‹ Mes confidencesChapitre 12 sur 44 · I-a nuit, à travers les IkiIs · texte numérisé non relu

I-a nuit, à travers les IkiIs

A chaque vent qui s’élève,

A chaque flot sur la gr ève.

Je dis ; A’es-tu ]>as leur voix?

Du moins, si leur voix si pure.

Est trop vague pour nos sens, la'ur Aine en secret murmure De plus intimes accents;

Au fond des cœurs qui sommeillent, Ix'urs souvenirs qui s’éveillent Se pressent de tous edtés.

Comme d’arides feuillages Que rapportent les orages Au troue qui les a portés.

C’est une mère ravie A ses enfants disperses.

Qui leur tend, de l’autre vie,

Ca;s bras ijui les ont bercés ;

Des liaisers sont sur sa bouche ;

Sur ce sein qui fut leur couche Son cœur les rappelle à soi ;

Des pleurs voilent son sourire.

I lüli IVAl.l/A.

Ili.t

Kl smi n'}(aril st'inldi' iliic- :

« Vous itime-l-uii fominc mni \ »

C’est une jeune Uancée Qui, le front ceint du Itiinili’au,

N’emporta qu’une |>en8éo Üe sa jeunesse au tombeau :

Triste, hélas ! dans le ciel même.

Pour revoir celui (|u’cllcaime Elle revient sur ses pas.

Et lui dit : a Ma tombe est verle.

Sur cette terre déserte Qn’attends-lii? Je n’y suis pas! i>

C’est un ami de l’enfance Qu’aux jours sombres du malheur Nous prêta la Providence Pour appuyer notre cœur.

Il n’est plus; notre Ame est veuve,

Il nous suit dans notre épreuve,

Et nous dit avec pitié « Ami, si ton Ame est pleine.

De ta joie ou de ta peine Qui |M>rtera la moitié?»

C’est l’ombre pAle d’un père Qui moumt en nous nommant;

C’est une soeur, c’est un frère Qui nous devance nn moment.

Sous notre heureuse demeure,

Avec celui qui les pleure,

ini

FIOR D'ALIZX.

Hélas !, ils dormaient hier !

F-jt notre cœur doute encore,

Que le ver déjà dévore Celte cliair de notre cFiair !

I/enfant dont la mort cruelle Vient de vider le Irerceau,

Qui tomlia de la niainelle Au lit glacé du tombeau ;

Tous ceux enfin dont la vie,

Un jour ou l’autre ravie,

Fimporte une part de nous,

Murmurent sous la poussière :

« Vous qui \ojez la lumière.

De nous vous souvenez-vous? n

Ail ! vous pleurer est le bonlieur suprême.

Mènes cliéris de quiconque, a des pleurs !

Vous oublier, c’est s’oublier soi-même : N’èles-vous pas un débris de nos cœurs?

Kn avançant dans notre obscur voyage, l)udou.x passé l’horizon est plus beau :

F.n deux moitiés notre âme se partage,

Kt la meilleure njiparticnt au tomlH’au !

Dim de pardon! leur Dieu! Dieu de lem-s pères ! Toi que leur bouebea si souvent nommé,

Untends pour eux les larmes de leurs frères ! Prions pour eux, nous qu’ils ont tant aimé !

Ils t’onl prié pendant leur courte vie.

Ils ont souri quand lu les as frappés!

Ils ont crié : « Que ta main soit l)énie ! » Dieu, tout espoir, les aurais-tu trompés?

Et cependant pourquoi ce long silence ?

Nous auraient-ils oubliés sans retour?

N’aiment-ils plus? Ah ! ce doute t’offense !

Et toi, mon Dieu, n’es-tu pas tout amour ?

Mais s’ils parlaient il l’ami qui les pleure. S’ils nous disaient comment ils sont heureux. De tes desseins nous devancerions l’heure; Avant ton jour nous volerions vers eux.

Où vivent-ils? Quel astre à leur, paupière Répand un jour plus durable et plus doux ? Vont-ils peupler ces îles de lumière?

Ou planent-ils entre le ciel et nous?

Sont-ils noyés dans l’étenielle flamme ?

Ont-ils perdu ces doux noms d'ici-bas.

Ces noms de sœur, et d'amante, et de femme A ces apjicis ne répondront-ils pas?

Non, non, mon Dieu ! si la céleste gloire Leur eût ravi tout souvenir humain,

Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;

Nos pleurs sur eux rouleraient-ils en vain?

KlOli hAU/.A.

Ah! iliiiis Ion si'in que h'iir iirao sf> noie!

Mais ‘farde-noiis nos jilneos dans lem- l'nnir.

Eu* qui jadis oui coiMé noire joie, l’oiivons-nous fdre heimm* sans leur luinlieiii’?

Elends sur eu* la main de la clémence!

Ils ont |>éclié; mais le ciel est un don!

Ils ont soufTerl : c’est une autre iiinoeeiice !

Ils ont aimé : c’est, le sceau du pardon !

Ils lurent ce que nous sommes.

Poussière, jouet du vent;

Erapiles comme des hommes.

Faibles comme le néant !

Si leurs pieds souvent glissèrent.

Si leurs lèvres Icansgressèrent Quelque lettre de la loi,

O Père, ô Juge suprême.

Ah! ne les vois pas eux-mèmes;

Ne regarde en eu* que toi !

Si lu scrutes la poussière.

Elle s’enfuit i ta voi*;

Si tu touches la lumiè.re.

Elle ternira tes doigts ;

Si ton œil divin les sonde.

Les adonnes de ce monde Et des cieu* chancelleront ;

Si tu dis à l'innocence, a Monte et plaide on ma présence ! »

Tes vertus se voileront.

MOI! n’AUZA,

lo;

.Mais, loi. Seigneur, tu possèdes Ta propre imoiorlHlitc;

Tout le l)onhe\ir que tu cèdes Accroît ta félicité.

'Tu dis au soleil d'éclore, fît le journiissellc encore !

Tu dis au temps d’enfanter,

Et l’éternité docile, letant les siècles par mille, l.es répand sans les compter !

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