‹ Mes contemporains [microforme]Chapitre 7 sur 34 · L.-A. JETTE · texte numérisé non relu

L.-A. JETTE

candidature qu'il regardait comme Tinauguration d*une ère nouvelle.

Dans plusieurs parties du pays on put constater les heureux effets de la transformation qu avait subie le parti libéral.

Le rôle de M. Jette dans la Chambre des Communes ne fut pas à la hauteur des espérances de ses amis.

C'était un chef qu'on avait voulu élire, un futur ministre, il ne fut ni l'un ni l'autre. Il n'avait ni l'ambition, ni l'énergie nécessairç^ pour s'affirmer, s'imposer surtout, il céda le pas aux anciens libéraux peu disposés à se démettre au profit d'un homme qui savait si bien se soumettre.

On donna raison aux conservateurs de dire que la fondation du parti national n'avait été qu'un leurre, un mouvement stratégique imaginé pour faire arriver le parti libéral.

Ajoutons à cela que le peuple affamé par une crise financière qui durait depuis quatre

ans, demandait la protection, à grands cris, au gouvernement et surtout à M. Jette et ses amis qui l'avaient promise.

Le gouvernement MacKenzie avait consenti à élever les droits de 21^ pour cent, mais ne voulait pas aller plus loin.

Lorsque les élections de 1878 arrivèrent, la misère régnait partout et le parti conservateur trop habile pour ne pas profiter de la situation, prêchait la protection qu il avait combattue quand il était au pouvoir, attribuait les maux du peuple au tarif .qu'il avait fait lui-même et promettait la prospérité au pays.

Le résultat était facile à prévoir.

M. Jette ne pouvait se présenter et se faire élire dans la division Est de Montréal qu'en adoptant le programme des conservateurs. Il crut le moment favorable de quitter la politique dont les violences et les roueries lui répugnaient pour accepter la place déjuge et remplir des fonctions plus

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