L.-O. LOHANGER
rentrer dans le chemin poudreux qu*il a quitté. Il est arrivé à la conclusion que pour réussir dans la politique il faut être avant tout un homme de parti, qu'il n'y a pas de place ici pour ceux qui se croient obligés, dans certaines circonstances, de différer d'opinion avec leurs amis.
II a voulu être indépendant comme son frère, sortir des rangs de temps à autre et il s'est aperçu que c'était un jeu dangereux.
En 1864, il était du nombre des conservateurs qui condamnaient la confédération, le nouveau système établi, il l'accepta disant qu'il ne restait plus qu'à le faire fonctionner le mieux possible. En 1872, au milieu de l'agitation produite parla question des écoles du Nouveau- Brunswick, il approuva la formation du parti national dans le but d'unir les hommes de bonne volonté des deux partis et, peu de temps après, il rentrait dans les rangs du parti conservateur pour ne
plus en sortir.
On a beaucoup critiqué ce revirement soudain, mais, comme je Tai dit plus haut, M. Loranger est un homme prudent et pratique ; il est mesuré dans sa conduite comme dans ses discours, jamais de coups de tête, ni d'enthousiasme, il ne fait et ne dit que ce qu'il croit utile ou opportun.
Patriote, toutefois, convaincu que la nationalité Canadienne-française a une mission à remplir sur le continent américain, dévoué aux intérêts nationaux et à l'Association Saint-Jean- Baptiste. Comme son frère, il a voulu attacher son nom à la réorganisation de l'Association et à la construction de l'édifice national. En 1874, lorsque nous résolûmes de réunir à Montréal toutes les forces nationales et de donner au monde le spectacle imposant de notre vitalité, c'est à lui que nous nous adressâmes pour prendre la direction de l'organisation. On se souvient de l'éclat de cette belle fête et du retentisse-