‹ Mes cheveux blancs: poésieChapitre 15 sur 61 · LA FLEUR SANS NOM · texte numérisé non relu

LA FLEUR SANS NOM

Pourquoi te blottir sous la mousse?

Fleur mignonne que j'entrevois Dans ce lieu champêtre , où me pousse L'amour du silence et des bois.

Serait-ce par coquetterie?

Et, dans ce réduit écarté, De toute autre plante fleurie Fuirais-tu la rivalité?

De ton nom , petite merveille , Mon savoir n'est point curieux,

Peut-être est-il dur à Toreille; Ta \ue est si douce à mes yeux!

La grâce dont tu fus pourvue Me plaît mieux dans ce frais bosquet ; Elle échapperait à ma vue Sous Fopulence d'un bouquet.

Le soleil jusqu'à toi se glisse , TeflBeurant d'un tiède baiser, Illuminant sur ton calice L'insecte qui vient s'y poser.

Ta couleur est d'un bleu si tendre , Son éclat est si radieux, Qu'à notre terre tu veux rendre L'azur que tu reçois des cieux.

En ce lieu , seulette et cachée , Exhalant ton parfum exquis , Tu ne seras point arrachée A cette mousse où tu naquis.

Ce n'est point pour être cueillie Que la nature te forma, Et si le monde ici t'oublie , Mignonne, c'est qu'elle t'aima.

ÉPIGRAMME

Un fat artistement coiffé d'une perruque Disait : A mes cheveux , moi , je ne tiens en rien. — Parbleu , lui répondis-je , en découvrant sa nuque, Si vous n'y tenez pas , ils vous le rendent bien !

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