‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 8 sur 34 · L.-A. JETTE · texte numérisé non relu

L.-A. JETTE

conformes à ses goûts, à son caractère et à ses talents.

Montréal, 1880.

Il est sur le banc ce qu il a toujours été :

digne, consciencieux, laborieux, catholique et libéral, ennemi de l'injustice et de 1 exagération, protecteur de tous les droits, fidèle et loyal interprète de la loi.

II travaille lentement mais sûrement, les clients et les avocats attendent un peu longtemps, mais Texcellence de ses jugements lui fait pardonner sa lenteur. Quelques unes de ses décisions, dans des causes où se soulevaient des questions de droit civil de la plus haute importance, ont été fort remarquées non seulement ici mais en France et en Angleterre. Mentionnons entr autres la cause Laramée où il a exposé avec tant de science et de précision la loi qui régit le mariage dans ce pays ; on trouva

ce jugement si important que M. Blake en demanda la production devant la Chambre des Communes. Citons encore le jugement qu il rendit contre les compagnies d'assurance poursurvies pour le paiement de la taxe imposée par le gouvernement local.

Il a, dans des matières touchant à la religion et à la politique, rendu des décisions et exprimé des opinions qui n'ont pas plu aux parties intéressées, aux violents; il a pu se tromper, il a pu, dans certains cas, profiter de l'occasion pour donner une leçon à des gens peu disposés à la recevoir de bonne grâce, mais on n'a jamais mis en doute son intégrité et sa bonne foi.

Personne ne représente plus que lui dans ce pays les sentiments de ceux qui veulent qu'on interprète la religion de manière à la faire respecter et à lui concilier tous les cœurs et les esprits, à démontrer qu'elle n'est pas antipathique aux réformes, aux saines idées de progrès et de liberté.

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