EUGÈNE DE MIRECOURT
Marseille, la ville grecque exilée sur uos rivages, a voulu, comme autrefois ses sœurs d'Ionie, revendiquer le berceau d*un autre Homère. C'est une prétention qui Thonorc, mais à laquelle, nous regrettons de le dire, il faut absolumeut qu'elle renonce.
Joscpli Méry est né aux Aygaladcs, en i 802 , près de l'ancien châleau de Barras, aujourd'hui la propriété de M. de Casteilane.
Il eut pour précepteur un vieux prêtre, l'abbé Carrié, qui lui enseigna merveilleusement le latin.
Son intelligence s'éveilla et grandit dans ces douces régions méridionales, toutes de pourpre et d'azur, où la mer et le soleil se donnent un éternel baiser.
Le poëte enfant se plaisait à faire de longues promenades sous les grands bois de Gemenos,etce fut là sans doute que lui apparut pour la première fois cette belle nymphe harmonieuse dont il a reteim les chants célestes, et qui, depuis, l'a toujours abrité de ses blanches ailes.
MER Y. Il
En 1815, achevant ses études à Mar<^ seille, il assista aux luttes sanglantes et aux épouvantables massacres qui signalèrent (lans le Midi le retour des Bourbons.
Saisi d'horreur et méprisant un parti assez lâche pour soudoyer le meurtre^ le jeune homme, bercé jusque-là dans les principes du royalisme, déchira ses langes.
Il devint bonapartiste et Ubéral.
De cette époque datent les débuts de Héry dans la carrière littéraire. A côté du poète se révéla tout à coup le journaliste incisif, spirituel et mordant.
Le premier soin du parti prêtre avait été de prêcher la croisade contre 1* Université, cette magnifique création du génie de FEmpiie.
Une coterie haineuse, hypocrite et dé*