinus), vues par la face inférieure. — a, portion de la hanche de la patte antérieure; 6, bandelette striée qui sépare les pattes antérieures de la région dite cêphalique ; c, menton ; d, e, f, g, les quatre articles des palpes maxillaires ; h, partie antérieure de la lèvre inférieure ; i, extrémité saillante et dentelée des chélicères (Mandibules de Mégnin).

rieures de la prétendue tête et qui se voit à la face inférieure de l'écusson échancré. La plaque écailleuse, mobile et articulée, c, représente en réalité le menton, sur lequel se meuvent les autres pièces buccales : les deux palpes y demeurent appliqués, au repos, et s'en écartent à angle droit lorsqu'ils fonctionnent; ils sont composés de quatre articles (d, e, /, g), dont le dernier repose sur l'avant-dernier à la manière d'un couvercle; la lèvre inférieure h, armée de dents à la face inférieure de son extrémité, porte à sa face supérieure une sorte de gouttière. On ne peut voir sur la figure que l'extrémité saillante et dentelée, i, des antennespinces ou chélicères ; chacune d'elles est formée de deux articles contigus qui remplissent la gouttière, se prolongent fort loin à l'intérieur du corps et peuventêtre rétractés ou protractés. Lorsqu'elle veut mordre, la Tiquese cramponne solidement à l'aide de ses pattes sur la peau de l'Animal qu'elle habite ; elle dirige sa trompe

verticalement, l'applique à l'endroit qu'elle a choisi pour sa morsure, enfonce les crochets terminaux de ses chélicères dans la chair, et prépare ainsi une voie à la lèvre inférieure qui les suit; à mesure que ceux-là s'enfoncent, celle-ci pénètre de plus en plus; les dents de ces mandibules se trouvent dirigées en arrière et s'opposent au retrait de l'appareil hors de la plaie. Lorsque la trompe a pénétré ainsi jusqu'à sa base, les crochets des chélicères s'écartent, en manière d'ancre, à droite et à gauche, et les palpes maxillaires s'appliquent fortement sur les chairs de chaque côté de la blessure; la Tique, qu'on ne saurait alors extraire violemment sans laisser son rostre brisé dans la plaie, se trouve ainsi dans une attitude propice à la succion du sang. L'appareil d'aspiration proprement dit consiste en une membrane chitineuse et mince qui s'évase en forme de cloche à partir de la trompe et des rebords saillants de la cavité buccale.

Les pattes, qui présentent toutes la môme conformation, sont grêles ; indépendamment des deux griffes aiguës, elles portent à leur extrémité un disque qui permet à la Tique de se maintenir, même à l'aide d'une seule patte, à l'objet qu'elle atteint. Le stigmate, unique de chaque côté, à périmètre discoïde, en écumoire, est situé dans une plaque chitineuse qui s'observe aisément de part et d'autre en arrière de la patte postérieure; les orifices sexuels se présentent sous l'aspect de fentes transversales au milieu de la face inférieure du thorax.

Mœurs, habitudes, régime. — Les jeunes Tiques, munies de six pattes seulement, errent parmi les herbes et les buissons, comme les Adultes pourvus de huit pattes, à la recherche d'un Animal qu'ils habiteront et dont les Femelles, tout au moins, suceront le sang; c'est là, également, que les Mâles, toujours plus petits, savent trouver les Femelles pour s'accoupler. Cet accouplement, dont on n'avait jusqu'à ces derniers temps aucune idée exacte, offre un intérêt particulier. Le Mâle grimpe sur le ventre de la Femelle et tourne la tête vers l'extrémité postérieure de celle-ci; il étend ses pattes à plat pour se fixer à l'aide de ses griffes et de ses ventouses aux hanches de la Femelle, et enfonce son rostre dans l'appareil générateur de sa compagne, son attitude est alors la même que celle qu'affectent les Femelles lorsqu'elles puisent le sang dans la chair d'un Animal ou d'un Homme. On avait admis à propos

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