PARIS
^ CALMANN LÉVY, ÉDITEUR ANCIENNE MAISON MICHEL LÉVY FRÈRES 3, uns aubrb, 3
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Les Arabes ne se souviennent que d'un tueur de lions.
Il s'appelait Hassen; il avait été le chasseur d'Hamed-Bey, de Mameluck et de Braham-Bey.
Il est mort sous ce dernier.
Voici comment les Arabes racontent sa mort :
« Un lion rugit, Hassen marche à sa rencontre : on entend un coup de feu, puis un rugissement, puis un cri, puis plus rien. Hassen était mort. »
Hassen chassait le lion à l'aide d'affûts en
pierre recouverts de troncs d'arbres et de terre ;
il a tué aussi plusieurs lions perché sur des ar-
bres; ses armes étaient une carabine rayée, deux pistolets et un yatagan.
Il a chasaé onzet ans. Les Arabes œ s'accordent pas sur le nombre de lions qu'il a tués.
Le hasard réservait cette gloire à la France de donner un successeur à Hassen.
Go successeur est Jules Gérard, maréchal des logis, aux spahis.
Jules Gérard est un homme de trente à trenteun ans, petit, mince et blond; son œil bleu-clair est doux et ferme à la fois, sa barbe est blonde et rare, son parler est doux et ressemble à celui d'une femme.
Il s'engagea en 1842 aux spahis de Boue. Il avait choisi ce corps parce que les spahis ne quit* tent jamais l'Afrique.
Il arriva à Bone en 1842. On essaya d'abora d'en faire une espèce de commis militaire. Au bout de trois mois, il s'ennuya de gratter le papier et demanda un cheval et un fusil. Dès lors* ce fut uto des plus assidus tireurs de cible de te
garnison. Bientôt son escadron est licencié pour former celui de Guelma. Gérard demande à aller à Guelma. Guelma est à dix-huit lieues dans l'intérieur des terres. A Guelma il y aura des combats, ou du moins des chasses. Il obtint cette faveur.
Dès la troisième nuit, Gérard escaladait les remparts du camp pour aller ehasser le sanglier, l'hyène et le chacal.
C'est h Guelma que Gérard entendit parler pour la première fois de Hassen, des lions, des ravages qu'ils font, du danger qu'il y a à les combattre.
Toutes ces histoires que nous avons dites , Gérard les entendait raconter tous les soirs ; cette poésie du désert lui montait à la tête et le faisait rêver dès nuits entières ; dans ses rêves il se trouvait face à face avec ces terribles seigneurs de la montagne ; dans ses rêves, il luttait avec eux et n'avait pas peur.
Gérard résolut de faire oublier Hassen,