‹ Merveilles de la natureChapitre 49 sur 412 · LA PARNOPE ROUGE-DE-CHAIR · texte numérisé non relu

LA PARNOPE ROUGE-DE-CHAIR

et mousse en arrière, et bombé en haut, se compose de trois ou quatre segments, généralement excavés à la face ventrale. Cette excavation sert à abriter les parties antérieures du corps: ces Animaux n'ont d'autre manière de se défendre contre l'attaque de leurs ennemis, que de se rouler en boule, comme les Hérissons, les Armadilles, les Cloportes; et cette excavation s'adapte parfaitement à leur tête et à leur prothorax. Au-devant de l'extrémité du corps , on trouve chez beaucoup d'Insectes d'or un sillon profond souvent criblé de petites fossettes pointillées, qui longe le bord postérieur; et l'on est tenté de compter ainsi deux segments là où il n'y en a qu'un. La conformation de ce dernier segment, et surtout de son bord postérieur, qui peut être entièrement échancré, ou dentelé, a une grande importance, au point de vue de la distinction des espèces. La Femelle peut allonger par-dessous ce bord postérieur une tarière longuement tubulée qu'elle peut porter à une distance assez grande, et dont l'extrémité cornée peut produire des piqûres , dans des conditions propices. Cette tarière se retire, à l'état de repos; mais, pendant la mort, elle a une tendance à devenir saillante à l'extérieur.

Les Chrysides ont été fort bien étudiées par Dahlbom et Abeille de Perrin.

.Mœurs, habitudes, régime. — C'est pendant l'été que les Chrysides apparaissent en plus grand nombre sur les fleurs de carottes sauvages, sur les vieilles boiseries et sur les vieux murs ; et c'est, pendant cette saison, que les Femelles, rusées, déposent leurs OEufs dans les Nids d'autrui, surtout dans ceux des Hyménoptères fouisseurs. Les Osmia, parmi les Abeilles; les Oihjnères et les Eumenes, parmi les Vespines; les Pkilanthus, les Cerceris, les Trypoxylon», les Crabro, les Bembex, parmi les Crabronines, et quelques autres, que nous n'avons pas fait connaître, ne sont pas un seul instant à l'abri de leurs entreprises.

Le Peletier de Saint-Fargeau a été témoin des combats d'une Cbryside (Bedychrum) avec un Chalicodome (Chalicodoma muraria). « J'ai observé, dit-il, une Femelle de cet Hedychre qui, après être entré la tête la première dans une cellule presque achevée de ce Chalicodome, en était ressorti et commençait à y introduire la partie postérieure de son corps en marchant en arrière dans l'intention d'y déposer un Œuf, lorsque l'Abeille arriva, portant une provision de pollen et de miel; elle

se jeta aussitôt sur l'Hedychre, et il me parut en ce moment que ses ailes produisaient un bruissement qui n'est point ordinaire. Elle saisit son ennemi avec ses mandibules; celleci, selon l'habitude des Chrysides, se contracta aussitôt en boule, et si parfaitement que les ailes seules dépassaient. L'Abeille ne pouvant la blesser, ses mandibules n'ayant aucune prise sur un corps aussi lisse, lui coupa les quatre ailes au ras du corselet et la laissa tomber à terre. Elle visita ensuite sa cellule avec une sorte d'inquiétude, puis après avoir déposé sa charge, elle retourna aux champs. Alors l'Hedychre, qui était resté quelque temps contracté, remonta le long du mur, directement au Nid d'où il avait été précipité, et revint tranquillement pondre son Olùif dans la cellule de l'Abeille. Il place cet OEuf au-dessous du niveau de la pâtée contre les parois de la cellule, ce qui empêche l'Abeille de l'apercevoir. » La question de savoir si les Larves des Chrysides accaparent seulement la nourriture apportée par les mères lésées, ou si elles dévorent en outre les Larves de leurs hôtes, n'est pas encore éclaircie pour toutes les espèces; pourtant le premier cas paraît être le plus habituel. Leur Métamorphose n'a lieu qu'une fois dans l'année.

LES PARNOPES — PARNOPES (1)

Die Parnopinen.

Caractères. — Les Parnopes forment, avec quelques autres Chrysides dont la conformation buccale e^t la même, une tribu à part. . Les Parnopes se distinguent par une langue très longue, s'appliquant, au repos, contre la gorge, embrassée à sa racine par la mâchoire supérieure, et rappelant l'organe analogue des Abeilles. Les palpes n'ont plus que deux articles. Le post-écusson tuberculeux a la forme d'une selle. Les crochets du tarse sont terminés par deux longs ongles.

Parmi les espèces rares de cette tribu, nous signalerons la suivante :

LA PAKWU'E KOUGIÎ-DI. CIIAIU. — PARNOPES CJIINEJ.

Fleischivthe Goldwespe.

Caractères. — La Parnope rouge-de-chair (fig. 1046) qui mesure 11 millimètres, et même

(1) llàpvoij/, espèce d'insecte.

LES CHRYSIDES.

davantage, a la tête, le thorax, le premier segment abdominal, et les jambes, jusqu'aux genoux, d'un vert bronzé et grossièrement ponctués, ainsi que le post-écusson, formé de trois

Fig. 101G. — La Parnope rouge-do-chair.

bandelettes et fortement saillant. Les deux ou trois segments suivants (car le Mâle en possède* un de plus que la Femelle) sont d'un rouge-dechair très vif; les bords postérieurs et les jambes, à partir des genoux, sont d'une teinte plus claire.

Mœurs, habitudes, régime. — Cette Chryside est parasite des Bembex communs. On la trouve par conséquent dans les endroits où ces Crabronines se rassemblent en masse.

LES ST1LBUM — STILBUM (1) Die Dorngolêwespen.

Caractères. — Un autre genre, voisin du précédent en raison de son port élancé, se rapproche de la tribu suivante par la longueur modérée de sa langue, par la structure peu différente de sa bouche, et par les griffes simples de ses tarses ; mais il en diffère par son front étroit, il comprend les espèces les plus grandes de toute la famille.

Ces Stilbum sont caractérisés par le postécusson, qui, recouvert en avant par l'écusson, n'est apparent que dans sa moitié postérieure sous la forme d'une épine puissante et cannelée.

LE STILBUM BRILLANT. — STILBUM SPLEiS- DIVUM.

Glânzcnde Dorngoldwespe.

Caractères. — Le Stilbum brillant {Stilbum splendidum (fig. 1047) présente des ponctuations isolées et assez larges; l'extrémité du postécusson est arrondie; l'extrémité abdominale excavée est quadridentée. Sa couleur est d'un bleu d'acier, ou d'un vert doré; parfois il offre

(1) ïïiXëés, brillant.

des reflets bleus ou dorés, suivant les diverses parties du corps.

11 peut atteindre 15 millimètres de long, et représente, avec une seconde espèce du même genre très voisine, les plus grandes Chrysides de l'Europe.

Distribution géographique. — Il se rencontre dans les contrées méditerranéennes et s'étend assez loin vers l'Asie orientale.

Mœurs, habitudes, régime. — Je ne saurais

rien dire de plus précis sur son mode d'existence.

LES CI1RYS1S — CBRYSIS (1)

Die Chry&inen.

Caractères. — Les Chrysis renferment un très grand nombre d'espèces ; elles se distinguent des précédents par leur post-écusson qui est libre et par la largeur de leur front.

D'après la conformation du segment articulé du corps, Dahlbom les a divisées en huit groupes, en se guidant sur ce que le bord postérieur est tantôt lisse et entier, tantôt sinueux, tantôt pourvu d'une échancrure médiane peu profonde et dentelée, tantôt muni de trois, quatre, cinq ou six dents latérales.

Distribution géographique. — Les espèces

de Chrysis dont le segment terminal est dépourvu de ces dentelures, vivent de préférence dans les contrées méditerranéennes, une seule existe en Amérique; quelques-unes s'étendent au Nord jusqu'en Allemagne et jusqu'en Suède, comme les Chrysis austriaca, bicolor, imbecilla, et d'autres. On peut en dire autant des espèces moins nombreuses dont le bord postérieur est sinueux ; une seule espèce (Chrysis elegans) se trouverait en Allemagne; une autre, rarement aussi septentrionale (Chrysis unicolor), se rencontrerait en Suède.

Les Chrysis dont l'extrémité abdominale est pourvue de six dents, paraissent appartenir aux pays chauds, notamment à l'Afrique et à l'Amérique méridionale; une seule espèce habiterait les contrées septentrionales de l'Europe (Chrysis Zetterstedtï); elle a été vue dans le Nord, jusqu'en Suède.

LE CHRYSIS BLEC. - CttRYSlS CYAXEA-

Blaue goldivespe.

Caractères. — Parmi les espèces qui ont uri

(1) Xpusôc, aux reflets d'or.

Page 1