‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 32 sur 34 · RODRIGUE MASSON · texte numérisé non relu

RODRIGUE MASSON

commerce fondées par des Canadiens- Français ?

La tradition, Tenchaînement manque, on est toujours à recommencer.

On ne peut faire ce reproche à Rodrigue Masson, il a su profiter de l'éducation et de la fortune que son père lui a données et des talents dont la providence Ta doués, pour être utile à son pays.

Il a été député, ministre à Ottawa, lieutenant-gouverneur de la province de Québec ; il est maintenant sénateur et membre du Conseil de l'instruction publique. Il a rempli toutes ces charges avec honneur pour lui et ses compatriotes. Quoique sincèrement conservateur et profondément religieux, il n'a pas craint, en différentes circonstances, de dire et de faire ce qu il croyait utile à la religion et à la patrie.

Ses adversaires prétendent que, vu sa fortune et son influence, il n a pas été aussi

indépendant qu'il aurait dû Têtre dans l'intérêt de ses compatriotes. Il s'est tu quelques fois, mais il n'a pas protesté, il a laissé faire, il s'est lavé les mains.

Pouvait-il et devait- il faire plus ?

Il pourrait dire peut-être : " A quoi m'aurait servi de me mettre en désaccord sur un point avec un parti dont j'approuvais la politique générale, pour faire arriver au pouvoir un parti dont je condamnais les principes." Ce raisonnement peut être juste pour les circonstances ordinaires, quand il s'agit de questions de peu d'importance, mais il est condamnable quand l'honneur, la dignité, les plus graves intérêts d'un pays sont enjeu.

On dit que sur la question des écoles, de la langue française, des troubles du Nord- Ouest, de l'exécution de Riel, il aurait pu prendre une position plus conforme à ses déclarations et à ses protestations passées.

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