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XXXrV MES DOSSIERS.
et fidélité. 11 expose ensuite différentes propositions en faveur des travailleurs, que la Chambre s'est empressée de remiser dans les cartons, puis il continue en ces termes :
a Le Parlement ne veut rien faire et il ne fera rien ; la seule préoccupation de la plupart de vos représentants, c'est de bavarder pour amuser la galerie, de tourner comme des chevaux de manège et de soigner leurs propres affaires. Je ne parle pas de mes collègues du Gard, dont l'honnêteté est inattaquable, mais j'ai bien le droit de m'indigner et de crier qu'on vole et qu'on pille la France, au lieu de la relever, quand je vois des hommes arrivés à Paris pauvres comme moi, et qui dépensent des 100,000 francs par an (pendant une longue minute,, les applaudissements empêchent notre ami de continuer) ; toutes les faveurs sont pour les riches, et notre budget de 4 milliards va en grande partie dans la poche des capitalistes ; toutes les sociétés de transport par terre et par mer sont garanties, dans leur revenus; eh, vous ne pouvez pas les laisser exploiter à leurs risques et périls, au lieu de leur servir des dividendes qui vont jusqu'à 16 et 24 0/0? Est-ce que, moi, modeste foudrier.
quand j'ai un billet de 100 fr. à payer, je vois TEtàt se préoccuper de savoir si j'ai de quoi faire face à l'échéance ? (Applaudissements).
€ Quand on voit entre quelles mains est confiée la fortune de la France; quels sont les gens qui sont dans cette Commission du budget^ on frémit du gaspillage effréné qui préside à la distribution des produits de cet impôt que vous avez tant de peine à payer au percepteur. On a poursuivi Wilson: pure comédie, pour faire croire qu'on était plus honnête que lui; mais SUR TRENTE-TROIS MEMBRES DE LA COMMISSION DU BUD- GET, VOUS AVEZ AU MOINS VINGT WILSONS. » (Sensation profonde. Voix : Eh bien elle est propre la République opportuniste î)
« La revision ! Tout le monde en parle !
Presque personne ne la veut, parce qu'une Constitution où le Peuple contrôlerait les actes de ses mandataires serait le désespoir de tous les tripoteurs qui, avec les conventions scélérates de 1883, ont livré le pays à l'étranger, comme Bazaine a livré Metz à la Prusse.
• La revision, nous l'avons présentée deux fois, mes amis du groupe ouvrier et moi, parce qu'elle était dans notre programme (applaudissements); la première fois, nous avons été huit à la voter ; la seconde fois, quatorze. Si
cela continuait, et si le peuple n'y mettait ordre, nous pourrions espérer la voir réaliser vers le milieu du XX' siècle. (Rires).
« Voilà, citoyens, dit M. Gilly, en terminant, comment j'ai cru devoir remplir mon mandat de député-ouvrier ; si, l'année prochaine, je viens en solliciter le renouvellement, et que ma conduite n'ait pas votre approbation, je reprendrai mon tablier (applaudissements et rires), etje vous serai quandmême toujours reconnaissant du très grand honneur que vous m'avez fait en me nommant représentant du peuple ».
(La séance est moralement interrompue un moment, pendant que recommencent les salves d'applaudissements).
L'Union des Travailleurs et le Petit Mèridionaly seuls parmi les journaux de la région, avaient cité la phrase désormais fameuse sur les Vingt Wilsons, et déjà on commençait à parler d'autre chose quand, le 7 septembre, le Petit Marseillais attacha un grelot qui est devenu un formidable bourdon. Sous ce titre, Propos de réunion, on lisait :
« L'opinion publique est vivement émue depuis qu'on a complètement connaissance à
Alais du discours tenu lundi dernier à. la réunion du théâtre, parle député ouvrier M. Numa Gilly, maire de Nîmes.
€ L'orateur a dit en parlant des membres de la Commission du budget : « Sur trentetrois membres de la Commission du budget, TOUS avez au moins vingt Wilsons », et M. Numa Gilly a ajouté : « Je pourrais les nommer, mais je ne le fais pas par respect pour des collègues ».
« Une pareille déclaration, faite par un député à la tribune d'une réunion publique, est très^rave.Gar, s'il est vrai qu'au début de son discours M. Numa Gilly a déclaré que la députation tout entière du Gard était honnête et probe, il s'ensuit que M. Jamais, député de cp département, doit donner sa démission de membre de la Commission du budpiet, s'il risque de s'y trouver en compagnie douteuse.
€ Qu'en pense la Commission du budget? »
M. Emile Jamais, député du Gard, mis ainsi en demeure, s'exécuta, et le soir même, au courrier de quatre heures, M. Gilly recevait la lettre suivante :
Nous citons VUnion des Travailleurs:
XXXVIII MES DOSSIEBS.
Nos.lecteurs se souviennent des déclarations faites par M. Numa Gilly dans la réunion d'Alais. Elles devaient produire un effet considérable , c'est ce qui s'est produit. A ce sujet, un échange de lettres a eu lieu entre M. Gilly et deux de ses collègues ; nous les donnons ci-après :