‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 21 sur 34 · L.-0 TAILLON · texte numérisé non relu

L.-0 TAILLON

poudre et le salpêtre réunis, une pareille union ne pouvait durer longtemps.

Taillon se rendit populaire en s occupant d élections municipales et de l'organisation de la grande démonstration nationale de 1874. 11 parlait et il chantait ; après avoir commencé à ébranler les gens, par son éloquence vigoureuse, il les enlevait par ses chants patriotiques, par des éclats de voix qui faisaient trembler toutes les vitres du faubourg Québec.

Un si bel orateur et un si beau chanteur devait nécessairement être élu par une population impressionable comme celle de la division Est de Montréal. Aussi, il le fut et il resta député de cette division jusqu en 1887. 11 le serait encore sans le mouvement Riel qui l'obligea d'aller se faire élire à Montcalm. "J'ai perdu Montréal, dit-il, mais j'ai gardé mon calme."

Depuis, lors de la crise, causée par le renvoi du ministère Mercier par le gouver-

neur Angers, il alla bravement se faire élire à Chambly.

II a été procureur général dans le ministère Ross, puis premier ministre en 1887, pendant quelques jours, chef de l'opposition sous le règne Mercier, depuis 1887 jusqu en 1890, et il est premier ministre depuis la retraite de M. de Boucherville.

M. Taillon est un honnête homme qui cherche à gouverner honnêtement.

Cette qualité fait sa force auprès des hommes de bonne volonté et sa faiblesse aux yeux des gens d affaires qui ne le trouvent pas assez pratique. 11 n*a jamais été accusé sérieusement de s être servi de sa position dans son intérêt ou celui de ses amis politiques. N*ayant ni femme ni enfants, vivant de peu, il est à Tabri des tentations qui obsèdent la plupart de nos hommes publics. 11 tient à sa réputation et il prend les moyens de la conserver.

1 1 la gardera plus facilement que le pouvoir.

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