THE NEW YORK
PUBLIC UBRAU
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11 est bon de dire, en quelques lignes, pourquoi nous avons entrepris de faire ces petits livres.
Toute chose a sa raison d'être.
Depuis longtemps nous devons écrire une Histoire de la Littérature au dixneuvième siècle; mais jusqu'ici les matériaux nous ont manqué pour ce travail. Outre Tennui des recherches et la fa-
tigue qu'elles occasionnent, il est rare que les bibliothèques fournissent des documents exacts sur les hommes qui existent encore.
On trouve, d'un côté, la critique absolue, et, de Pautre, la louange aveugle.
Entre ces deux exagérations, il est difficile de se tenir en équilibre. Un peintre, à qui Ton apporterait deux portraits du même individu, l'un merveilleux de beauté, l'autre abominable de laideur, serait dans un grand embarras. Il se mettrait aussitôt à la recherche de l'original et voudrait juger par ses prières yeux du véritaUe caractère de la figure.
C'est prédsément ce que nous avons bit.
Tous les personnages dont nous offrons l'esquisse au public ont posé devant nous,
sans se douter que nous aUions les peindre. Nous avons obtenu de la sorte des jalons certains pour nous guider dans notre grande histoire, et les inexactitudes signalées dans rébauche pourront aisément se corriger dans le tableau. *
Le procédé que nous appliquons aux gens de lettres nous servira plus tard pour d'autres contemporains iUustres, si Ton trouve que nous manions bien la couleur et si notre pinceau n'est pas jugé trop malhabile.
Paris» 25 octobre 1853.