I.A SCULPTURE
passions politiques, les fanatismes de carrefours ont achevé l’œuvre de la philosophie encyclopédique. L’art, aujourd’hui, quand il n’est point un instrument pour fausser le jugement populaire , est un vil outil de manœuvre. On fait des hommes célèbres, des femmes ou des reines illustres à tant la pièce ; et quand toutes ces figures sont hissées sur leurs piédestaux , quand , se promenant autour de ces marbres on cherche à y surprendre une lueur , une étincelle de l’âme de ceux qu’ils représentent , on est tout étonné de se trouver tout bonnement au milieu de pantins travestis ou de grisettes couronnées. Vous n’avez que des modèles, et quels modèles sous les yeux ! et vous vous prenez à rougir pour Charlemagne, pour Duguesclin, pour Jeanne-d’Arc et pour Anne d’Autriche.
Cette trivialité de composition et d’exécution s’étend jusqu’à des bas-reliefs que la postérité traitera, s’ils arrivent jusqu’à elle , comme des caricatures de pierre.
Canova et Thorwaldsen, l’un Romain, l’autre Danois, ont tenu pendant les trente premières années de ce siècle le sceptre de la sculpture et se sont partagés les écoles de l’Europe; car, aujourd’hui, l’art statuaire est cultivé partout, même au-delà de l’Atlantique, et si le ïorregiano qui a porté, au seizième siècle, le style italien en Angleterre, en Espagne et en Allemagne, revenait au monde, il saluerait plus d’un nom illustre, plus d’une œuvre grandiose, qui, — sans approcher du Moise de Michel-Ange, qui n’a d’autre point de comparaison que le Jupiter de Phidias, — a conquis d’avance les suffrages de la postérité.
Les deux grands statuaires ont naturellement fait deux camps et deux écoles , et chaque école a fourni de glorieux champions. En Allemagne estFernow, Zauner, Schadow, Schaller et quelques autres; en Angleterre , c’est Cibber, Flaxmann, Witter, Wiat, tous marchant sous le drapeau de Canova.
En Danemarck et en Suède, c’est Freund, Blunck, Bystrœm; en Russie, Orlowiski et Martos qui appartiennent à l’école de Thorwaldsen. B est permis d’espérer que ces deux grandes fractions
de l’arl statuaire se réuniront un jour en un seul corps, corps invincible, pour faire triompher l’art, le bon sens , la vérité ; et que ce bataillon sacré marchant sous l’oriflamme de Michel-Ange, chassera du sanctuaire le laid, le difforme et l’immoral que quelques fous de génie ont voulu de nos jours placer au rang des Muses grecques et des Grâces latines.
Notre France a surpassé les Grecs dans plus d’une science et plus d’un art. L’art du fondeur a atteint chez nous , dès le quatorzième siècle, une grande perfection , et au dix-septième, les Relier ont reproduit pour des milliers d’années les chefs-d’œuvre de la statuaire grecque, romaine et française. Versailles est rempli de leurs beaux ouvrages, et ces illustres ouvriers ont trouvé l’immortalité en perpétuant et en multipliant les merveilles de Phidias, de Lysippe, de Scopas, du Puget et de Girardon.
L’orfèvrerie monumentale est une branche considérable de l’art statuaire. L’orfèvre, le véritable orfèvre de Tyr, de Sidon, d’Athènes, de Rome et de Paris, est un artiste. Depuis saint Éloy , cet habile orfèvre qui fut grand ministre et grand évêque \ jusqu’à Benvenuto Cellini, l’orfèvre florentin, le moyen-âge produisit un grand nombre de savants ouvriers en or. Sinary, en Angleterre; Donald-Abber , en Écosse; Rovalès, en Espagne; Zeuggler, en Allemagne, et Turgolin, en Hongrie remplirent l’Europe de leurs noms par la perfection, la délicatesse et le fini de leurs ouvrages. Les deux Germain, aux dix-septième et dix-huitième siècles, s’acquirent par leur talent une grande réputation. Aujourd’hui cette magnifique branche de l’art sculptural est à peu près perdue, car là où il n’y a plus ni Dieu, ni Rois, l’orfèvre n’est plus qu’un fabricant de fourchettes. César devient Laridon.
Les artistes grecs trouvaient leurs marbres dans l’ile de Paros, et jusqu’au dix-septième siècle, les statuaires de l’Europe étaient
‘ Saint Éloy, trésorier du roi Dagobert au septième siècle, puis évêque de Noyon, était orfèvre, et fit entre autres un trône et une châsse (pii furent regardés comme des prodiges de dessin, de ciselure et de gravure. Saint Eloy élait éloquent, et a laissé des (^pitres qu’on lit encore avec fruit. 11 mourut en C38.
LA SCÜLPTI RK.
tributaires de la Grèce, ou, pour parler avec plus de justesse, des Turcs maîtres de la Grèce et de ses îles. Colbert, que ses pressentiments patriotiques ne trompaient jamais , fit chercher en France même des carrières de marbre, et on en trouva trois en Auvergne. ïurgot continua l’œuvre de (iolbert, fit explorer la Corse, et dans cette île, cousine de la grande Grèce, on trouva plusieurs carrières de marbre. Grâce à Colbert et à Turgot, des ciseaux français peuvent tailler du marbre français, et plus favorisés que beaucoup de peuples , nous avons le génie qui crée et la matière qui révèle le génie.
Le souvenir des grands capitaines, des grands ministres, des grands prélats échappe quelquefois à l’oubli ; les noms des grands artistes, des grands sculpteurs n’y échappent jamais. On ne sait à qui attribuer V Apollon du Belvéder, la Vénus de Milo, V Hercule Farnèse ; les Romains eux-mêmes, au temps de Constantin, ignoraient l’auteur de cette admirable statue de Y Esclave aux aguets, plus connue sous le nom du Rémouleur. Faut-il s’en étonner, quand chez-nous, de nos jours, le vulgaire ne connaît pas l’auteur de ces deux admirables groupes de chevaux de Marly * qui hennissent à l’entrée des Champs-Elysées, et qui
’ J.ouis XIV commanda à Coysevoz ces deux groupes, et les Ht placer aux extrémités de l’immense abreuvoir du château de Marly. Le jour où le l’oi, entouré de sa cour, vint visiter ce double chef-d’œuvre, il dit au nonce du pape qui marchait à sa droite : « Eh bien, monsieur le nonce, Rome pourrait-elle nous envoyer de si belles statues? — Sire, repartit le nonce, Paris et Rome ne font qu’un, et partout où il plaira à Votre Majesté de commander des prodiges, on en fera. « Réponse très spirituelle et Irès-adroite qui fit sourire Louis XIV.
Coysevoz reçut cinquante mille écus pour ses deux groupes, et le roi lui donna des lettres de noblesse et le cordon de Saint-Michel, en lui disant : « Monsieur Coysevoz, le génie ne se paie pas en argent : les cinquante mille écus sont pour votre maison ; le cordon de Saint-Michel pour vous. »
Coysevoz, né à Lyon en 1640, mourut à Paris en 1720, chargé de gloire, de fortune et d’honneurs. Il était professeur, recteur et chancelier de l’Académie de peinture et de sculpture de Paris.
A la révolution, on amena de Marly — de Marly dont le château avait été saccagé et détruit — à Paris les deux magnifiiiues groupes de l’abreuvoir, et le gouvernement les fit placer à l’endroit où on les voit encore aujourd’hui. Dieu préserve les chefs-d’œuvre du Lysippe français des halles rondes ou coniques de nos disputes à coups de mousciuets ! ! 1
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auraient passé même à Athènes, du temps de Lysippe, pour des chefs-d’œuvre. Coysevoz, le créateur de ces merveilles est aussi inconnu de ce peuple que Phidias, Praxitèle ou Lysippe. Ayezdonc du génie en France, et comptez sur l’admiration des Français.
O singes d’Athènes, qu’on a tort de vous aimer !
L’électricité. — Les paratonnerres. — Optique. — Itaromètre. — Thermomètre. — Chambre noire, etc. /
La physique est la science de la nature, ou plutôt elle est la science fondée sur l’observation et sur ’expérience des propriétés des corps naturels, de leurs phénomènes, de leurs effets, de leurs différentes affections et de leurs mouvements.
La physique embrasse toute la création, le ciel, la terre et ses entrailles, et, sœur éclairée aussi bien que compagne assidue de l’histoire naturelle, enseigne à l’homme les merveilles et les inexplicables mystères de la puissance de Dieu.
La physique est l’adversaire le plus formidable de l’athéisme et de l’irréligion; et le philosophe Thalès, le plus grand et le premier physicien parmi les Grecs, a résumé ses doctrines physiques et philosophiques par ces belles paroles : « Ce qu’il y a de plus ancien, c’est Dieu, car il est incréé; de plus beau, le monde, parce qu’il est l’ouvrage de Dieu; de plus grand, l’espace; de plus prompt, l’esprit; de plus fort, la nécessité; de plus sage, le temps. »
Les anciens peuples ont cultivé la physique avec une grande ferveur : quelques-uns la rattachaient à leurs dogmes religieux et à leurs croyances. Les Assyriens, les Mèdes, les Perses et les Hindous, et après eux les Égyptiens, se distinguèrent dans l’observation de la nature, et l’astronomie, la cosmogonie, la géodésie n’étaient chez eux, comme chez nous, que des rameaux du grand arbre de la physique. Mais ce qui doit confondre notre orgueil, ce qui doit nous rappeler aux chétives proportions de notre intelligence dégénérée comme notre corps, c’est de voir les physiciens de la haute et de ta moyenne antiquité, dépourvus des instruments merveilleux dont le hasard ou le génie d’un très-petit nombre de penseurs nous ont dotés depuis trois siècles tout au plus, s’avancer hardiment dans le domaine inexploré de la physique, y faire par la seule force de leur génie des découvertes importantes, et laisser à leurs ingrats successeurs des théories empreintes de l’observation la plus consciencieuse et de la sagacité la plus vraie.
Les druides et les bardes, dans nos régions septentrionales, étaient comme les mages de la Chaldée, comme les brames de l’Inde, comme les bracmanes de l’Égypte, d’infatigables, de persévérants physiciens. L’Écosse, l’Irlande et l’Armorique produisirent dans des tenqis fort reculés des hommes qui se vouaient exclusivement à la contemplation et à l’observation de la nature ; et Pline l’Ancien nous apprend que les Étimsques avaient depuis un temps immémorial trouvé le secret d’attirer la foudre et de la diriger à leur gré.
Thalès, ainsi que nous l’avons dit plus haut, Thalès, le premier
IA PHYSIQUE
des sept sages, apporta d’Égypte dans la Grèce l’étude et le goût de la physique \ Pythagore, un siècle après lui, entreprit un voyage en Égypte, y lit un long séjour, et comme Thalès, nourri des doctrines et de la sagesse des prêtres égyptiens et des mages, initia ses disciples, à son retour à Samos, aux connaissances générales de la physique. Cette science fit de grands progrèsparmi les Grecs, et des écoles de Pythagore passa aux écoles de Platon, de Xénocrate^ et des péripatéticiens. La physiipie tliéo-
‘ Thalès était de Milet, et florissait 640 ans avant Jésus-Clirist. Il voyagea en Égypte, et conféra avec les prêtres et les savants de ce pays. Avant son départ pour l’Égypte, sa mère, (pi’il aimait tendrement, voulut le marier pour hâter son retour. Thalès avait vingt -cinq ans. « Il est trop tôt, ma mère, » dit-il. En revenant d’Égypte, la bonne femme renouvela ses instances. Thalès avait alors <piarante ans. « 11 est trop lard, ma mère, « répondit-il; et le philosophe ne se maria pas du tout. Thalès mourut à (luatre-vingt-dix ans, et laissa à ses élèves un grand nombre d’écrits sur la physi(|ue, la morale et la philosophie, (pii ne sont point parvenus jusqu’à nous.
® Pythagore, l’un des plus grands génies qui aient paru dans le monde, vivait 540 ans avant Jésus-Christ , était de Samos, et exerçait la profession d’athlète lorsque, ayant entendu raisonner le sage Pherecyde sur rimmorlalité de l’âme, il se fit son disciple. Pythagore prit le titre de philosophe, ipii lui semblait moins ambitieux que celui de sage, et voyagea en Phénicie, en Chaldée, pii Égypte, et, assure-t-on, même en Espagne. La morale de Pythagore était pure, et sa doctrine, si l’on en excepte la métempsycose, digne en tout point de sa morale et surtout de ses mœurs, qui étaient douces, chastes et bienveillantes. Crand physicien et grand mathématicien, Pythagore inventa cette fameuse démonstration connue sous le nom de carré de ihypothémise. 11 eut des disciples illustres, et, entre autres, Zaleucus et Charondas, qui furent les législateurs de leur patrie, l’ythagore mourut à Métaponte , — au gouvernement de laquelle il concourut pendant trente ans, — dans un âge avancé, et peu de temps après son maitre Pherecyde, dont il avait pieusement soigné la vieillesse et les intirmités.
Xénocrate, de Chalcédoine, fut disciple de Platon en même temps qu’Aristote. Aristote avait l’esprit aussi vif que Xénocrate l’avait lourd et pesant, ce (pii faisait dire à Platon que le premier avait besoin d’une bride et le second d’un éperon. Un travail opiniâtre, une étude incessante firent surmonter à Xénocrate les imperfections de sa nature. Il devint grand orateur et grand philosophe, connm* habile physicien et savant géomètre. Un jour, un certain Polémon , jeune homme à la mode, et fort connu dans Athènes par l’irrégularité de ses nueurs, étant entré à moitié ivre, et escorté de ses compagnons de débauche, dans l’école de Xénocrate, avec l’intention de se moquer de sa philosophie, Xénocrate calma ses disciples indignés d’une telle insolence, et tourna aussitôt son discours sur la tempérance. Il fit un si attrayant portrait de cette vertu, il peignit avec tant de force, de vérité et d’énergie l’abjection de l’homme (pii abandonnait sa raison au fond d’une
rique, plus que la physique appliquée, fut l’objet, dans ces diverses écoles, de discussions lumineuses et de développements ingénieux; et les pythagoriciens, les platoniciens, les xénocratiens et les aristotéliciens, se répandirent dans la petite et dans la grande Grèce, en Italie et jusque dans les colonies des Phéniciens, popularisant cette science, et la rendirent pour ainsi dire universelle chez les nations policées ou qui tendaient à le devenir.
Chez les Romains, Lucrèce, Sénèque, Pline l’Ancien et Varron, furent à peu près les seuls auteurs qui parlèrent de la physique , ou qui rattachèrent cette science à leurs systèmes philosophiques. Plutarque effleura dans quelques parties de son admirable ouvrage quelques questions de haute physique, et envoya, même quand il était intendant en Illyrie, à l’empereur Trajan, un rapport fort étendu sur le climat , les productions et les richesses minérales de la province confiée à ses soins.
Les barbares ignoraient jusqu’aux plus simples éléments de la . physique, et les chrétiens négligèrent longtemps cette science, qui , comme toutes les autres, ne peut fleurir au milieu des persécutions, des guerres et des convulsions sociales. Les Arabes, dès le neuvième siècle, les Arabes, dépositaires de tous les écrits, de tous les principes civilisateurs de l’antiquité, les Arabes, possesseurs de toutes les clés des connaissances humaines, se mirent à cultiver la physique, et ressuscitèrent cette science, comme ils avaient déjà fait renaître la philosophie, la médecine, la poésie, les mathématiques et les beaux-arts. Au onzième siècle, Alhazen, auteur arabe fort célèbre, composait un Traité cT optique que les savants estiment encore aujourd’hui.
On a mal expliqué jusqu’ici, selon nous, la suprématie que les Arabes obtinrent dans les sciences, dans les arts et dans les lettres,
amphore et sur les bords d’une coupe, que le lion d’Athènes se jeta aux pieds de Xénocrate, déplorant ses erreurs, et demanda la grâce d’être son disciple, ce qui lui fut accordé. Polémon, en effet, se corrigea si bien , qu’il succéda à son maître dans la chaire de philosophie. Pourquoi, aujourd’hui, avons-nous tant de Polémons et si peu de Xénocrates ! ! !
(lu septième siècle au treizième siècle. Les écrivains qui ont retracé celte mémorable période du moyen-âge ont fait injustement honneur au génie arabe, à l’initiative de l’intelligence civilisatrice des califes successeurs d’Aly et d’Omar, de cette merveilleuse impulsion qui faisait rentrer le monde ébranlé dans les voies lumineuses de l’antiquité. Sans vouloir porter atteinte à la gloire des auteurs arabes, sans chercher à affaiblir la reconnaissance que nous devons conserver pour un peuple qui fut noire rival en vaillance, et qui faillit, sans l’épée de Charles-âlartel , devenir notre maître, nous croyons devoir indiquer la cause de cette prodigieuse émanation de lumières dont les conquérants en Afrique, en Asie et dans les contrées méridionales de l’Europe furent les foyers vivants.
Nous avons dit, dans le chapitre de V Imprimerie , que les ordres du calife Omar, cet impitoyable et farouche brCdeur de la bibliothèque d’Alexandrie, ce digne émule d’Éroslrate et du soldat grossier qui pilla Corinthe, n’avaient pas été ligeureusemenl exécutés. Omar avait prescrit à ses lieutenants la combustion de tous les dépôts de livres dans les villes d’Égypte, et la plupart de
ces bibliothèques furent saccagées et non incendiées; en outre, à
Alexandrie même, quelques hommes, moins par amour de la science que par amour du gain , étaient parvenus à sauver des flammes un grand nombre de manuscrits. Un peuple qui spécule sur toutes choses, sur les malheurs des nations, sur les calamités, sur les angoisses de l’humanité, sur la liberté comme sur l’esclavage, sur la peste, sur la guerre, sur la famine et sur la mort, le peuple juif enfin, qui était alors, comme aujourd’hui, partout et nulle part, qui se revêtait en tout lieu d’une nationalité menteuse pour mieux voler, trahir et rançonner ses protecteurs, le peuple juif, représenté par ses trafiquants, ses banquiers, ses agioteurs et ses brocanteurs, acheta tous les manuscrits échappés aux flammes allumées par Omar, — il en sauva même, dit-on, quelques-uns, car l’avarice a son intrépidité, — les cacha soigneusement jusqu’à la mort du terrible incendiaire, et, le calme à
peu près rétabli, la paix à peu près revenue, se hâta de désenfouir de greniers infects ces trésors de l’intelligence antique , et de coter aux bourses de ce temps-là cette nouvelle denrée, cette singulière marchandise, qui n’avait eu cours jusqu’alors que dans les écoles d’Athènes, de Corinthe et de Samos, dans les assemblées chrétiennes d’Antioche, de Constantinople et d’Hippone. Mais fidèles à leur haine contre les chrétiens, fidèles surtout à ces bas et Vils instincts que les Romains avaient flétris du sobriquet sentie ments de pourceau, les juifs vendirent exclusivement aux Arabes les ouvrages des grandes bibliothèques de l’Égypte, et déshéritèrent ainsi les descendants des fils aînés de la civilisation, les chrétiens romains, grecs, gaulois, africains et bretons du patrimoine de leurs pères. Les louches et rouges enfants de Jacob continuaient ainsi le drame du Golgolha, et, après avoir immolé le Fils de l’homme, immolaient à leur tour les idées d’émancipation, d’indépendance, de liberté que Jésus-Christ était venu répandre sur la terre, et que les bibliothèques, après lui, devaient populariser à l’ombre de la croix.
Les Arabes profitèrent donc exclusivement de l’industrie des juifs, et ceux-ci s’applaudirent longtemps de l’épaississement des ténèbres dont ils étaient les principaux auteurs; car, malgré les sophistes et les sophismes, malgré toutes ces belles paroles d’orateurs philanthropes et de penseurs ubiquistes, les juifs ne sont jamais si à l’aise que chez les peuples ignorants, comme ils ne sont jamais si riches que chez les peuples qui s’en vont. Les Arabes, possesseur, de tous les reliefs bibliographiques de quarante siècles, travaillèrent à se rendre dignes d’une telle richesse; ils traduisii'ent, cupièrent, transcrivirent, commentèrent et s’assimilèrent, il faut en convenir, souvent avec une rare éloquence et un bonheur plus grand encore, les sciences, les hautes vertus, les arts, l’éloquence, la poésie surtout île la civilisatjon des plus grands, des plus nobles, des plus éclairés et des plus célèbres peuples de l’antiquité. Voilà, à notre avis, le secret de la triple puissance artistique, scientifique et littéraire des Arabes du septième au treizième siècle; voilà la seule, l’unique
LA PHYSIQI L. m
cause de la prolongation de la barbarie dans les contrées septentrionales de l’Europe.
Aux dixième et onzième siècles, la physique commença à pénétrer dans le nord de l’empire. Au douzième, Gerbert, plus connu sous le nom de Sylvestre II ', rehaussa l’éclat du souverain pontifieat par la protection qu’il accorda aux sciences dont il fut l’une des plus fermes colonnes. Frédéric II, empereur d’Allemagne, Alphonse X, roi de Castille, se signalèrent par la variété de leurs connaissances, et furent les premiers géomètres, physiciens, chronologistes et astronomes de leur temps. A cette même époque, les Arabes restituaient à l’Occident le dépôt des sciences et des lettres que le hasard des révolutions avait remis entre leurs mains.
Cependant l’astrologie et l’alchimie, ces deux branches jumelles de la physique, florissaient en Europe, et, parmi beaucoup d’erreurs et de préjugés, inspiraient à leurs adeptes la soif des découvertes, la passion des recherches, le fanatisme de l’inconnu. Tandis que le génie arabe brodait de ses poétiques fantaisies les plus graves, les plus austères théories des sciences, le génie des peuples occidentaux, encore engourdi sous le suaire de la conquête et de la féodalité, se laissait aller aux spéculations philosophiques les plus sombres et les plus audacieuses. Le culte d’Irminsul des vieux Saxons régnait encore dans ces imaginations chrétiennes; et si les Arabes mêlaient encore à leurs travaux les pratiques du sabisme et des mages, en revanche, les alchimistes et les astrologues de la France, de l’Allemagne et de l’Angleterre, alliaient les évocations de Teutatès aux aspirations et aux croyances du christianisme. Chez les Arabes, le soleil, dieu du jour, était, comme
’ Çerberl, tils d’un pauvre cordonnier de village, était né en Auvergne, Élevé au monastère d’Aurillac, il devint abl)é deBobbio. Il alla ensuite à Reims, et fut chargé de l’école alors célèbre de cette ville, où il eut pour disçiple le jeune Robert, fib de Hugues Éapet, Gerliertfut tour à tour archevétiup de Beims et archevêque de Havepne«, ettinit par suççédfT au pnpe Grégoire V, en 999. Gerbert, devenu pape, ne cessa pas de cultiver les sciences qui avaient fait sa fortune, les protégea avec éclat, fit .niourut plein de vertus et plein de gloire la quatorziètae année de son pontiûcat.
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au temps des mages, le symbole de la science; chez les Anglais, chez les Saxons, chez les Français, chez les Écossais, c’était encore Ovéha (la lune) avec ses mystérieuses et placides clartés, avec sa milice d’étoiles nébuleuses qu’on voyait briller à côté de la croix.
Des hommes éminents se révélèrent pourtant alors. En Angleterre, ce fut Roger Bacon \ ce moine à la tête encyclopédique qui toucha à toutes les sciences, et qui laissa sur chacune d’elles l’empreinte ineffaçable de son génie; en France, moins d’un siècle plus tard, ce fut Nicolas Flamel, le plus grand philosophe hermétique qui fut jamais®; en Italie, ce fut Thomas de Pisan®, que la France adopta, et que Charles V, le sage Charles V, honora d’une amitié fondée sur l’amour du peuple et sur l’amour de la science.
* Roger Bacon, religieux anglais de l’ordre de Saint-François, fut surnommé le docteur admirable. Roger s’appliqua à l’astronomie , à la chimie, aux mathématiques, à la médecine, à la mécanique et à la perspective. 11 était lié avec tous les savants de son temps , et découvrit une erreur considérable dans le calendrier, dont il proposa, en 1267, la correction au pape Clément IV. Bacon a décrit dans ses ouvrages la chambre obscure, toutes les espèces de miroirs propres à grossir ou à diminuer les objets; il fabriqua un télescope, donna la recette de la poudre à canon , et fit un grand nombre de découvertes utiles. Son grand œuvre, ouvrage .à peu près oublié des savants d’aujourd’hui, est la critique la plus sanglante des prétendues découvertes modernes, car il les indique à peu près toutes. Accusé de magie. Bacon se justifia, sortit de prison et retourna à Oxford, où il mourut en 1294, à soixante-dix-huit ans.
® Nicolas Flamel, natif de Pontoise, au quatorzième siècle, vint à Paris, où il fit une fortune considérable par la part qu’il prit, sous le ministère de Jean de Montaigu, au maniement des finances. Nicolas Flamel fit de doctes recherches sur la pierre philosophale, composa un sommaire philosopliique dont les idées sont fort avancées pour le temps, et se distingua autant par sa science calligraphique que par sa charité envers les pauvres. Il mourut, ou, ce qui est plus probable, il s’enfuit de Paris peu de temps après la mort de sa femme Pernelle, qui trépassa en 1412.
3 Thomas de Pisan fut appelé en France, comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, par Charles V, qui lui accorda des honneurs et des pensions considérables. De doctes critiques modernes ont trouvé mauvais que Charles V eût appelé cet étranger illustre dans ses conseils. Mais que faisons-nous donc, nous qui meublons nos bibliothèques de bandits et de voleurs étrangers, et qui stipendions l’oisiveté, la paresse et la fainéantise de cent mille vagabonds de tous les coins du globe? Du moins les bienfaits de la France et de son roi, au quatorzième siècle, ne s’adressaient-ils qu’à des hommes véritablement dignes de louanges, qu’à d’honnêtes gens.
A la fin du treizième siècle, un banquier florentin , nommé Salvinio Degli Armati, inventa les lunettes. Un certain fra Alexandro de Spina, s’appropria cette découverte et la donna comme sienne.
Pendant les quatorzième et quinzième siècles , la physique resta stationnaire, et si l’on en excepte Nicolas Flamel et Thomas de Pisan, en France; Parneld, en Allemagne; Mac-Fermal, en Écosse ; et Biaise Picolani , à Parme , cette science n’eut aucun adepte digne d’elle. Biaise Picolani s’occupa spécialement de statique et de perspective.
Au seizième siècle, au contraire, la physique marche à pas de géant. La révolution des esprits s’étendait des matières religieuses, politiques et morales, aux matières scientifiques. Jean-Baptiste Porta , sur les indications de Roger Bacon , trouve la chambre obscure, et avant lui les connaissances qu’on avait sur la lumière, sont augmentées par Maurolici de Messine. Ses différents traités et surtout son Ârchimedh monumenta omnia ; son Photesmus de lumine et timbra, et son Cosmographia de forma, situ numéro que cœlorum elementarum , lui assignent un rang distingué parmi les physiciens.
Les deux grands agents physiques, — l’électricité et le magnétisme , — Deux fluides absolument distincts , sont révélés par Gilbert, médecin et physicien de la reine Élisabeth d’Angleterre.
Le dix-septième siècle s’ouvre avec Descartes et Suellius, qui s’appliquent à la marche et à la décomposition de la lumière. L’Allemagne, l’Angleterre, la Suède, le Danemark, la Hollande et les Flandres, voient surgir de leur sein de grands philosophes et de grands physiciens. Il semble que l’esprit humain, si profondément remué dans le siècle précédent par les dissentions religieuses et les interminables querelles théologiques, ait besoin de se retremper dans la piscine salutaire de la science pour se rapprocher de la nature et de la toute-puissance de Dieu.
Un paysan hollandais, nommé Drebbel, invente le thermomètre ; l’Ecossais Jacques Gregory construit les premiers télescopes à
réflexion; et le savant astronome Keppler perfectionne les lunettes du banquier florentin, Degli Armati.
Galilée ajoute aux télescopes de nouveaux procédés, et' conçoit la possibilité de faire du pendule un instrument propre à mesurer le temps ; mais soit timidité , soit réserve , le grand philosophe n’en donne point l’application,
Toricelli, élève de Galilée, invente le baromètre, et notre immortel Pascal crée la science de l’hydrostatique; tandis que Gassendi rédige une nouvelle théorie de la lumière , et que Otto de Guericke, bourgmestre de Magdebourg, invente la machine pneumatique, et la machine électrique qui porta son nom tout un siècle.
A peu près vers ce temps-là , Salomon de Gauss écrivait son livre De la raison des forces mouvantes et De la puissance élastique de l’eau; Gilles Personne de Roberval trouvait la presse hydraulique; le père Kircher rappelait, des limbes de la Babylonie et de l’Égypte, le cadran solaire et les lois de l’acoustique, et rendait compte, en poète, en archéologue et en musicien, des phénomènes de l’écho. Ce savant jésuite peut être regardé, avec raison, comme le véritable père du magnétisme , à l’étude et à la glorification duquel il consacra une grande partie de ses veilles.
Mariette et Amontons imprimèrent à la physique un élan qui' se répandit de France dans le reste de l’Europe, et de l’Europe en Asie, et dans les deux Amériques. Le premier de ces deux savants a eu l’honneur de donner son nom à des calculs absolus qu’on appelle encore de nos jours la Loi de Mariette.
Parent, Camus, Ausout, Riclier et plusieurs autres physiciens distingués marchèrent sur les traces de Mariette et d’Amontons, et élargirent les voies déjà spacieuses qui unissent la physique a la philosophie.
Newton parut enfin, et ce génie sublime, plus heureux que notï« immortel Deseartes , put jouir durant une longue vie des honneurs et des distinctions que les hommes attachent à la gloire
et 4 la vertu. L’attraction , découverte par Newton , produisit en physique une espèce de révolution, et ouvrit une ère toute nouvelle non-seulement à la physique et aux sciences qui en découlent, mais encore à la philosophie'. Tous les systèmes philosophiques s’écroulèrent , et depuis Pythagore jamais le monde ne fut peutêtre plus profondément remué que pai‘ les doctrines neuves et hardies du philosophe anglais.
Hanksbée perfectionna la machine pneumatique, et laissa à Étienne Gray des travaux importants sur rélectricité.
Boze, ajouta un conducteur métallique à la machine électrique, et produisit des étincelles assez vives pour enflammer des corps combustibles et foudroyer de petits animaux.
Fareinheit, fit adopter le mercure dans le thermomètre, et agi anditj par ses observations intelligentes, le champ déjà si vaste de la science. Denis Papin continue Salomon de Gauss, et jette les fondements du triomphe de la vapeur , cette puissance apocalyptique, qui doit faire du monde entier un paradis ou un enfer, un chaos d’athéïsme ou une Jérusalem céleste.
Nous voici en plein dix-huitième siècle. Gomme au seizième , les cerveaux bouillonnent, les passions s’enflamment , les orgueils se dressent. Ge n’est plus la réforme religieuse qui travaille les àmeSi qui fait bondir et brûler les cœurs, c’est l’amour d’une liberté que personne ne connaît, que personne ne définit, que personne ne comprend de la même manière. La littérature et la science se ressentent de ce malaise général , de cette fièvre uni-
' Il n’est point inutile de faire remarquer ici que ce grand Newton, qui changea les idées philosophiques, astronomiques et géomélriques de son siècle, qui découvrit peut-être un des secrets les plus admirables de la Divinité, que ce philo sophe, dans toute la force et dans toute la dignité du mot, lisait chacpie jour la Bible, se faisait gloire d’être chrétien et croyait, partant, à la révélation. Et au jourd’hui le dernier garçon perruquier, le dernier courtaud de boutique se fait unejoie de rire et de plaisanter aux dépens d’une religion et d’une croyance que le sublime Newton a servies et aimées pendant quatre-vingts ans! Ah ! soyons, s’il le faut, imbéciles avec Newton et Descartes, plutôt qu’ esprits forts avec les Spinosa du coin. Newton fut enten*é dans l’abbaye de Westminster, avec les rois, les grands capitaines et les grands poètes de l’Angleterre.
328 DÉCOUYERTES — INVENTIONS.
verselle : on arrive par l’encyclopédie aux drames ; des drames aux procès scandaleux ; des procès aux comédies , où, à l’exemple d’Aristophane, on se moque des lois, des bienséances, de la foi publique, des mœurs et de la vertu ; les sciences et la physique en particulier s’associent à cette inconcevable débauche des imaginations , et les frères Montgolfier, qui ont trouvé, sur les feuillets poudreux de Roger Bacon, les éléments de l’aérostation , lancent dans les airs leurs ballons , comme des précurseurs , un peu gauches à la vérité, de la liberté de tout dire, de tout écrire, de tout calomnier et de tout détruire , qui ne va pas tarder à se révéler.
Quelques années avant l’apparition des frères Montgolfier et de leurs ballons. Benjamin Franklin, qui se mêla depuis si activement aux événements qui amenèrent la complette émancipation des colonies anglaises. Benjamin Franklin, disons-nous, mettant à profit les traditions des Étrusques et les expériences modernes de Baze, inventa les paratonnerres, et mérita, par l’énergique fermeté qu’il déploya pour arracher sa patrie à l’avare domination de l’Angleterre, qu’on lui adressât ce beau vers :
Eripuit cœlo fulmen, sceptrumque tyrannis.
«Ha arraché la foudre du ciel et le sceptre de la main des tyrans. *
Les travaux de Coulomb, de Laplace et de Lavoisier, firent époque dans les annales de la physique, et manifestèrent, aux yeux du monde savant, la supériorité intellectuelle de la France et les rudes et patients labeurs de ses enfants.
Galvani avait fait, vers la fin du siècle précédent, de nombreuses et curieuses expériences sur l’électricité. Yolta régularisa ces expériences, et inventa un instrument qui porte encore le nom de pile de Yolta. De cette ingénieuse et précieuse découverte, date l’alliance intime de la physique et de la chimie.
Herschell donna aux télescopes une force et une puissance miraculeuses. Cette puissance et cette force faisaient dire à un ambas-
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sadeur turc, qui visitait l’observatoire du célèbre astronome : «r Encore quelques efforts. Monsieur, et je ne doute pas que vous ne puissiez nous montrer tous les ap|)artements du ciel. Pour contempler les houris de notre grand prophète, nous n’avons bientôt plus besoin de quitter la vie. Le paradis de Mahomet sera au bout de votre lunette. »
Haies a réussi à faire fondre le marbre, et démontré la fusibilité d’un grand nombre de substances volcaniques.
La météorologie trouva dans Cutter un expérimentateur sagace et profond. Aujourd’hui MM. de Humbold et Pouillet, marchant en capitaines, beaucoup plus qu’en soldats, sur les traces de Réaumur et de La Saussure, ont donné à cette branche intéressante de la physique toute la gravité et tout l’intérêt agricole et sanitaire qu’elle semble comporter.
En 1839, un artiste distingué, M. Daguerre, que tout le monde croyait n’être qu’un peintre habile et qu’un homme d’esprit, a trouvé le moyen de fixer, sur une plaque de métal, l’image des objets produits par la lumière au foyer de la chambre obscure. Les savants, auxquels il faut toujours un peu de grec, même de cuisine, ont appelé cet ingénieux procédé photographie. Le peuple, qui n’y regarde pas de si près, appelle la photographie le daguerréotype. Nous rendons hommage, comme tout le monde, à l’originalité de celte découverte, mais nous regrettons qu’elle ait été faite par l’un des plus spiiâtuels et des plus charmants peintres de l’école française. Dix tableaux éclos du pinceau si vrai et si facile deM. Daguerre, nous eussent charmés bien davantage que les douze cents mille faces plus ou moins laides, plus ou moins ignobles que son invention a mises en circulation sur tous les murs de Paris. Car une des manies, une des maladies de notre époque , c’est de poser en buste, en pied, à mi-corps, à pied ou à cheval.
Se croire un personnage est fort commun en France;
On y fait l’homme d'importance
Tout petit prince a des ambassadeurs;
Tout nv:r(iuis veut avo'r des nages.
Jl n’y a plus aujourd’hui de marquis, mais force gens épiciers, médecins, bonnetiers, histrions, saltimbanques, orateurs aussi sots, aussi vains que les marquis de l’ancien régime. Ces infortunés niais saisissent donc avec une espèce de frénésie tous les moyens de se reproduire ; ils mettent en réquisition la brosse des moindres rapins (voyez les expositions de peinture depuis vingt ans) , les ciseaux des plus tristes praticiens pour passer à la postérité. Les malheureux ont déshonoré la lithographie, et ils en sont venus ajourd’hui à rendre la photographie un fléau pour les yeux... et pour la physique, que leur physique doit indigner autant que leur fatuité irrévérencieuse.
Heureusement que cette noble et belle science est en fonds pour se consoler. Elle ne marche plus, elle court, elle s’élance, elle vole. Les Pouillet, les Arago, les Dumas, lesBiot, les Humboldt, les Cauchy, les Dupin , et mille autres que nous pourrions citer dans notre seul pays, l’enrichissent chaque jour de quelque observation nouvelle, de ({uelque combinaison neuve, de quelque aperçu fécond en grands résultats pour les arts , pour le commerce , pour l’agricnlture et pour l’industrie. Une science, qui a pour interprètes et pour régulateurs de tels hommes, ne peut plus reculer, et vingt Omar, — ce qu’à Dieu ne plaise! — viendraient-ils fondre sur le monde; la flamme dévorante, en réduisant en poussière nos bibliothèques, ne détruirait pas la suprématie scientifique de la Frapce, qui compte autant ses gloires par homme que par livre. La France est immortelle comme la physique elle-même.