L.-A. JETTE II
qu'il est la loyauté, la délicatesse et la bienveillance personnifiées. Cette délicatesse et cette bienveillance, il en est tout imprégné en quelque sorte, il les porte dans sa figure, dans ses gestes, dans toute sa personne ; pas un mot, pas un mouvement chez lui qui ne soit marqué au coin de la distinction, de la bienséance et de la courtoisie la plus parfaite.
M. Jette est né honnête et vertueux, et il Test maintenant sans effort, car il a su cultiver ces heureuses dispositions.
Son tempérament froid qui lui nuit, quand il parle, lui est très utile sur le banc en laissant à sa raison Tempire quelle doit exercer sur la volonté de Thomme. Ajoutons qu'il possède des principes de religion et de 4norale solides, des convictions nationales les plus sincères et Ton s'expliquera rinfluence dont il jouit, Ton comprendra que tant de personnes désirent qu'il ait bientôt sa place dans le gouvernement de la nation.
M. Jette est né à TAssomption, le 15 janvier 1836. Son père était autrefois marchand dans ce village. Sa mère, Dame Caroline Gauffreau, est la petite fille d'un planteur de St-Domingue qui fut ruiné par la révolution de 1 793.
On sait Teffet que produisit dans les colonies françaises la proclamation des droits de rhomme. Les nègres de St-Domingue comme ceux de Haïti voulurent affirmer leur droit à Tégalité et à la liberté en massacrant leurs maîtres, en mettant tout à feu et à sang.
La famille de M. Gauffreau fut sauvée, grâce au dévouement dun esclave qui l'avertit à temps du danger qui la menaçait et réussit à Tembarquer à bord d'un navire qui partait pour New-York.
M. Gauffreau resta dans Tîle pour tâcher de préserver ses propriétés de la dévastation, mais ses efforts furent inutiles, il perdit tout ce qu'il possédait et il en mourut bientôt de chagrin.