I.T SIREX GÉANT OV PES PIAS. — SIREX CM tS
Rieesn-Holzicespe oder Fichten HohweSpe.
Caractères. — Le S irez des Pins ou Sirex géant
(Sirex gigas) a un abdomen jaune, dont l'extrémité est noire chez le Mâle, et seulement entourée d'une ceinture noire, qui commence au voisinage de sa base, chez la Femelle. La tête et le thorax sont d'un noir mat ; les joues, qui naissent tout contre le thorax, et les antennes sont jaunes, ainsi que les pattes.
Mœurs, habitudes, régime. — On trouve
ces deux espèces dans les contrées où poussent les Conifères. La première dépose ordinairement ses Œufs dans les troncs des Sapins (Pinus abies), la seconde habite de préférence, à l'état de Larve, les Pins (Pinus Picea).
Ces deux espèces de Sirex apparaissent une première fois de bonne heure, une seconde fois assez tard dans l'année; elles sont cependant rares avant la fin de juin, et vivent peu de temps.
Le 3 octobre 1857, Taschenberg remarqua sur le tronc d'un Sapin, à quelques pieds audessus de terre, un grand Sirex brillant d'un bleu d'acier (Sirex juvencus). Sa tarière noire, émergeant du milieu de son abdomen, s'implantait tout droit dans le bois écorcé, ainsi que le représente la figure H 13.
« Comme les livres spéciaux assignentles mois de juin, de juillet et d'août au plus tard, comme époque d'apparition de ces Insectes, je fus, ditil, très surpris de ce spectacle. Je m'approchai très prudemment, etjeme trouvai en présence d'un cadavre parfaitement conservé ! Je n'avais pas sur moi les outils nécessaires pour creuser la partie saine du bois et vérifier si cette mère trop scrupuleuse n'avait pas eu la force, après avoir pondu son Œuf, de retirer sa tarière. Mais le même fait a été observé par d'autres, et l'on n'a pu découvrir aucun OEuf. On est conduit par là à penser que la mère, dans son zèle à s'acquitter de ses devoirs, a outrepassé la mesure de ses forces, déjà épuisées, et qu'elle est morte en plein accomplissement de sa mission.
« Toutefois, à la suite d'observations ultérieures, je ne puis révoquer en doute l'époque de l'apparition de cet Hyménoptère; quelques années plus tard, en effet, je vis, le 7 novembre, pérégriner sur un tronc d'arbre abattu, une de ces Femelles, très petite, il est vrai, mais encore très vivace ; l'année suivante, ces Sirex se montrèrent depuis le milieu de septembre dans les environs de Halle en masses plus nombreuses que jamais. Le 20 du même mois, je trouvai sur le tronc d'un Sapin âgé de vingt-cinq ans environ, six Femelles dont quatre avaient enfoncé dans le bois leur tarière jusqu'à mi-longueur. On pouvait parvenir à les extirper intactes en arrachant le bois avec assez de force; mais si l'on avait voulu saisir l'Insecte lui même pour le tirer au dehors, on l'aurait déchiré en deux, et la tarière serait restée dans le bois avec l'abdomen comme j'ai pu m'en convaincre plusieurs fois. »
Cette espèce et la suivante se montrent, dans certaines années, en nombre extraordinaire; mais la statistique n'indique aucune espèce de régularité dans ces apparitions. Il est des années où elles sont très fréquentes, bien que nous ies voyions rarement, car elles se tiennent sur les arbres mentionnés ou se dissimulent quelque peu sur leurs cimes. Dans leur vol, elles produisent un bourdonnement sonore, qui n'est pas sans analogie avec celui des Frelons.
Nous avons vu précédemment, comment l'OEuf est introduit dans le bois jusqu'à 8mill. deprofondeur.LaLarve, bientôt éclose, pénètre plus profondément encore, et se meta ronger, en creusant à mesure qu'elle croît, des galeries de plus en plus larges, sinueuses, qui peu-
LE SIREX COMMUN OU DES SAPINS
vent atteindre, à la fois, 4mm,5 de diamètre; ils sont remplis de copeaux et d'excréments. Combien de temps la Larve met-elle à devenir adulte? on ne saurait le dire d'une façon certaine: un an, au moins; dans certains cas. plusieurs années ; quelques observations que nous allons citer nous permettent de tirer cette conclusion. La Larve adulte continue à ronger l'extrémité de son conduit et l'élargit pour y établir son domicile de Nymphe; puis elle fore à partir delà, selon Ratzburg, un canal aboutissant à la surface du tronc, et destiné à faciliter l'issue à l'Insecte. C'est un fait bien connu que les Chenilles tirent profit de cette précaution ; le Papillon serait, en effet, incapable de conquérir sa liberté. Le Sirexne se trouve pas dans cette situation difficile: de nombreux exemples prouvent qu'il peut ronger et qu'il s'y entend fort bien ; nous laisserons donc de côté cette question de savoir si la Larve facilite, autant que le prétend Ratzeburg, l'évasion de l'Hyménoptère hors de sa prison.
Les Larves, vivant dans les bois qu'on utilise, se trouvent souvent transportées dans nos habitations (celles des Sirex plus que les autres), aussi fait-on souvent la connaissance des Insectes parfaits ; des gens qui de toute leur vie ne les avaient vus dehors en liberté, sont fort étonnés de se découvrir subitement ce singulier voisinage. A l'imprimerie de Schnepfenthal, raconte Bechstein, en juin 1798,chaque matin, pendant dix jours de suite, une masse considérable de ces Sirex au corps jaune sortirent du plancher nouvellement posé et se mirent à voltiger autour des fenêtres. En juin 1843, dans la maison d'un marchand de Schlensingen, ces Hyménoptères apparurent en masse; mais ils provenaient des traverses qui soutenaient le parquet, et qui avaient été posées l'année précédente; il leur avait fallu, par conséquent, traverser ce parquet. A Bautzen, entin, pour signaler encore un cas analogue qui donne plus d'éclaircissements à l'égard de la durée de l'évolution de ces Hyménoptères, on vit surgir au mois d'août 1856, dans les mêmes circonstances qu'à Schlensingen, soixante à quatre-vingt Sirex communs. La maison était terminée depuis deux ans et demi, et les poutres avaient séjourné quelque temps à l'air libre, avant d'être employées. Les OEufs ont pu être pondus à cette époquelà; ils sont donc restés enfermés pendant près de trois ans, jusqu'au moment où les Insectes
sont parvenus à transpercer le plancher. Dans les mines aussi, des Larves se sont trouvé enfouies, et les Sirex, en déployant leurs ailes, ont éteint leslumières des mineurs, comme les Génies delà montagne. On sait, du reste, qu'outre le bois elles transpercent les lames de plomb, pour satisfaire leur amour de la liberté. Kollar nous apprend, en effet, qu'à Vienne dans le nouvel Hôtel des monnaies, les Sirex géants ont transpercé non seulement des poutres très épaisses, mais encore des lames de plomb de 1 2/3 pouces d'épaisseur destinées à protéger une caisse contre l'action des solutions métalliques. Des perforations avaient déjà été plusieurs fois observées dans les chambres de plomb des fabriques d'acide sulfurique à Musydorf, et plus récemment à Preiberg, par le fait de ces Hyménoptères.
Lors de la guerre de Crimée, le maréchal Vaillant signala les dégâts que les Sirex juvencus avaient causés en perforant non seulement les cartouches, mais les balles de plomb, dans un certain nombre de caisses qui avaient été confectionnées avec des planches renfermant des Larves de ces redoutabes Insectes.
Nous reproduisons la lettre que M. le maréchal Vaillant a adressée, le 7 septembre 1857, à M. le comte de Kisseleff, l'ambassadeur de Russie, relativement aux balles de plomb rongés par des Insectes.
» J'ai fait espérer à l'Académie des sciences que vous ne vous refuseriez pas de lui venir en aide relativement à un phénomène assez curieux dont je viens de lui rendre compte ; voici le fait.
« Nos troupes qui ont combattu en Crimée ont rapporté des paquets de cartouches dont plusieurs présentent une particularité remarquable : les balles en sont, les unes simplement sillonnées d'autres percées de part en part par un Insecte que nous n'avons pas retrouvé à l'état de Ver, ou de Larve, mais qui à l'état parfait paraît une Mouche du genre des Hyménoptères, longue de deux centimètres à peu près, d'un aspect un peu métallique et cuivré.
« Ces dernières indications ne doivent pas être prises trop à la lettre, le pulvérin des cartouches ayant un peu envahi toutes les Mouches que nous avons pu recueillir.
« Nous n'en avons d'ailleurs point trouvé de vivants.
<( Le trou ou la galerie creusée par l'Animal perforant a de 3 à W millimètres de diamètre
LE SIREX COMMUN OU DES SAPINS
Cette galerie est construite en ligne droite ; l'intérieur en est parfaitement uni ; c'est un travail qui ne mérite que des éloges comme tout ce que font les botes. Au surplus, l'Animal paraît attaquer la balle sous tous les angles et se soucier très peu de commencer sa galerie normalement a la surface du projectile.
« L'Insecte mange-t-il le plomb. C'est peu probable au dire des savants, mais s'il ne travaille pas pour se nourrir a la façon des Tarets qui rongent le bois, et s'il cherche seulement à se préparer un abrj, une espèce d'asile inviolable pour y subir ses Métamorphoses, comment se l'ait- il que nous n'ayons pas retrouvé des débris de plomb ?
« Comment se fait-il surtout que les galeries ne soient point masquées ou bouchées à leurs extrémités? Comment se fait-il enfin qu'au lieu de galeries complètes, plusieurs de nos balles présentent, comme je l'ai dit au commencement de ma lettre, de simples sillons semi-cylindriques, laissant l'Animal à découvert sur une moitié de son corps 1 Dans ce cas, c'est le dos et les ailes de la Mouche qui sont apparents, le ventre et les pattes sont cachés par un demi-cylindre le plomb formant un berceau.
« L'Académie des sciences voudrait savoir, Monsieur le comte, si ce phénomène de perforation de balles dans les paquets de cartouches a été observé en Crimée dans l'armée russe ? S'il est fréquent ? si on l'a observé ailleurs? si les savants Entomologistes russes ont étudié les mœurs et les habitudes de cet Insecte tout nouveau pour nous? Quel nom ils lui ont donné, etc., etc.
« L'Académie, en me donnant la commission de recourir à vos bons offices, m'a bien recommandé de vous remercier par avance de tout ce que vous aurez la bonté de faire pour l'obliger.
a Nous savions bien que des feuilles de plomb de 3 ou même 4 millimètres d'épaisseur, appliquées sur des terrasses ou sur des voûtes recouvertes de terre, ont été fort souvent percées d'outre en outre par la Larve d'un animal qu'on appelle, je crois, la Celonia aurata (je ne suis nullement Entomologiste), mais cette Larve ronge le plomb comme font les rats uniquement pour sortir soit du bois sous-jacent, soit delà terre, etc. Elle ronge très grossièrement le métal, les débris du plomb restent apparents, et rien de ce que fait le Cetonia n'est comparable aux galeries régulières et parfaite-
ment calibrées creusées par l'Insecte sur lequel nous demandons à Votre Excellence de Bous procurer des renseignements. »
Do son côté, C. Duméril, ayant été chargé par l'Académie d'examiner les objets, a indiqué, d'après quelques recherches auxquelles il s'est livré, plusieurs observations qui démontrent que des Insectes de genres divers ont souvent rongé ou perforé des substances métalliques pour s'y frayer un passage et non pour s'en nourrir.
« La plupart, dit-il (1), étaient des Coléoptères à fortes mandibules dont le corps et les élytres ont beaucoup de consistance; mais dans le cas particulier dont il s'agit ici, j'ai trouvé pour la première fois cette opération du perforage pratiquée par un Insecte mou, cylindrique, très allongée de l'ordre de Hyménoptères, et de la famille que j'ai le premier désignée comme un sous-ordre dans cette nombreuse section, il y a plus de cinquante ans, sous les noms d' Uropristes ou de Serricaudes (2). Quoique cet Insecte soit rare à Paris, je le connaissais assez par les études entomologiques auxquelles je me suis si longtemps livré, pour avoir pu, dès le premier examen, le désigner comme un Urocère de Geoffroy, auteur qui citait lui-même le remarquable Mémoire de Réaumur dont nous parlerons plus loin.
« Nous allons d'abord relater les faits analogues consignés dans les ouvrages d'Entomologie suivant la dale des observations qui ont été recueillies.
« Voici une observation bien propre à prouver que les Insectes perforants ont seulement pour but de sortir ainsi des galeries dans lesquelles leurs Larves s'étaient nourries de la matière ligneuse, et que ce n'est qu'autant qu'ils ont subi leur complète transformation qu'ils cherchent à se mettre en liberté pour propager leur race, le besoin instinctif de la reproduction leur inspirant la volonté, le courage et la patience dont nous admirons les efforts et les résultats.
« Voici un autre fait que nous trouvons consigné par M. H. Lucas (3) qui a fait passer sous les yeux de la Société enlomologique deux Sirex géants qui étaient sortis d'un cylindre en
(.1) Duméril, Compte rendu, de l'Acad. des se., 1857, t. XLV, p. 3G2.
(2) Duméril, Zoologie analytique, 180C, p. 2j8 et suiv. — Dict. des sciences naturelles, t. LVI, p. 360.
(3) Lucas, Bulletin de la Socié/c entomolor/ique, 1853, p. C:i.
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bois de Sapin sur lequel avait été enroulée une pièce de drap que confectionnait un tisserand. Lorsque le travail fut achevé et le drap déroulé on constata que la pièce était percée sur cinq ou six épaisseurs qui correspondaient les unes aux autres, altération très dommageable pour l'ouvrier. Les Insectes dont il est question avait été remis par M. Pépin, l'un des jardiniers en chef du Muséum, et c'étaient des Urocères.
« M. Eugène Desmaret lut, en 1844, à la Société zoologique, une notice ou il cite surtout des Coléoptères : Apate et Cétoine (1).
« A ce propos le marquis de Brème, président de la séance, montra plusieurs cartouches de soldats dans lesquelles les balles avaient été preforées par des Insectes dans une épaisseur de quatre à cinq millimètres. Ces cartouches provenaient de l'arsenal de Turin : on les avait déposées dans des barils construits en bois de Mélèze dont les douves avaient été attaquées par des Insectes et l'on reconnut que c'était après avoir quitté le bois que ces Animaux, indiqués comme des Larves, avaient rongé les enveloppes des cartouches et enfin les balles elles-mêmes.
« Au moment de l'ouverture du baril, on n'avait observé aucune trace des Larves, ni des Insectes parfaits, de sorte qu'on n'avait pu constater que le fait de l'érosion des balles de plomb. On voit que celte observation a le plus grand rapport avec celle qu'a bien voulu nous communiquer notre honorable confrère.
<> Telles sont les observations principales parvenues à notre connaissance.
« Nous avons cru devoir les relater avant d'exposer les détails de celle qui a donné lieu à l'examen dont j'avais été chargé, et qui présente une circonstance toute particulière parce que la perforation des balles des cartouches a été opérée par un Animal très mou dont les mâchoires sont très faibles, et qui a été saisi sur le fait. Je n'oserais dire qu'il a été pris en flagrant délit, car le résultat auquel il visait par instinct était sa conservation propre et celle de sa progéniture dont il contenait les rudiments.
« Cet Insecte appartient, comme nous l'avons déjà indiqué, à l'ordre des Hyménoptères et à la famille desUropristes (Suicides), c'est-à-dire
(1) Desmarest, Notice sut? les perforations fuites par des Insectes dans des plaques métalliques [Bull, de la Société entomologigue, 1844).
à ceux qui ont à la queue un prolongement muni d'une scie faisant l'office d'une tarière. Tous les individus de cette famille proviennent de Larves dont les formes et la structure sont différentes de celles de la plupart des autres Larves d'Hyménoptères : d'abord parce que sous le premier état, en sortant de l'Œuf, ce sont des Chenilles à six pattes articulées souvent munies d'autres appendices mobiles abdominaux, et qu'ainsi construites elles peuvent par elles-mêmes se nourrir et aller trouver leur pàlure; tandis que le plus grand nombre des autres Insectes du même ordre naissent comme des sortes de Vers blancs sans pattes, qui étant très peu mobiles doivent être alors nourris par les soins continus ou par la prévoyance admirable de leurs parents. Parmi d'autres particularités que ces Uropristes présentent dans leur état de perfection, on voit que leur ventre est accolé immédiatement au corselet, au lieu d'y être uni par un pédicule allongé ou par un étranglement. C'est dans cette division, reconnue très distincte aujourd'hui par les Naturalistes, que nous avons dû ranger l'individu unique que nous a remis M. le Maréchal. Nous le représentons de nouveau et disposé de manière à donner quelque facilité pour qu'il puisse être observé dans son ensemble.
« C'est un Urocère, ainsi nommé par un Geolfroy, un Sirex de Fabricius. Cet Insecte est surtout remarquable, ainsi que son nom l'indique, par la tarière que porte la Femelle à l'extrémité du ventre, laquelle est principalement destinée à percer le bois des arbres morts, substance où elle doit déposer ses Œufs.
« Réaumur a parfaitement décrit et figuré la structu re de cette tarière, etJurine a vu l'Insecte en faire usage. Nous analyserons ces deux passages qui nous expliquent comment cet Insecte peut tarauder et percer un métal qui n'est pas très dur.
Voici l'extrait de Réaumur : « Cet instrument a un étui composé de deux pièces creusées en gouttière. Ces deux demi-fourreaux forment une gaine au milieu de laquelle est la tarière raide, et capable de résistance ; elle a de chaque côté sept ou huit dentelures et chaque dent est taillée en demi-fer de flèche. Cette tarière porte, en outre, d'autres petites dents situées sous la face inférieure, toutes
(1) Réaumur, Mémoire neuvième, t. VI, p. 313, pi. XXXTj n™ 1, ?, 3 et 4.
LES XIPIIYDRIES.
Fig. 1122. Fig. 1123.
Fig. 1122. — Cephus du chaume sur un épi do S
grossi.
lie,
Fig. 1123. — Le même, très grossi.
Fig. 1124. — La Larve dans une tige do Seigle.
Fig. 1122 à 1126. — Le Cephus du chaume {Cephus pyç/mseus) et son parasile (p. 104)
Fig. U2.->. Fig. 1126.
Fig. 1125. — Sa Larve très grossie.
Fig. 1126. — Le Pachymevus calcitrator, Ophionine parasite du Cephus du chaume.
sont dirigées obliquement et régulièrement sur l'axe de la tarière avec laquelle elles forment des chevrons symétriques.
« Nous sera-t-il permis de trouver ici le modèle d'une sorte de râpe ou de grosse lime admirablement entaillée?
« Voici maintenant comment Jurine (1), qui a trouvé souvent l'Insecte occupé à percer le bois de Sapin ou de Mélèze pour y déposer ses Œufs, nous en explique le manège :
(( Le ventre se redresse pour porter la tarière perpendiculairement et l'enfoncer dans le bois, en contractant les segments de l'abdomen alternativement de devant en arrière et en agissant sur l'aiguillon comme si des coups de marteau frappaient sur un coin. Cet instrument pénètre si profondément qu'il ne peut plus être retiré sans de grands efforts. Il est même arrivé à l'observateur, en voulant saisir l'Insecte dans cette position, de déchirer les derniers anneaux du ventre pour faire sortir In tarière qui était enfoncée dans le bois jusque près de sa base. »
« L'Insecte que j'ai examiné et que je représente à l'Académie est certainement un Urocère ; il est desséché et altéré, mais cependant très reconnaissable.
« Je crois bien que c'est là l'espèce désignée
(I) Jurine, Nouvelles méthodes de classer 1rs Hyménoptères, p. 77, fig. 76, pi. VII, genre 2. Brehm. — VIII.
par les auteurs sous le nom de jouvenceau (U.juvencus), dont les caractères sont évidents.»
Si nous avons reproduit cette longue dissertation de Duméril, c'est avec l'intention de montrer comment un savant de cabinet, éloigné de la nature, peut se laisser entraîner à de fâcheuses interprétations. Imaginer que les Sirex usent de leurs longues tarières pour percer les balles des cartouches et creuser de longues galeries, n'est-ce pas admettre que l'Insecte peut, sans être gêné par son long oviscapte, se retourner dans son étroite galerie? L'Insecte est pourvu de puissantes mandibules qui lui servent à forer les corps les plus durs, bois ou métal, qui l'empêcbent de prendre son essor.
Les pièces curieuses qui ont servi de point de départ à ce débat scientifique sont aujourd'hui déposées dans les galeries du Muséum de Paris, où chacun pourra les observer à loisir.
On voit, par ces exemples, combien peuvent être importuns, dans certaines circonstances, ces Insectes qui ne causent ordinairement de dommages qu'aux arbres.
LES X1PHYDRIES — XIPHYDRIA (1)
Caractères. — La tête, sphérique, assez grosse, extraordinairement mobile, repose sur un
(1) Si^Oôpiov, petite <5p<5e.
Insectes» — UG
LE GEPHUS PYGMÉ.
prolongement du prothorax, en forme de cou ; elle porte des antennes beaucoup plus courtes; la bouche présente des palpes labiaux à trois ou quatre articles, comme dans le genre précédent, mais elle possède, en outre, des palpes maxillaires qui sont formés de cinq articles; la conformation du thorax est la même que chez les précédents.
Mœurs, habitudes, régime. — Ce genre de
Siricides renferme des espèces peu nombreuses et rares, qui proviennent des Poiriers, des Chênes, des Peupliers, et autres arbres.
Fig. 1127. — La Xiphydrie anneléo.
Nous représentons (fig. H 27) la Xiphydrie annelée qui est une de nos espèces indigènes.
LES ORYSSES — OBYSSUS (1)
Caractères. — La tête globuleuse est aussi large que le thorax ; les antennes sont épaisses de 11 à 12 articles; les ailes n'atteignent pas l'extrémité de l'abdomen dont la tarière n'est pas saillante.
Mh-iii'm, habitudes, régime. — Les mœurs
sont peu connues ; on sait qu'elle se trouve dans les régions où croissent les Conifères.
Fig. 1128. — L'Orysse cliauve-souris.
Nous figurons (fig. 1128) l'Orysse abiétine ou Chauve-Souris (0?'yssus abietina ou Vespertilio), l'unique espèce européenne et indigène.
(l)'Of.ûa<7w, je creuse.
LES GEPHUS — CEPHUS (1)
Die Ilalmwespen.
Caractères. — Les antennes, légèrement renflées en massue, reposent sur une tête presque sphérique à concavité occipitale. Les ailes antérieures présentent deux cellules marginales et quatre sous-marginales, la deuxième et la troisième recevant chacune une nervure récurrente; les jambes antérieures possèdent un éperon uniquemunid'unesortede membrane foliacée terminale un peu courbée en hache; il y a, surle côté des jambes médianes, un ou deux éperons, et, sur les jambes postérieures, deux éperons aigus et une épine dressée vers le tiers de leur longueur; l'abdomen est sessile, très allongé, étroit et comprimé, ce qui leur donne une physionomie caractéristique.
Distribution géographique. — Toute l'Europe, mais essentiellement méridionaux,
LE CEPHUS DU CHAUME OU PYGMÉ. — CEPHUS PYGMiïWS.
Gerneinehalmwespe.
Caractères. — Ce petit Insecte, long de trois lignes, se reconnaît facilement à son corps d'un noir luisant, marqué d'un point jaune sous l'insertion des ailes et souvent décoré de marques jaune citron sur le prosternum, les genoux, les tibias et les tarses; de l'abdomen comprimé noir, émerge vers le haut, chez la Femelle, la courte gaine de la tarière.
Moeurs, habitudes, régime. — Les Cephus du chaume [Cephus pygmxus) (fig. 1122 et 1123, p. 193) ne se cachent guère aux yeux de ceux qui veulent les voir à partir du mois de mai ; ils visitent les Renoncules jaunes, les Achillées et les autres fleurs qui donnent aux pelouses champêtres et aux fossés gazonnés leur aspect charmant. Sous les chauds rayons du soleil on les voit voler vivement de fleur en fleur pour y puiser le miel, et nouer connaissance entre eux ; quand le ciel est couvert, elles demeurent tranquilles et paresseuses. On en voit des groupes de cinq ou six, pelotonnées les unes sur les autres, et on peut constater la vivacité de leurs désirs amoureux.
Autant ces Hyménoptères paraissent inoffensifs, autant leurs Larves (fig. 1124 et 1125) sont
(l) Cephus, nom d'un animal inconnu, probablement un anthropoïde.
LES LYDINES.
nuisibles aux champs de Seigle, et, plus rarement, aux champs de Froment, dans le voisinage desquels on peut être aussi certain que possible de rencontrer aussi les Adultes. Après l'accouplement, en effet, la Femelle se transporte sur le chaume, et transperce un des nœuds les plus élevés pour y déposer un OEuf; elle en pond un seul par brin dechaume. L'ovaire contenant de douze à quinze OEufs, la même besogne se répète pour chacun d'eux. Au bout de dix jours environ, la Larve éclôt, et s'enfonce dans l'intérieur du tube. Là, elle dévore la paroi interne dans laquelle elle découpe de longs copeaux, ronge les cloisons des nodosités qu'elle traverse, et se promène de haut en bas dans son étroite prison ; on la trouve en effet, la tête en bas, à la partie inférieure ou supérieure du tuyau, et les excréments déposés en divers endroits témoignent de son passage, tandis que les peaux isolées avec les carapaces de la tête prouvent qu'elle a mué. Elle se dispose en S dès qu'on la retire de son chaume; son corps est noueux, s'amincissant graduellement en arrière, et l'on trouve à son thorax tout au plus des excroissances verruqueuses comme celles des Balaninus ou d'autres Curculionides analogues. Sur sa tête cornée on distingue de petites antennes courtes, parfois un œil, et des organes buccaux puissants. Vers l'époque de la récolte elle est complètement adulte; elle se retire jusqu'à l'extrémité inférieure du chaume, et se tisse une coque soyeuse. Dans cette coque, et par conséquent dans le chaume, elle reste étendue tout l'hiver, et quatorze jours seulement avant l'éclosion, elle se transforme en une Nymphe bien ciselée. Qu'advient-il du chaume qu'elle a exploité? On ne voit rien sur le tube lui-même, mais l'épi
se décolore de bonne heure. Quand les épis sains mûrissent et que l'aspect ne peut plus servir à les différencier, il suffit de les palper. Si en prenant l'épi entre ses doigts on constate que sa partie inférieure est molle et ne contient pas de grain, on est à peu près certain de découvrir le coupable en fendant la tige. A la même époque et dans les mêmes lieux que les Cephus du chaume, se pressent des Ichneumonides élancées, un peu plus allongées encore, les Pachymerus calcitrator de la tribu des Ophionines (fig. 1120); ils visitent les chaumes un peu plus tard, pour doter d'un de leurs OEufs la Larve qui y est domiciliée; car elles sont presque exclusivement Parasites de cette espèce naine d'Hyménoptères térébrants.
LE CEPHUS COMPRIMÉ. — CEriWS COMFIIESSUS.
Caractères. — Facile à reconnaître à sa tête noire ainsi que les antennes, à ses mandibules et palpes jaunes, à son thorax noir à pronotum à bord jaune chez le Mâle, à ses pattes noires à tibias blancs et blancs noirs, à son abdomen jaune-rougeâtre, à son premier segment et anus noirs.
Mœurs, habitudes, régime. — Chez le Cephus ou Phyllœcus compressas, fort bien observé par le colonel Goureau, les Larves vivent aux dépens de la moelle des bourgeons du Poirier. Leur développement fort lent se fait de mai à septembre et même octobre; ayant alors sa taille, elle se tisse dans la tige même un léger cocon pour passer l'hiver dans sa retraite.
11 existe encore quelques espèces de Cephus très analogues, à l'histoire desquelles on n'a pas accordé encore grande attention.
LES TENTHREDONIDES
Caractères. — Nous les avons exposées dans les généralités des Phytophaga (1).
Mœurs, habitudes, régime. — NOUS les décrivons en parlant de chaque groupe.
LES LYDINES— LYDIN.E
Gespistn oder breitleibigen Blattwespen.
Les Lydines constituent une tribu bien
(1) Voyez p. 185 etsuiv.
distincte, composéed'espèces nombreuses, sou~ vent difficiles à différencier et dont les mœurs sont encore peu connues.
Caractères. — Leurs antennes, longues et filiformes, leur tête reposant sur un cou et par suite extrêmement mobile, enfin leurs nervures alaires les rapprochent des Siricides ; la forme aplatie de leur tête, qui est presque horizontale, leur thorax platet leur abdomen, également déprimé et à bords saillants, leur constituent une physionomie propre ; enfin, leur tarière qui ne