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M. LE MINISTRE DE LA MARINE ET DES

COLONIES. Volontiers, t... et conserver au gouverneur de la Cochinchine la situation qu'il a eue jusqu'à ce jour auprès du roi d'Annam. »

M. Blancsubé. Cette réserve du rapport, on sait ce que vous en avez fait.

M. LE MINISTRE. Daus CCS couditions, comme je le disais à la Chambre, nous ne pouvions accueillir des propositions inacceptables et nous avons dû traiter. Nous l'avons fait dans des conditions plus avantageus.es que celles que nous offrait la Cochinchine. (Très bien I très bien I sur divers bancs.)

M. Blancsubé. Messieurs, le conseil cololonial de la Cochinchine avait émis un vote dont je n'avais pas parlé à la Chambre et qui

a fait tout le fond de l'argumentation de M. le ministre de la marine et des colonies. Il avait offert de prendre à sa charge la totalité des frais pour rétablissement d'un câble. Il a même offert bien autre chose. Il a offert de rembourser à la métropole tous les frais qu'elle vient de faire et qu'elle fait encore en ce moment. Il y mettait une condition : c'est qu'une autorité unique serait établie dans l'Indo- Ghine pour représenter les intérêts français.

Réserve de cette unité d'action avait été faite dans le rapport de la Commission ; mais tout dernièrement un de nos collègues, l'honorable M. Loubet, à propos de la discussion générale des chemins de fer^ nous a appris quel cas il fallait faire des réserves insérées dans les rapports.

Je sais maintenant, par une déclaration récente de M. le ministre des affaires étrangères, que le Gouvernement entend établir là-bas autant de colonies diverses qu'il y a de « lieux dits ». Eh bien, j'espère que le Gouvernemeat ne persistera pas dans cette politique funeste ; aussi je ne m'en effraie pas beaucoup. La vérité est si éclatant? qu'il ne tardera pas à venir à résipiscence ; j'en ai la complète confiance, et je n'insiste pas, car la vérité, je le répète, s'im-

posera soit à ce ministère, soit à celui qui le remplacera.

Mais je n'ai pas dit un mot de cette offre conditionnelle faite par le conseil colonial, parce qu'elle a été rejetée, et parce qu'on était en droit de la rejeter. J'ai parlé de l'offre ferme faite par la Gochinchine pour elle-même ou pour le Tonkin, avec lequel elle était déjà en compte avec l'assentiment du gouvernement métropolitain. La Gochinchine a dépensé déjà 14 millions pour le Tonkin; sans mettre en avant les 4 millions de l'indemnité payée à l'Espagne, elle a dépensé lOmillions sans esprit de retour; elle en a dépensé quatre autres qui lui sont restitués par annuités...

Qiielques voix à gauche. Ce n'est pas la question t

M. Blancsubé... et elle demande à avancer le quart de la dépense du télégraphe, que le Tonkin remboursera quand il sera organisé, quand il sera constitué. Vous trouvez que cela n'est rien? C'est déjà quelque chose, car ce qui sera avancé pour le Tonkin par la Gochinchine, ce n'est pas la métropole qui l'avancera. Du moment où nous acceptons le Tonkin comme débiteur, peit vous importe qu'il nous paie, c'est nous qui courons les

chances. Par conséquent, lorsque je disais que la Gochinchine offrait de couvrir la moitié des frais, j'avais raison. Je n'ai fait que rappeler l'historique de l'offre qui nous avait été faite d'un câble. On a dit qu'elle venait d'agioteurs; mais non, elle venait de VEastern Extension Company avec laquelle vous traitez. Aujourd'hui, cette compagnie traite avec vous, mais en gardant la propriété du câble, son entretien, son exploitation, moyennant une rente annuelle de 250,000 fr. que vous, métropole, vous payez à cette même compagnie, en la réduisant, par compensations, à 165,000 par votre projet. Et pourquoi ? Parce que vous dites qu'en France on ne pouvait vous fabriquer un câble ! Mais la compagnie vous offrait de vous en vendre un, de vous le placer, de vous l'entretenir, et vous avez soin, dans l'exposé des motifs du budget, de nous faire connaître quel aurait été le prix d'achat : 2,500,000 fr. ; quels auraient été les frais d'entretien : 100,000 fr.

Eh bien, nous trouvons que ce prix d'achat, les intérêts, les frais d'entretien et d'exploitation seraient largement compensés par l'exploitation. Quand bien même il y aurait une perte quelconque, en supposant qu'il y en ait une, elle serait petite et ne durerait pas longtemps.

(Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.) En supposant même qu'elle dure et qu'elle soit de 100,000 fr., est-ce que la Gochinchine et le Tonkin ne pourront pas la supporter ? Est-ce que la métropole ne pourra pas s'y associer dans le but de garder dans une colonie française un câble français, à l'exploitation duquel aucune compagnie étrangère n'aura à mettre la main ? (Applaudissements sur divers bancs à gauche.)

Je demande le rejet du projet de loi.

M. LE PRÉSIDENT. Persouue ne demande plus la parole sur la discussion générale ?

Je consulte la Chambre sur la question de savoir si elle entend passer à la discussion de l'article unique du projet.

(La Chambre, consultée, décide qu'elle passe à la discussion de l'article.)

M. LE PRÉSIDENT. Je douue lecture de l'article.

« Article unique. — Est approuvée la convention annexée à la présente loi, passée le 11 juillet 1883 entre le ministre de la marine et des colonies et VEastern Extension Company pour la pose d'un câble télégraphique sous-marin entre lecap Saint-Jacques (Cochinchine) et Haï-Phông, et pour l'exploitation

etrentretien de ce cable pendant vingt ans.

« Cette convention sera enregistrée au droit fixe de 3 fr. »

Je consulte la Chambre.

(L'épreuve a lieu par main levée.)

M. LE PRÉSIDENT, après avoir consulté MM. les meynhres du bureau. L'épreuve est déclarée douteuse par le bureau.

M. Blangsubé. Je demande qu'il soit procédé à un scrutin public. (Bruit.)

M. LE PRÉSIDENT. Après uue première épreuve déclarée douteuse par le bureau, on a toujours le droit de demander le scrutin public. M. Blancsubé le réclamant, il est de droit. Il va y être procédé.

(Le scrutin est ouvert et les votes sont recueillis. — MM. les secrétaires en opèrent le dépouillement.)

M. LE PRÉSIDENT. MM. Ics Secrétaires estiment qu'il y a lieu à pointage.

(Cette opération a lieu dans les formes habituelles.)

M. LE PRÉSIDENT. Voicilc résultat du scrutin public sur l'article unique du projet de loi relatif au cable télégraphique de Cochinchine au Toniiin :

Nombre des votants. . . . 401

Majorité absolue 201

Pour l'adoption. . . 183 Contre 218

La Chambre des députés n'a pas adopté.

Voici comment, dans ce scrutin, se répartissent les votes delà Commission actuelledu budget.

Ont voté pour :

MM. Baïhaut. — Bastid. — Casimir Pé-

RIER. — ChaVOIX — COMPAYRÉ. — AL- BERT Ferry. — Gomot. — Raynal . — Saint-Prix.

Ont voté con^^*^;

MM. Andrieûx. — GerviLle-Réache. — S. Lacroix. — Lalande.—- Henry MareI*.

— RiBOT. — Salis.

Se sont abstenus:

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