L.-A. JETTE
Madame Jette épousa en premières noces à New- York, un avocat canadien, fils de Thon. M. Faribeault. Etant devenue veuve, elle alla demeurer chez son beau-père, à l'Assomption, où elle épousa M. Jette.
Le représentant de la division Est de Montréal, ayant fini ses études à dix-sept ans, vint à Montréal étudier le droit sous MM. Pelletier et Bélanger. Il fut reçu avocat en 1857 et forma une société avec MM. Hector Fabre et Siméon Lesage, société de gens d'esprit et de gentilshommes s'il en fût jamais.
Dans un pays où un avocat doit être avant tout un homme d'affaires, une pareille société ne pouvait durer. La nature avait fait Fabre journaliste, il fallait bien qu'il le devînt. M. Lesage, qui aurait du être ambassadeur, devint assistant- ministre des travaux publics à Québec. M. Jette resta avocat.
Depuis deux ans il a pour associé M.
14 MBS CONTEMPORAINS
Béïque que la providence semble avoir fait exprès pour lui tant ils se complètent.
La position que M. Jette s'était faite au.
barreau, la confiance et les sympathies que son intelligence et son caractère lui avaient gagnées dans le public, le désignaient depuis longtemps comme Tun des candidats les plus forts du parti qu'il soutenait. Le rôle brillant qu'il joua dans le fameux procès Guibord le signala davantage à l'attention publique.
M. Jette n'avait pas pris jusqu'alors une part très active dans la politique. Quoique partisan de M. Dorion, il appartenait à la fraction modérée du parti libéral et avait toujours, comme Laberge et plusieurs autres, condamné les écarts de quelques libéraux de 49 et même de 54.
Il avait déjà indiqué ses tendances en quittant l'Institut- Canadien, lors de la malheureuse scission qui eut lieu dans cette institution. Il avait fait voir comment il