L.-O. TAILLON
de la main droite il la tire en sens contraires, gare à ceux qui rapprochent.
Pour se débarrasser des* importuns qui le poursuivent partout, il a tout un système de ruses ingénieuses, il a le secret de se rendre invisible, quand il le veut, et pour qu'on ne Tapproche pas trop, il a fait attacher les chaises de son bureau au mur, les gens ont beau s'agiter, essayer de savancer, la chaise reste collée au mur. Une fois, cependant, la chaîne cassa ; il faillit en perdre connaissance ; cet incident acheva de le rendre sceptique.
Lorsque le chemin de fer du Nord était sous le contrôle du gouvernement, ce pauvre Taillon était assiégé du matin au soir par ceux qui voulaient faire partie de l'administration de ce chemin. Un jour, plus impatienté que de coutume, il s écria : " Eh bien ! " il ne restait plus qu'une place dans les chars " pour les voyageurs, prenez-la, je vais être " débarrassé, nous allons annoncer que non
** seulement les bureaux, mais tous les chars, ** même celui réservé au bagage sont rem- ** plis, qu'il n y reste plus une place ni pour '* les employés ni pour le public."
Le solliciteur ébahi se mit à rire et s en alla raconter laventure qui fit du bruit.
Une autre fois, ne sachant que répondre à quelqu'un qui le tourmentait : "Tiens, voulez-vous ma place? Prenez là, je m'en vais." Et il partit.
Au reste le plus aimable, le plus réjouissant des hommes en société, musicien, artiste même, causeur charmant.
Il vient de Terrebonne comme les Chapleau, les Desjardins, les Masson même un peu les Prévost ; c'est une terre où le talent pousse mieux que le blé.
Ses études finies, il prit la soutane, mais s'apercevant que sa vocation l'appelait ailleurs, il étudia le droit, se fit recevoir avocat, forma une société avec Trudel. La