STANCES A MES JEUNES SUCCESSEURS
Quand sous le poids des ans le poète a fléchi, Que sa verve s'éteint, que son talent décline, Qu'il sorte de l'arène, et que son front blanchi Sous cet arrêt du goût avec respect sMncline.
Autour de moi tout passe ou bien tout a changé ; Mes pas sont alourdis, ma force m'abandonne ; Il faut à mon public demander mon congé Si je ne veux qu'enfin mon public me le donne.
Oui, le cœur attendri je viens lui dire adieu. Reconnaître le prix de sa longue indulgence ; Le vouloir, du talent n'a jamais tenu lieu ; Je dois de mon esprit lui voiler l'indigence.
La vieillesse et les maux sont deux fardeaux bien lourds;
Mais pour les alléger j'avais la poésie ;
Au fiel qui remplissait la coupe de mes jours
Elle ôte en s*envolant sa goutte d'ambroisie.
Il faut subir des lois à qui tout est soumis, S'éloigner de la lice et renoncer à plaire ; 11 faut que j'abandonne à mes jeunes amis Les bravos indulgents qui furent mon salaire.
Eh bien ! remplacez-moi, mes gentils écoliers. Vous que je vis grandir, dont j'excitai la verve. Qui dans nos entretiens si vifs, si familiers, Rallumiez la gaîté que par vous je conserve.
Héritez des faveurs que j'obtins autrefois ; Venez sous vos lauriers reverdir votre maître ; Vos succès me seront doux et cbers à la fois. Car quelques-uns de vous me les devront peut-être.
Que de vos premiers pas je sois encor témoin ;
Que de vos beaux débuts mon déclin s'environne ; Marchez dans ma carrière, allez-y bien plus loin, Puis venez à mes yeux offrir votre couronne.
Aussi fier j'en serai sans doute et plus charmé Qu'alors que sur mon front elle serait posée, Et pour mon front brûlant, de travail consumé. Elle sera, du ciel, une fratche rosée.
Imitez de mes vers le côté le meilleur.
Car pour l'âme pieuse ils n'ont point de scandale ; Aucun d'eux ne blessa d'un mot leste ou railleur La foi religieuse et la sainte morale.
Usez dans ces tournois, d'où je sors aujourd'hui. Non de méchanceté, mais d'un peu de malice ; Puis un jour, comme moi, vieux devenez l'appui De ceux qui comme vous entreront dans la lice.
Âvant-propos de l'auteur * v
Préface , ix
Reflets de jeunesse 1
VieiUir 6
Epitaphe d'une Jeune Femme 8
Mon Tiroir 9
Mes vieux Meubles 13
Epigramme sur un Géomètre 16
L'Oie , apologue 17
Epigramme sur un Journaliste-peintre 1 9
La Prière dans les ténèbres 20
La Fleur sans nom 22
Epigramme . 24
La Marguerite de Mars 25
A un Rationaliste 26
Le Vieillard à l'HirondeUe 30
L'Hirondelle au Vieillard 33
Songe, Mensonge 36
Boutade contre TÂutomne 39
Le Livre 42
Mercure 45
Le Vieillard à plaindre 50
La Foi de l'Enfant 64
La Foi du VieiUard 67
LE MONDE. La Terre 60
» » Le Soleil 64
» t La Lune 68
» » Le Ciel 72
Souvenir d'une Mère 76
Epitre à mes jambes 78
Le Diable ermite 81
Epigramme sur un Barbier rimailleur 84
Le Bonnet de nuit 86
Les Hirondelles et les Ecoliers 89
Les deux Nuits 91
La Perce-neige 96
Les Noms de baptême 96
Un Portrait à refaire • 98
Les Journaux 101
Mes Camarades d'enfance 104
Epigramme sur un gros orgueilleux 108
Chaleur et Mouches 109
Actions de grâces d'un Flâneur 113
Aube et Déclin ^i6
Vieux à Vieille 120
Vers écrits sur rAlbum d'une jeune femme 122
A Marguerite, enfant de trois ans 123
Visite au Toit paternel 126
Le vieux Banc 129
Mon Fauteuil 132
Le Bouquiniste 134
Les Vieux ans 137
A son Altesse la Grande Duchesse Anne de Russie ... 140
Enfance et Printemps 141
Doléances séniles 144
Sur un Rimeur vantard i47
Le Massacre des Innocents 148
Le Berceau et la Tombe 162
Le Littérateur rococo 166
L'Athée 169
Dimanche 163
A la mémoire d'Aimé T 167
Boutade contre les Albums 170
A M. François Bartholony 174
Mon premier Cheveu blanc 177
Ma Mort anticipée 183
L'Ostracisme littéraire 186
Stances à mes jeunes Successeurs • • • • 189
oH.MAULAZ
RELIEUR ^ LAUSAN