‹ Merveilles de la natureChapitre 51 sur 412 · LE CHRYSIS COMMUN OU ENFLAMMÉ. — CIMYSIS IGXIT I · texte numérisé non relu

LE CHRYSIS COMMUN OU ENFLAMMÉ. — CIMYSIS IGXIT I

fymeiiu Goldwespe.

Caractères. — Le Chrysis commun ou enflammé (fig. 1049 et 1052), de tous le plus répandu, appartient au même groupe, c'est-à- Breiim. - VIII.

dire à la section dont le dernier segment abdominal est muni de quatre dents.

Sa taille oscille entre 5mm,10 et 1 lmm ; sa couleur présente également beaucoup de variété.

Fig. 1052. — Le Clirysis commun.

La tête et le thorax paraissent bleus ou verts, et ces couleurs sont tantôt franches, tantôt mélangées avec les teintes transitoires ordinaires. L'abdomen doré brille parfois de reflets verts ou rouge- foncé ; il est orné souvent de bordures noires sur les encoches des jointures ; la face ventrale est marquée de taches noires. La face dorsale de l'abdomen grossièrement ponctuée présente sur l'anneau médian une carène longitudinale très saillante.

Distribution géographique. — Il habite toute

l'Europe et l'Asie mineure.

Mœurs, habitudes, régime. — Notre figure 887 (t. VII, page 657) le représente sur un mur, en train de faire le guet à l'entrée d'un Nid. Il est peu difficile dans son choix, et dote de ses Œufs de Coucou une foule d Hyménoptères qui nichent sur les murs, dans le sable ou le long des poteaux anciens ; c'est pourquoi nous le voyons manœuvrer dans ces parages, où il se meut avec beaucoup d'activité sous les rayons du soleil. Outre un certain nombre de Crabonines dont nous n'avons pas parlé, il s'ac- Fnsectes. — 111

loi

LES ELAMPES.

commode des Philanthus triangidum, Cerceris ornala, Odynerus parietum, Antilope, spintpes, Eumenes pomiformis. Quiconque veut leur consacrer un peu de temps reconnaîtra bientôt dans ces Insectes des êtres rusés et envieux, dont toute la vie, qui dure du printemps à l'automne, se passe en actes empreints de ce caractère peu aimable.

Il n'a été question jusqu'ici que des Chrysides aux formes élancées ; celles plus courtes, dont l'abdomen, presque aussi large que long, et les griffes des tarses sont pourvus de dents variables, sont laissées de côté partiellement en raison de leur petite taille. Elles forment du reste des espèces beaucoup moins nombreuses que le genre Chrysis. Sur leurs ailes antérieures la cellule sous- marginale et la cellule médiane sont encore plus réduites. Autant ces Insectes se distinguent aisément des précédents à l'aide de ces caractères et de leur configuration extérieure, autant elles offrent peu de signes commodes pour les différencier de la tribu suivante.

LES HEDYCHRUM — HEDYCHRUM

Bie Hedychrinen.

Caractères. — Cette tribu comprend deux genres principaux {Elampuset Hedychrum) qui diffèrent quant à la structure de leur bouebe.

Le premier, par sa langue courte et conique, se rapproche des Chrysis.

Le second, par sa langue allongée et échancrée à la pointe, rappelle les Stilbum. Les différences tirées de la disposition des griffes des tarses et du segment terminal de l'abdomen, qui ont donné lieu à de nouvelles subdivisions, ne sont guère plausibles ; elles produisent sur le papier un bel effet, mais ne donnent aucune certitude lorsqu'il s'agit de déterminer en réalité une espèce un peu difficile.

Le genre Hedychrum se dislingue, tant que l'on considère les espèces de nos pays, par un bord terminal entier, sans aucun sillon, et par une dent au milieu des griffes des tarses.

L HEDYCHRUM ROYAL. — HEDYClinVM LVCtbVtVM.

Kônigliehe Goldwespe.

Caractères. — L'Hedyehrum lucidulum est une

des plus belles espèces et des plus communes ; le Mâle a été décrit par Fabricius sous le nom de Chrysis regia, et cet auteur l'a placé en tète

des Chrysides communes. L'abdomen, ample, quoique toujours un peu plus long que large, est d'une couleur rouge dorée et brillante sur la face dorsale, noire sur la face ventrale ; le thorax ponctué aussi, grossièrement, est vert ou bleu-verdâtre chez le Mâle; chezlaFemelle, le prothorax et le mésothorax sont presque entièrement rouges de pourpre. Les ailes sont troubles à partir du milieu. Cette espèce atteint 4mm,5 à 8mm,7o de long.

Distribution géographique. — Elle habite

toute l'Europe et n'est pas rare en France.

Mœurs, habitudes, régime. — Cet Hedychrum est parasite des Osmia nigriventris, de plusieurs Halictes, et des C halicodoma mur aria.

I III 1>\I I1H1 M ROSÉ. — HEDYCH1WM ItOSEUM.

Rosige Goldwespe.

Caractères. — L'Hedyehrum roseum (appelé aussi parPanzer: Chrysis ru fa) se reconnaît à son abdomen d'un rose tendre dont lepointillé extrêmement serré produit l'effet d'une teinte mate. La tête elle thorax sont bleu-verdâtres, bleus ou violets, et couverts d'un pointillé très serré, presque aréolaire ;les angles postérieurs du thorax font saillie en forme d'épines. Cette petite chryside élégante mesure 4mm,5 de long.

Distribution géographique. — Celle espèce

européenne n'a été observée que jusqu'au 60mc degré de latitude nord.

Mœurs, habitudes, régime. — Elle habite surtout les contrées sèches.

LES ÉLAMPES — ELAMPUS

Die Elampinen.

Caractères. — Les petits Elampides forment une tribu dont les espèces exigent un œil très exercé pour pouvoir être déterminées. Leurs griffes sont plus ou moins pectinées ; l'abdomen très lisse possède une extrémité faiblement rétrécie dont le bord postérieur est entier ou un peu échancré au milieu.

Distribution géographique. — On a peu

collectionné ces Chrysides, paraît-il, dans les pays chauds ; car on n'en connaît que deux espèces dans l'Amérique du Sud et deux en Afrique. La plupart d'entre elles ont été observées dans les contrées méditerranéennes (une vingtaine environ) ; quelques-unes ont été vues isolément dans les régions plus septentrionales de l'Europe.

Mœurs, habitudes, régime. — Elles semblen t

LES ICHNEUMONIDES.

de préférence être Parasites des Insectes qui habitent le bois. On a trouvé VOmalus auratus dans une Galle ligneuse, au milieu de Pucerons rapportés par un petit Pemphredon, après que le Cynips, auteur de la Galle, eût abandonné sa demeure ; on retira aussi cette Chryside du Nid d'un Cemonus unicolor, petit Pemphrédonien des tiges de la Ronce, qui fait partie des Crabronides.

L'Onialii$a'neus((\g. 1051, page 153) Btl'Elampvs bidentulus déposent leurs OEufs dans les Nids d'un petit Sphégide, le Psen caliginosus.

Nous figurons encore un type d'un genre particulier, le Cleptes nilidula (fig. 1053), espèce in-

Fig. 1P53. —te Cleptes nitidule.

digène qui appartient à une tribu de Chrysides nettement tranchée.

LES ICHNEUMONIDES — ICHNEUM0N1D.E

Die Schlupfwespen.

Caractères. — La famille des [chneumonides vraies [Ichneumonide), se distingue facilement des Hyménoptères parasites suivants par la configuration des ailes ; mais les plus grandes difficultés se présentent lorsqu'il s'agit de distinguer ses nombreuses espèces. Chez toutes, la nervulation des ailes antérieures est tellement analogue qu'on ne peut s'en servir pour différencier les genres si nombreux. Nous représentons (fig. 1054) la forme typique (1).

Fig. 10Ô4. — Aile de l'Ichneumon pisorius.

L'existence de deux nervures récurrentes permet de les distinguer des Braconides, qui à d'autres points de vue pourraient être confondues avec cette famille. La cellule médiane antérieure se confond toujours avec la première cellule sous-marginale, et une petite nervule indique souvent le point de séparation des nervures. En outre, l'aile antérieure des vraies Ichneumonides possède un stigma marginal, une cellule marginale, trois cellules sous-marginales, quelquefois deux seulement par suite de la disparition delà moyenne ou spéculaire, et deux cellules médianes.

Tous les Ichneumonides portent sur le front, comme signe dislinctif, des antennes droites,

(1) Voy. pour l'explication des lettres, t. VII, p. 521.

à nombreux articles, qui sont absolument de même grosseur! l'exception de l'article basilaire, toujours plus fort, ou qui vont en s'amincissant vers la pointe ; ces antennes sont bien rarement claviformes ; on en voit plutôt, chez les Femelles, qui portent un renflement ou un élargissement en arrière de la pointe terminale.

Les trois ocelles, la bouche fermée en avant par le chaperon, les palpes maxillaires à cinq articles, les tarses également de cinq articles, l'abdomen sessile ou très étroitement pédicule, sont des caractères qui n'appartiennent pas aux Ichneumonides seuls, mais qu'on retrouve chez bien d'autres Hyménoptères ; en sorte que les caractères distinctifs se réduisent essentiellement à ceux qui présentent la nervulation des ailes. Quand les nervures viennent à manquer, comme chez certaines espèces assez petites, on peut hésiter suivant les circonstances sur la place qu'il convient d'assigner à ces petits Insectes. Aucun de ces Hyménoptères ne bourdonne au repos comme pendant le vol ; aussi peuvent-ils s'approcher sans bruit de leur victime ; les espèces les plus grandes peuvent seules faire entendre un léger cliquetis d'ailes.

Au point de vue général, il nous reste a examiner de plus près les parties constituantes du corps qui servent à discerner les centaines de genres et les milliers d'espèces de cette famille.

Chez tous ces Ichneumonides, les antennes ont la même structure : sur un article basilaire,

LES ICHNEUMONIDES.

qui peut devenir caractéristique, puis sur un second article, très petit, dépassant le plus souvent très peu le précédent, s'élève la série des autres articles qui correspondent au fouet des antennes brisées des Guêpes etdesFourmis, et qui deviennent de plus en plus courts en avançant vers la pointe, au moins à partir du milieu. Si l'épaisseur des articles reste constante, les antennes sont filiformes ; s'ils s'amincissent graduellement, les antennes sont sétiformes. Indépendamment de cette structure, la forme de chaque article peut présenter deux dispositions : dans le cas le plus habituel, ils sont tous entièrement cylindriques et difficiles à distinguer ; dans l'autre cas, ils se renflent chacun vers le haut, et forment une chaîne noueuse, profilant une sorte de scie émoussée, visible sur toute la surface chez les Femelles, plus nette à la face inférieure chez les Maies. Quelque minutieux que puisse paraître ce détail, il est pourtant très important. Les Femelles, pourvues d'articles antennaires courts et noueux, les enroulent plus ou moins après la mort; leurs antennes sont ornées plus souvent que chez les Mâles, d'un annelet blanc, ou plutôt d'une sorte de demi-ceinture ou de selle, car cette coloration tend à s'effacer à la face inférieure.

On doit aussi prendre en considération le chaperon, les dentelures des mâchoires assez fortes, l'aspect de la tête généralement plus large et par conséquent transversale.

Quant à la cage thoracique, c'est surtout le métathorax qui mérite l'attention : ses orifices respiratoires ou stigmates, siLués en avant ou en haut, sont ovales ou circulaires ; tantôt il existe une séparation nette entre la partie antérieure horizontale et la partie postérieure déclive, tantôt il existe entre les deux une transition ; enfin des crêtes peuvent le diviser en aires variées. Quand cette division est complète, on peut y distinguer seize aires, qui possèdent chacune un nom. On en compte cinq sur la partie antérieure : une au milieu, « l'aire médiane supérieure, » la plus caractéristique, puis deux de chaque côté, l'une derrière l'autre ; puis symétriquement, de part et d'autre, une aire qui n'est pas divisée transversalement et qui contient le stigmate aérien; puis une aire plus grande située plus bas, et une très petite à l'angle externe. Dans la partie déclive, la plus grande est au milieu, c'est « l'aire médiane inférieure » ; de chaque côté s'en placent deux autres qui rayonnent assez loin

du centre du bord postérieur auquel se rattache l'abdomen.

Celui-ci est sujet aux plus grandes variations dans le mode d'insertion comme dans la forme. Au point de vue de son insertion, on observe toutes les transitions déjà indiquées entre le type sessile et le type pédicule. Au sujet de son premier anneau, il y a lieu d'examiner si sa partie antérieure forme seule le pédicule qui se recourbe alors en bas au niveau de sa partie postérieure élargie, appelée « postpédicule », ou. si le segment entier se rétrécit graduellement en avant, sans courbure. Un caractère important consiste dans l'emplacement des orifices aérifères sur ce premier segment ; ils peuvent être situés au-dessous de petites saillies latérales, et alors facilement reconnaissables ; sans elles, ils sont plus dissimulés. Il est très rare de les trouver au milieu de ce segment ; on les voit plus souvent au-devant ou en arrière plus près du bord postérieur.

La configuration de la surface, la présence ou l'absence de crêtes ou de sillons, la façon dont le pédicule et le post-pédicule sont reliés latéralement, et parfois quelqu'autre détail encore, méritent un examen approfondi. On ne doit pas se borner à regarder exclusivement le premier segment, mais aussi les suivants. Deux cas peuvent se présenter, qui fourniraient des caractères très nets, si la nature voulait s'en tenir à ces distinctions tranchées : l'abdomen peut être déprimé, c'est-à-dire aplali plus ou moins de bas en haut, et avoir un contour ovalaire ; ou bien il est comprimé, c'est-àdire aplati transversalement, et présente une carène mousse sur la face dorsale, tranchante sur la face ventrale ; il s'élargit alors d'avant en arrière et son profil est falciforme. Il existe bien des transitions entre ces deux types, et l'on hésite souvent à les rattacher à l'un ou à l'autre ; la question doit être alors tranchée par les caractères des autres régions qui ne sont jamais à négliger, notammentla moitiépos térieure de l'abdomen, car si celle-ci est comprimée, l'abdomen doit être classé comme tel.

Chez un grand nombre de Femelles, la tarière, qui est quelquefois très longue, et dépasse l'abdomen, est très caractéristique. Nous avons indiqué ce qu'il pouvait être utile de connaître relativement à sa structure. Sa longueur relative et son émergence au-dessous de la pointe abdominale ou au travers d'une fente ventrale sont très-utiles pour distinguer les espèces. Les deux valves, toujours un peu velues, qui consti-

LES TRYPHONINES.

Fig. 1056.

Fig. 1055.

Fig. 1056. — Bassus à taches blanches guettant une Larve

Fig. 1055. — Exentère marginé déposant un OEuf dans une Larve de Lophyre, grand, nat. de Syrphe, grand, nat.

Fig. 1055 et 1056. — Les Ichneumonides (Exenlerus et Bassus).

tuent sa gaine, sont naturellement toujours fixées à l'extrémité de l'abdomen; mais la tarière ne sort pas nécessairement de cette extrémité directement ; le plus souvent une bonne partie de sa base est entourée par le corps luimême. Dans d'autres cas, cet appendice externe manque entièrement, parce que la tarière plus courte, absolument semblable à l'aiguillon des Abeilles, trouve largement sa place dans l'abdomen.

Les caractères de l'abdomen et des antennes sont bien plus frappants chez les Femelles que chez les Mâles qui se distinguent moins aisément en raison de leur structure plus uniforme. Si l'on songe que ces Mâles diffèrent parfois essentiellement de leurs Femelles par leur coloration, et qu'on ne surprend que rarement ces Insectes pendant la copulation qui s'opère le plus souvent la nuit ou en cachette, on s'expliquera l'incertitude que révèlent les vues différentes des Naturalistes, la multiplicité des noms de chaque espèce et les rapprochements équivoques des spécimens conservés dans les collections. Les Entomologistes ont donc besoin de déployer tout leur talent d'observations pour explorer le vaste champ d'investigation que leur offre l'étude des Ichneumonides; ce n'est qu'en réunissant leurs efforts, qu'ils pourront élever un monument indestructible en l'honneur de ces remarquables Parasites.

Mœurs, habitudes, régime. — NOUS avons

dépeint précédemment (t. VII, p. 632 et suiv.) les mœurs variées de quelques Hyménoptères

parasites : Psithyres, Mélectes, Mutilles, Scolies. Nous allons maintenant étudier des Hyménoptères dont le parasitisme est bien plus caractérisé et plus extraordinaire, des Hyménoptères dont les Larves vivent cachées dans le corps même de leurs victimes. La mort de l'Animal habité, survenant seulement à l'époque où le Parasite n'a plus besoin de lui ; dépend de la façon dont ce dernier s'en nourrit. On admet, en effet, que le Parasite consomme le corps adipeux, formant une masse considérable jaunâtre autour du tube intestinal et renfermant les matériaux de réserve chargés de pourvoir à l'évolution complète de l'Insecte, et principalement à son développement sexuel. Toutes les parties plus essentielles nécessaires à la vie de la Larve sont respectées, tant que le Parasite n'a pas encore atteint sa maturité.

Nous insisterons sur le développement des différentes espèces en parlant des Ophionides.

Classification. — Pour se rendre quelque peu maître de cette troupe innombrable d'Ichneumonides, on les a divisés en cinq tribus, dont les types sont, sans doute, bien distincts, mais dont la classification est hérissée de difficultés en raison des nombreuses formes de transition.

LES TRYPHONINES — TRYPIIONINM

Die Tryphoninen.

Caractères. — Des Tryphonines [Tnjphoninx), on ne peut dire en réalité qu'une chose, c'est qu'ils comprennent les genres

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