THOMAS-J.-J, LORANGER
" Vous voyez bien, messieurs, qu elle refuse de s'incriminer."
II faisait partie du cabinet, lorsque la question du choix de la capitale fut soulevée. L'excitation fut grande, on ne pouvait trouver une majorité ni pour Montréal, ni pour Québec, ni pour Toronto. Le question fut déférée à la Reine qui choisit Ottawa. Naturellement personne ne fut content, mais les partisans de Toronto et de Québec aimaient mieux que ce fût Ottawa que Montréal. Une motion de M.
Piché pour rejeter la décision de la Reine fut adoptée, le ministère Macdonal-Cartier donna sa démission, le ministère Brown- Dorion fut formé et renversé quarante-huit heures après ; les ministres conservateurs revinrent au pouvoir en changeant de portefeuilles pour éluder la loi. C'est ce qu'on appelle le double shuffle.
Loranger qui avait chaudement combattu pour Montréal, dans le cabinet et avait eu
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à ce sujet avec Cartier des discussions acerbes, fut exclu du nouveau ministère.
A partir de cette époque, la mésintelligence qui régnait entre Cartier et Loranger s'aggrava de jour en jour. Cartier était absolu, arbitraire, rude parfois, Loranger qui avait conscience de sa valeur, aurait eu besoin d être traité avec ménagement. II contribua puissamment à faire tomber le gouvernement surlebillde milice en 1862 et à faire arriver le ministère Macdonald- Sicotte. Ce fut la première tentative faite pour réagir contre Thostilité du sentiment public à regard des libéraux avancés et donner une chance aux conservateurs qui voulaient, comme Loranger, se séparer de leur parti, en mettant de côté Brown et Dorion, les chefs du parti libéral. C'est l'origine du parti national qui en 1862, comme en 1873 et 1887, donna le pouvoir aux libéraux et disparut. Peu de temps après la formation du nouveau ministère,